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II. Établissements civils. Monuments

Arc de triomphe de l'Étoile. Par

un décret du 48 février 1806, Napoléon voulut élever, en l'honneur des armee< françaises, un arc de triomphe qui fut gigantesque comme les faits d'armes dont il devait coDs-icrer le souvenir.

Le 1 5 août suivant fut posée la première pierre de l'arc de triomphe de l'Etoile dont les proportions colossales surpassent de beaucoup celles de tous les arcs connus.

Sa hauteur est de 152 pieds 3 pouces; sa largeur de 137 p. 11 p.; son épaisseur de eS^p. 4 p.

Les fondations ont 25 pieds de profondeur au-dessous du sol, 167 pieds de longueur et 83 p. 1 I p. de largeur.

Le grand arc qui s'élève sur l'axe dé la route de Neuilly a 90 p. 6 p. de hauteur sur 45 pieds de longueur. Les petits arcs latéraux ont 57 pieds sur 25.

Pour le construire et le décorer il a été dépensé 9 millions 651 mille 115 francs ainsi répartis :

Sous l'Empire. . . 3,200,715 f. 56 c. Sous la Restauration. 3,000,778 68 Sous Louis-Philippe. 3,449,6*25 38

Ses fondations sur les couches calcaires du sol retardèrent son élévation. On fut obligé de creuser à 25 pieds pour form<-r un sol factice qui pût supporter le poids de cette énorme masse. C'était un sel dans un sens horizontal, offrant l'image des constructions antiques et verticales nommées pelas g lennes ou. cydopéewies. Ce sol était compose de plusieurs assises en pierres de taille de grande din:ension, disposées de manière que les joints de lune ne correspondaient point avec ceux des assises inférieures et superposées ; les pierres de ces assises présentaient des formes irrégulières de manière que les angles saillants des unes étaient reçus dans les angles rentrants des autres.

Jusqu'en 1814 les travaux se poursuivirent avec activité. La Re4auration abandonna d'abord cette immense construction élevée à la mémoire d'une armée dont elle n'avait pas partagé la gloire. Mais, après la guerre d'Espagne de 1823, une ordonnance royale du 9 octobre de la même année changea la destination primitive de i'ediûce et décida que l'arc de

triomphe de l'Etoile consacrerait la mémoire de cette expédition. Les travaux furent repris.

Un moment suspendus lors de la révolution de 1830, le 31 juillet 1832, les travaux furent encore une fois repris, mais cette fois sur le plan primitif. O^ les continua pendant quatre ans sans interruption, et le 29 juillet 1836, le monument fut inauguré.

Ce monument, gigantesque comme les faits qu'il devait rappeler à la posiérité, avait a- offrir. le résume complet des gloires militaires de la grande ère républicaine et impériale de 1792 a 4815. Dans ce but tous les emplacements laissé^ libres par les sculptures furent remplis par les noms de batailles, de combats, de sièges mémorables, des généraux qui avai"nt contribué à remporter ces victoires. Cette longue série d'actions de guerre comprend 162 noms de victoires et 652 noms de généraux ayant figuré aux armées du Xord, desArdennes, de la Moselle, du Rhin, de Sambre-et-Meuse, de Rhin-et-Moselle, de Hanovre, du Danube, d'Helvétie, des Grisons, des Alpes, du Var, d'Italie, de Rome, de Naples, de Dalmatie, d'Egypte, d'Espagne, de Portugal, d'Andalousie, d'Aragon, de Catalogne, du Midi, des Pyrénées-Orientales, des Pyrénées-Occidentales, de l'Ouest, de Réserve, du camp de Boulogne, de la Grande- Armée, enfin cette longue série de hauts faits qui avaient porté les armes françaises dans cet immense périmètre s'etendant du ïage à la Moscowa, et des bouches de l'Elbe aux déserts de Syrie.

Ainsi se trouvaient résumés les plus glorieux souvenirs de notre histoire contemporaine sur ce magnifique monument que, faute d'espace, il ne nous est pas donné de décrire.

La place de la Bastille et la COLONNE de Juillet. — Pour résumer d'une manière fort curieuse l'une des pages de l'histoire de Paris depuis quatre siècles, on n'aurait qu'à se placer au pied de la colonne de Juillet, et Jà, évoluant quelques souvenirs, faire défiler par grandes masses les hommes et les choses d'autrefois, les hommes et les choses des temps p u« modernes. L'ensemble se réduirait à deux mots, dont le dernier est h cocséquence forcée du premier. Ces deux mots sont : oppression, ré col ut ion.

A la suite de la funeste journée de Poi-

tiers, en 1356, sous la diiection du prévôt des marchands, Etienne iMarcel, la ville de Paris, débordant ^'étroite enceinte de Philippe-Auguste, s'entoure d'une nouvelle enceinte fortifiée; deux grandes tours destinées à défendre contre l'ennemi l'entrée de la rue Saint-Antoine font partie de cette enceinte.

Ces deux tours furent le commencement de la Bastille,

A côté de ces deux tours Charles V en fit élever quatre nouvelles. Le 12 avril 1370, Hugues Aubriot, prévôt de Paris, posa la première pierre de ces constructions nouvelles. En 1383, Charles VI y ajouta deux autres tours, et la Bastille avec ses huit tours reliées l'une à l'autre se posa menaçante en face de Paris.

Nous n'avons pas ici à décrire la Bastille, Nous dirons seulement que Hugues Aubriot, accusé d'hérésie, jeté le premiedans les cachots qu'il avait fondés, ouviit la longue liste des victimes qui y furent entassées.

Sous Louis XI, la formidable prison commence à avoir son contingent régulier de victimes humaines.

Sous Louis XIII avec Richelieu, le contingent augmente. Sous la Fronde, la Bastille devient un moment forteresse et une jeune fille noble, mademoiselle d'Orléans, qui voulait sauver un amant (Condé) et conquérir un mari à coups de canon (Louis XIV), y fait tirer à mitraille sur les troupes royales.

Sous Louis XV, la Bastille devient une dépendance des petits appartements. Des favorites en suspendent successivement les clefs à letir ceinture, et grâce aux lettres de cachet, y font régulièrement enfermer tous le. iniprudents assez amis de leur pays pour trouver à redire tout haut aux scandaleux ébats et aux profusons plus scandaleuses encore du plus mauvais d'entre les mauvais rois qu'ait eus la France.

Cela dura jusqu'en 1789. Le tiers-état exprime par ses cahiers le vœu que

« sur le sol de la Bastille détruite et

« rasée on établisse une place publique au « milieu de laquelle s'élèvera une colonne « d'une architecture mâle et simple, »

Le 14 juillet 1789, le peuple remplit la première partie de ce vœu. La Bastille fut démolie et rasée. La seconde partie du programme ne devait recevoir son exécution que oO ans après.

L'érection de ce monument passa par de nombreuses phases.

En 1790, au moment de la fédération, la ville de Paris ayant donné une fête patriotique sur les ruines de la Bastille, on éleva une salle de bal Au-dessus de la porte de la joyeuse enceinte, on lisait : Ici Von danse. Du centre s'élevait une colonne à la hauteur des tours écroulées. Au sommet flottait le drapeau tricolore avec cette inscription : Liberté.

Le 27 juin 1792, l'Assemblée législative décrète ; c L'ancien terrain de la Bastille « prendra le nom de place de la Liberté; « une colonne surmontée de la statue de « la Liberté y sera érigée. »

Onze ans après le 2 décembre 1803, an arrêté des consuls détermina le mode d'exécution du décret du 27 juin 1792.

Le décret et l'arrêté restèrent à l'état de projet.

Le 2 décembre 1808, changeant la destination de cette place, on posa la première pierre pour une fontaine triomi haie à ériger sur l'emplacement encore vide de la Bastille. Elle devait se composer d'un éléphant colossal portant une tour et faisant jaillir l'eau par sa trompe.

Un décret impérial de 1810 ordonna de couler l'éléphant en bronze provenant des canons pris sur les Espagnols. Tout devait être terminé le 2 décembre 1811. En 181411 n'existait ei-core que le modèle en charpente, armé de fer, recouvert en plâtre.

La Restauration, étant peu d'humeur à éterniser les glorieux souvenirs de la République et de l'Empire, voulut au contraire combler ce terrible emplacement par quelque monument de fantaisie qui en fît oublier jusqu'au nom. Dans ce but, elle approuva et abandonna successivement dix-sept projets, tous plus ridicules les uns que les autres.

En 1830, après la révolution de juillet, ces hésitations cessèrent. Une loi du 13 décembre 1830 décida qu'Userait élevé un monument commémoratit aux ciloyens morts dans les journées de juillet en défendant les lois et la liberté Restait à choisir l'emplacement. La place de la Bastille; siège d'un monument d'oppression sous lin régime tyrannique, apparat comme l'emplacement le plus naturel d'un monument expiatoire sous un régime de liberté. Une loi du 10 mars 1833 régla les I prmcipales dispositions pour y élever une

TABLEAU pnrsiQrE

colonne en bronze surmontée du g-mie de la Liberté.

Sept ans après, le 28 juillet 1840, la colonne qui devait consacrer le souvenir de la révolution de juillet et réaliser en partie la loi décrétée le 27 juin 1792, en mémoire de la prise de la Bastille, fut solenuelieinent inaugurée. L'ensemble des travaux du monument dura jusqu'en 1846.

F.n 1848, l'éléphant en charpente, fer et 'àtre fut démoli et sur son emplacement .leva seule la colonne, haute de 56 mècres 33 centimètres, qu'on y voit aujourd'hui.

Le mode de construction employé pour ce monument est extrêmement simple ; c'est une colonne composée de pièces de bronze superposées, sans autre maçonnerie qu'un soubassement carré où elles se maintiennent par leur seul poids.

Le [ iédestal carré est composé de six assises de bronze boulonnées entre elles. Chaque assise est formée par quatre pièces assemblées par des boulons aux angles du piédestal. La base de la colonne est d'un seul morceau. Le fut commence et se termine par un tambour canaelé.La partie intermédiaire se compose de quatre tambours ornés, divisant le fût en quatre parties-égales com.posées de tambours unis sur lesquels sont gravés et dores les noms des victimes. Chacun des tambours est d'un seul morceau. Puis viennent successivement le chapiteau pesant 1 1,000 k., la lanterne et la statue de la Liberté, les ailes déployées, tenant d'une main une chaîne brisée, de l'autre un flambeau, et d'un ton d'or qui empêche d'en bien saisir les formes.

Place de la Concorde et OBÉLisgrE DELusoR.Cetteplace, commencée en 1763, fut ter.innee en 4772. Son plan octogone était dessiné par des fossés revêtus en maçonnerie et terminés par huit pavillons avant pour amortissement des socles décorés de guirlandes et destines à recevoir des groupes allégoriques. Sa longueur était "de 120 toises, et sa largeur de 87. Au centre; la ville de Paris avait fait élever la statue équestre de Louis XV. Le piédestal était orué de bas-reliefs en bronze représentant des batailles oii Louis XV s'éiait tro-vé et quatre figures colossales représentant des vertus. Ce rapprochement fort déplace fut l'objet de no:nbreux traits satiriques et entre autres de celuici', le plus dur et le plus acéré :

O ta bel'.e suiue ! ah! le beau plé<1e«ta1 Le." Venus sont à pied ; le Vice est à die*al.

La place portait alors le nom de place de Louis XV.

En 1792 la statue de Louis XV fut renversée et remplacée par une figure colossale de la Liberté. Cette place reçut alors le nom de place de la Révolution. C'est, la que, pendant les quinze mois du régime de la Terreur, furent décapitées un g'-and nombre de victimt-set avec elles Louis XVI, le 21 janvier 1793, et la reine Marie-Antoinette, le 16 octobre de la même année. Le 20 mars 1800, un arrêté des consuls ordonna que des colonnes triomphales seraient élevées dans tous les départements de la France, et qu'une colonne nationale serait élevée à Paris sur la place de la Révolution, au lieu de la figure de la Liberté. La première pierre de cette colonne monumentale fut posée le 9 juillet \ 800. Une vaste charpente couverted'une toile peinte représenta la colonne projetée, et la place reçut le nom de place de la Concorde.

Dans les premiers jours d'avril 1814 on rendit à cette place sa première dénomination d<i place de Zouis XF. En 1830, elle reprit sa dernière dénomination de place de la Concorie^ qu'elle porte encore aujourd'hui.

En 1853, les fossés primitifs revêtus de maçonneries et de balustrades furent combles, remplacés par de belles chaussées en asphalte, et des ce moment cette place avec ses deux belles fontaines monumentales, son obélisque de Luxor et ses statues des principales villes de France sur les huit pavillons, est une des plus vastes et des plus belles du monde.

C'est en 1836, sous le règne de Louis- Philippe, qu'eut lieu par l'érection de l'obélisque et la construction des fontaines son principal embellissement.

En 1798, lors de la campagne d'Egypte, le genrral Bonaparte, après sa victoire des Pyramides, s'était avancé avec son armée triomphante vers l'antique Thèbes. A la vue de ces vieux et admirables débris dî la civills.ition égyptienne, l'armée, dans ui sentiment d'admiration, s'arrêta et battit des mains. Dans -^^^ '^"'.housiasme; elle aurait voulu pouvoir transporter dans la capitale tous ces monuments, ou du moins en présenter quelques fragments a l'admiration pablique. Ce désir ne devait être eiaucé queplusd'unquart de siècle après.

En 1829, sans que l'on sache à qui

à] 1 arliont l'honneur de cette idée, il fut qui- .ion de transporter en France l'un des obélisques de Luxor.Une commission fui nommée pour en régler les moyens.

Un bàiiment qu'on nomma le Luxor fut bâti tout exprès à Toulon; 120 hommes conipo.-aient son équipage. L'ingénieur de la marine Lebas était chargé des opérations dabaltage et d'embarquement de l'obélisque.

A l'entrée du palais égyptien du vieux monde, il y avait deux obélisques, l'un de 75 I ieds de hauteur, l'autre de 72- On s'occupa d'abord de les dvblayer et de découvrir leur socle enterré à une assez grande profondeur. Ces deux monuments apparurentalors dansleur ensemble. Trois rangées verticales d'hiéroglyphes couvraient leurs faces; la rangée du milieu était creusée à une profondeur de 15 centimètres; les deux autres sont à peine taillées, et cette différence de relief varie le reflet et le jeu des ombres. Le nom et le prénom de Rhamesses ou Sésostris, ses louanges, le récit de ses travaux, se retrouvent sur tous les cartouches des quatre faces. Sur deux parties du socle sont deux figures cynocéphales i)ortant sur leur poi!:rine la même légende de Rhamesses : Chéri d'Ammoii, afjprozwé du, soleil, etc.

Le petit obélisque fut cnoir-i, comme mieux conservé. On procéda à l'embarquement. Avec le manque de ressources de tout genre, en bois, fer, cordages, dans un pays presque désert, sous un soleil brûlant, ce n'était pas chose aisée. 11 fallut d'abord pratiquer un chemin, ou plan incliné , depuis l'obélisque jusqu'au navire le L%iX0T, et, pour cela, trancher deux monticules d'antiques décombres et démolir la moitié du village qui se trouvait sur la route. Ce travail demanda les bras de huit cents hommes pendant trois mois. Cela fait, ou procéda t l'abattage, puis à l'emba qi.emeut, et, trois ans après le dé- j part du Luxor de France, le 25 octobre ! '18:-56, on dressa, au milieu de la place de j i'a Concorde, lObélisque, d'un poids de ; 2o'j uiiO kilogrammes. Sur le gigantesque monu iihe de !iùôwolri3, hissé sur son énc : me piédestal, flotta le drapeau tricolon ,

( . iNShRVATOlRE DES ARTS ET MÉTIERS.

Il \ ;i vjuelques années, le Conservatoire dciî ans et métiers n'était qu'un amas d'éoiiices et de vieux monurnenls tom-

bant en ruines, et où étaient entassés les modèles des machines et des métiers produit de l'industrie française. Aujourd'hui, c'est un des plus grands et des plus beaux ^ palais de la capitale.

Le Conservatoire occupe dans son entier les bâtiments de l'ancien prieuré dei Saint-Marlin-des-Champs, dont la fondation remonte aux rois mérovmgiens.

D'abord patron des Francs, saint Martin devint, après sa mort, le saint le plus révéré de son temps. Sa chape était portée aux armées comme le palladium de la France. Vers la fin du vi^ siècle, on éleva à ce saint une église, qui prit le nom de basilique, et, l'an 629, Dagobert lui accorda une foire, qui devint rivale de celle de Saint-Denis.

Lors des invasions des Normands, au ix<i siècle, la basilique fut détruite. En 1060, Henri pf en ordonna îa reconstruction, et, en 1067, elle fut desservie par des chanoines réguliers qui, disent les chroniques, vivaient déshonnêtement et faisaient maiivaisement le service.

En 1079, des moines de Cluny succédèrent à ces chanoines égrillards, et le monastère, qui portait le nom d'abbaye, reçut celui de prieuré.

En 1702, on reconstruisit le cloître, et l'on bâtit des maisons qui bordaient la rue Saint-Martin. Cent cinquante ans après, en 1850, ces maisons devaient être démolies pour l'exécution des plans d'agrandissement, de restauration et d'appropriation des bâtiments du Conservatoire des arts et métiers.

En 1794, un décret de la Convention nationale institua le Conservatoire des arts et métiers.

En 1798, il fut installé dans les bâtiments de l'ancien prieuré de Saint-Mari tin-des-Champs.

I De 1845 à 1852^ il fut agrandi, resj taure et définitivement approprié à sa destination.

Le portail est remarquable par l'élégance des coupes et l'ornementation. Ce portail, tout à fait monumental, est décoiv de frontons et de cariatides. Sur la iusc on lit ;

Conservatoire des arts et métiers.

Il donne entrée dans la grande cour d'honneur. En face se trouve la nouvelle entrée des galeries, précédée d'un splendide perron. A gauche est le nouveau bâtiment, où sont organisés les amphithéâ-

très de dessin, et à droite lancien et i sard. On y voyait un tableau représentant merveilleux réfectoire des moines, con- | une Nativité, par Vignan. Le chœur, la temporain de la Sainte-Ciiapelle du Palais ■ nef et le réfectoire avaient des t^bl aux. de Justice, restauré, embelli , peint, dé- | de Lemoine, de Jouvenet, de Sylvestre, ré, boisé à la manière bysantine. La ! d'André, etc.

jùte, d'une hardiesse infinie, est soute- | O'itre les laboratoires, bibliothèques et le par des colonnes d'une telle ténuité amphithéâtres, les galeries coTiprétenient l'elle semble devoir s'abîmer sur la tète organisées du Conservatoire se composent:

-*s visiteurs. Dans cette pièce, d'un as- >.ct aussi riche qu'imposant, est la bibliothèque. Les vitrines, fort remarquables, sont ce qu'on nomme vulgairement des grisailles. Le plancher, dr.ns toutes les parties qui longent la bibliothèque, est une mosaïque en carreaux émaillés du

Au rez-de-chaussée : d'une galerie des poids et mesures de tous les temps et de tous les pays : d'une galerie des métiers à tisser; d'une galerie d'instruments agricoles.

Au premier étage : d'une grande galerie des modèles d'usine, de machines à va-

xiiie siècle. La chaire de lecture des moi-! peur, etc.: galerie des matières premières: ne=, avec un escalier incrusté dans le mur, I galerie de la céramique; galerie de physiest aussi une partie fort originale de ce que; galerie d'horlogerie; galerie géoméréfectoire. Sur le màt qui s'eleve au-dessus j trique et d'instruments de précision; gade la porte d'entrée, ferrée a la manière! lerie des tours; galerie d'optique : galerie du temps, sont quatre figures et deux mé- | d'objets divers.

daillons, représentant VArt, la Science^ \ Ces douze galeries ont près de deux la PJiysiqu^, la Chimie, la Plastique kilomètres de développement.

Indépendamment de toutes les machines'et de tous les métiers destinés à l'in-

et la Couleii?

L'ancienne et curieuf^e église, construite sans un seul pilier, pilastre ou colonne, est devenue le sanctuaire de l'hydraulisme et des machines à vapeur. j

L'abside et le vaisseau de cette église datent du xiii^ siècle. En 1793, lors-

dustrie française, le Conservatoire possède dans ses galeries' tous les outils servant à la main-d'œuvre de tous les corps d'étais exercés en France.

Sur la façade donnant sur la cour, on

qu'elle fut saccagée, elle avait son maître- 1 lit ces quatre inscriptions, qui résument

autel décoré d'après les dessins de Man- î son histoire :

Van 1060,

fondation et dotation

de Vabbaye royale des Cha7n]:s^ par Henri /-r,

roi de France.

Lan 1794,

institution du Conservatoire des arts

et métiers, par décret de

la Convention nationale, du 19 vendémiaire.

Van 1798,

installation du Conservatoire

dans les bâtiments de l'ancien prieuré

de Saint-JiIartin-des-C Iwmps .

Palais de l'Industrie. Le Palais de l'Industrie est encore une des merveilles monumentales des temps modernes.

Ce palais fut construit pour l'exposition universelle de 1855. Depuis trois ans toutes les parties' du monde se préparaient pour cette exposition. La salle de concours devait être grande, solennelle pour contenir toutes les merveilles du monde industriel.

Dans sa surface générale, ce palais est pour le rez-de-chaussée de 27.068 mètres carrés. La surface de la galerie du pourtour en compte 18.062 : en tout 45,1 iO mètres carres. Une annexe provisoire de

De 1845 à 1852,

agrandissement, restauration

et appropriation des bdliruents

du Conservatoire.

\ 2,000 mètres de longueur, qui s'étendait sur le quai de la Conférence depuis la place de la Concorde jusqu'à la pompe à feu de Chaillot, ajoutait à la surface du palais principal une surface supplémentaire de 32,000 mètres, ce qui, avec les 45,140 du monument, formait une surface totale de 77,140 mètres carrés.

Cette immense construction, terminée en moins de deux ans, a emplové :

822,000 mètres de pierres de' taille : il y avait la de quoi épuiser plusieurs carrières sans compter la pierre meulière et le béton ;

1,000 kiiog.

4,500 {onnes de fonte à chacune ;

3,600 tonnes de fer; Et 33,000 mètres carrés de verre dépoli. Dans toutes ces parties ce palais e>t parfaitement t ciairé. Dans la grande salle seulement on compte 2 \ 6 fenêtres, et 1 92 dans les quatre pavillons d'angle.

La nef centrale a 192 mètres de longueur sur 48 mètres de large. Sa hauteur à l'entablement est de 18 mètres.

704 énormes colonnes de fonte, 388 au rez-de-chaussée et 316 au premier étage, .-outiennent toutes les armatures de fer.

La grande entrée du palais est d'un as- ];ect des plus grandioses. Elle a 15 mètres ''ie large sur 19 mètres de hauteur. Quatre immenses colonnes d'ordre corinthien, aux chapiteaux admirablement fouillés, y soutiennent un entablement surmonté d'une attique. La frise de cette attique est ornée d'un magnifique ba=-relief de 10 mètres de longueur sur 2 mètres de hauteur. Sur ce bas-relief au milieu de trente figures représentant le Commerce, les Sciences et les Arts, se détache la figure de Napoléon III protégeant l'Industrie. Dans un groupe colossal surmontant cette attique, ou voit la statue de la France distribuant des couronnes au Commerce et à l'Industrie, personnifiés dans deux figures de femme. De chaque côté sont les armes de là France soutenues par des génies.

Deux Renommées colossales, d'une hauteur de 20 pieds environ, remplissent les tympans de la grande voûte, arc de triomphe magistral.

Dans les profondeurs du porche est exécuté un grand bas-relief dont le sujet se rapporte par sa nature à la destination de l'édifice.

Le palais a quatre grandes entrées dans les axes des façades. Dans quatre pavillons d'angle sont ménagées quatre autres eaitrées accessoires.

Palais de Justice et la Sainte-Cha PELLE. Dans sa session de 1 835, le Conseil général du déparlement de la Seine vota t'agrandissement et l'isolement du Palais de Justice.

Le projet composait dans son périmètre un vaste îlot en forme de parallélogramme limité à l'est par la rue de la Barillerie, au nord par le quai de l'Horloge, à l'ouest et au sud par deux rues nouvelles.

Des deux parties distinctes que comprer.cit le projet, l'une d'embellissement ne

devait être exécutée que plus tard, l'autre d'amélioration devait recevoir son exécution immédiate. La sommede 4,1 17,826 fr.

fut affectée à cette dernière partie. Vingt ans après, au moyen d'allocations nouvelles, les deux parti s avaient été menées conjointement, et en 1855, la restauration de cet ancien palais des rois de France était à peu près complète et digne sous tous les rapports detra le temple de la justice. La Sainte-Chapelle surtout, qui le borde au midi, a été l'objet d'une restauration spéciale, et les travaux accomplis ont rendu à cet édifice l'éclat resplendissant qui en avait fait un des monuments les plus remarquables du temps des croisades. Un travail mtelligent de restauration a suppléé à ce qui avait péri, a réparé ce qui était dégradé avec une imitation parfaite de la coupe, du dessin, delà couleur, du sentiment, du costume, de tout enfin ce îjui caractérisait cette œuvre. On lui a rendu jusqu'à la flèche élancée qui avait disparu depuis cinq siècles détruite par un incendie sous Charles VI. Aussi maintenant dans cette chapelle, l'un des monuments religieux les plus curieux de Paris tant par l'ensemble et l'harmonie du style que par la richesse et la mignardise des détail-, l'antiquaire, l'artiste, le chimiste, l'erudit le plus versé dans la symbolique chrétienne, ne pourraient distinguer aujourd'hui ce qui reste du travail primitif et ce qui est du au patient génie de l'artiste contemporain.

Palais de la Bourse. La Bourse de Paris, successivement établiedans unepartie de l'ancien palais Mazarin, dans l'édifice anciennement occupé par le trésor royal, aux Petits-Pères, au Palais-Royal, fut transiérée,en 1827, dans le magnifique palais élevé au commerce sur l'emplacement de l'ancien couvent des filles Saint- Thomas. Les travaux, commencésen1808, furent suspendus en 1814, repris depuis et achevés en 1826.

Ce palais, isolé sur ses faces, est élevé sur un soubassement qui le fait dominer sur tous les bâtiments qui l'avoisinent : son plan offre un parallélogramme dont la longueur est de 69 mètres, et la largeur de 41. Son élévation présente un péristyle parfait, et à ses quatre faces une ordonnance de 66 colonnes corinlliiennes de 4 mètre de diamètre et de 1 0 mètres de hauteur sur un soubassement de 8 pieds.

jp. L.\r.oi;n, rue Sou f flot,

TABLEAU PFîYSIOU

Ce péristyle supporte son entablement uneattique, et forme autour de l'édi-

une galerie couverte à laquelle on ar- ? par deux perrons de ^6 marches qui jpent toute la largeur de la face orien-

et occidentale. "Des bas-reliefs dont

sujets sont relatifs aux opérations du nmerce ornent cette galerie. Sur l'en-

principale on lit cette simple inscrip-

;3CRSE ET TRIUU.NAL DE COMMERCE.

E DE 1850 A 1So3 209

Ce monument, d'une magnifique éle- , gance et d'un aspect imposant, n'a que le ' défaut de ne pas avoir de caractère déterminé. Il pourrait être aussi bien un temple au vrai Dieu qu'un temple à l'agiotage. La foule qui se pressait dans ces derniers temps à ce temple du dieu de la terre était si grande, qu'on a été obligé d'imposer une légère rétribution aux adeptes. Il serait heureux qu'on se vît forcé d'en faire autant à la porte des temples du Dieu du ciel.

Colûiinade du Louvre.

La salle delà Bourse est au rez-dechaussée et au centre de l'édifice. Elle a une longueur de 1 16 pieds et 76 de largeur. Cette vaste pièce peut contenir 2.000 personnes; la lumière dont elle est iclairée descend du comble.

Il a été dépensé pour l'érection de ce monument :

Parle gouvernement. . 3,789,586 fr.

Pa-^ la ville de Paris. . 2,666,480 • Par le commerce de Paris. 2,093.426 >

V Leynadier

Sur la place où il est situé ou a ouvert en 1854 une magnifique rue, la rue de la Banque, dont l'embranchement part de la rueNeuve-des-Petits-Champs et où l'on voit l'hôtel du Timbre, celui de la mairie du uv arrondissement, et une très belle caserne, la caserne des Petits-Pères

HÔTEL-DE-ViLLE. Depuis longtemps on avait projeté pour ce monument des réparations et des agrandissements qui pu-ssent le rendre digne d'être le palais municipal de la capitale.

En 4801, il reçut des agrandissements

considérables consistant principaiement dans la réunion de l'hôpital et de l'église du Saint-Esprit, et dans celle de la commu- DtcD de l'église Saint-Jean qui fat dénaolie.

Le 26 mars '1836, le conseil municipal de la ville de Paris adopta un projet de travaux pour isoler et agrandir sur une immense échelle ce grand monument.

A la fin de 4 841, les grosses constructions du vaste monument étaient achevées. Trente-cinq maisons avaient été démolies pour lui faire place.

Ainsi restauré, l'Hô'el-de- Ville présente un parallélogramme régulier, un peu plus long que large, ayant vingt-cinq croisées sur chacune des façades iournées de l'est à l'ouest, et dix-neuf sur les façades tournées au nord et au sud. Quatre pavillons à trois otages flanquent les quatre angles. Au milieu des grands côtés s'élèvent deux pavillons intermédiaires, non compris Tan cieii belfroi, qui domine la première entrée.

Des corps de bètiments à deux étages, avecmansardes, unissent les pavillons. Cinq cours Trègulières partagent intérieurement les nombreuses constructions de ce splendide édifice.

En axant de la façade méridionale du côté de la Seine, est un charmant jardin orné de fontaines jaillissantes.

En même temps toutes les niches de la façade du r.^onument ont reçu des statues des magistrats et des grands hommes auxquels la ville de Paris a décerné des honneurs publics. Elles sont au nombre de quarante-trois. Cent niches sont encore à remplir dans les deux cours du Nord et du Midi.

Sur la façade qui regarde la Seine, les piédestaux de l'attque ont également reçu douze statues allégoriques ; la Justice, le Commerce, la Peinture, la Musique, la Navigation, la Science, la Police, la Santé, etc.

En 1851, la statue de la Marine, qui, représentée sous la forme masculine d'un fleuve, devait concourir, avec celle de la Semé, à la décoration de l'Hôtel-de-V'ille, fut placée sur le couronnement de l édifice. Ces statues colossales, exécutées en pierre d'une extrèmedureté, pesaient 24 m.illiers. Elles étaient dues au ciseau de M. Cavalier, et les plans du monument restauré, aux dessins de MM. Lesueur et Godde.

A l'intérieur, du côté du midi, sont les

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