‹ Histoire de ParisChapitre 211 sur 261 · DR 1820 A · texte numérisé non relu

DR 1820 A

fermé et n'en sortit que trois fois, deux fois pour paraître à la barre de la Convention, la troisième fois pour aller à la mort.

Plus tard la tour du Temple fut transformée'en prison d'Etat. C'est là que Pichegru mjt fin à son existence.

Devenu pendant la Révolution propriété nationale, le palais du Temple servit long temps de magasin. Sur une partie de l'eaclos on perça des lues et la halle au vieux linge. La grosse tour fut démolie en 18H. De 181 2 à"l 8 13, ce qui resiait d* Temple servit au ministère des cultes. En 1814, Louis XVni en fit don à la princesse de Condé pour y établir une congrégation de filles, et c'est à la suite de cjlte donation illégale et du procès qui, comme on l'a vu, s'ensuivit, que ce lieu, au fasse si pîeia et si agité, est devenu l'un des plus jolis squares de Paris.

Halles centrales. Ici rien n'a été sacrifié à l'agrément, tout a été fait pour l'utilité, et sous ce rapport, les Halles centrales sont incontestablement l'un des monuments les plus dignes de figurer dans cette féerique transformation du Paris du . xixe siècle.

Avant d'^n venir au point de magnificence et d'immensité qu'a le monument cyclopéen élevé sois le nom de Halles chit raies, les halles de Paris ont eu des phases assez curieuses.

En 1 i 10, Louis le Gros créa ce qu'on nomme vulgairement les Halles.

En 1183, Philippe-Auguste les améliora , il y ajouta des boucheries, où pourront, dit l'ordonnance, s'étaler des bœufs entiers pour les boucheries des bourgeois et des rda?iants.

Un terrain, dit des Champeaiix (petits champs), é'ait l'emplacement fixé pour ces halles ; c'était le même qu'elles occupent aujourd'hui ; un terrain vague, clos par des mûrs d'enceinte, et autour duquel vint peu à peu se grouper la ville.

Au milieu du carreau des Halles, à l'époque où Paris comptait un grand nombre de monuments patibulaires, était le pilori le plus célèbre, le pilori d j roi. tî datait du xue siècle. Reconstruit en loi?, il ne fut supprimé que sous le règne de Louis XVI. C'était une tour circulaire en bois, mobile et tournant sur un pivot. Cette machine était percée d'ousertures circulaires assez larges pour que le condamné y passât la tête et les mains. Par intervalles on tournait le pivot a'.in que le peuple pu

jouir de tons côtés de la vue du patient. | La superficie des terrains? jugos néces- Ces halles ont aussi longtemps servi de ; saires pour le besoin général du'service de lieu d'exécuiion. Le bourreau de Paris j ces halles fut évalué à 43,660 mètres, était obbsé iar ses lettres d'institution de Le stationnement des voitures devait loger sur la place du pilori. Il y jouissait occuper, tant sur les places voisines des de nombreux privilèges, entre autres, du ; halles que sur les ponts et les quais, un droit de havage, c'est-à-dire de prélt^ver , emnlaccmenl de 22,000 mètres, sur toutes les ctréales expos 'es en vente | on évaluait à près de 78 mè'res cubes autant de grains qu'on en pouvait prendre I les détritus et immondices à enlever penavec la main. 11 percevait en outre uu j dant la saison d'hiver, et un quart en sus droit sur les légumes verts, les fruits, la pendant la saison d'été. Vingt-deux voitumarée, etc., et dès qu'un débiteur se !ibé- res devaient être employées chaque jour à rait, on lui faisait sur le dos une marque cette opération du nettoyage d'un emplaavec de la craie. Cet ignominieux usage ne fut supprimé qu'en 1775^ par arrêt du Conseil.

En 1516, un bourreau de Paris s'étant repris à plusieurs fois pour trancher la tète d'un criminel, la vue des souffrances du patient excita l'indignation du peuple, qui mit le feu au pilori et brûla le bourreau vif. Pendant plu.>ieurs siècles, ces halles ne furent que de grands et horribles charniers; on y marchait sur des couches accumulées d'immondices et de détritus de toute sorte. Ce ne fut que sous l'Empire, en 1810, que fut posée la question de l'amélioration des halles. Deux décrets, du 24 février et du 19 mai 1811, tranchèrent en partie la question. Le dernier de ces décrets, tout en respectant l'emplacement séculaire, détermina le périmètre des nouvelles halles. Conformément à ce décret, cinquante maisons occupant un emplacement de 8,773 mètres furent acquises par la ville de Paris au prix de près de 3 millions.

En 1818, ie marché des Prouvaires fut le commencement d'exécution de ce plan qui, interrompu à diverses reprises par les événements politiques, resta vingt-cinq ans à l'état de projet.

En 1843, une commission administrative fut chargée de préparer les éléments de nouveaux projets. Un concours fut ouvert. Un projet de MM. Battard et Callet comprenant la construction de huit corps de halles de grandeur variable suivant les services, fut adopté.

L'emplacement déterminé par une ordonnance royale de 1847 formait un parallélogramme de 275 mètres de longueur sur 120 de largeur.

Il comprenait huit corps de halles, deux grands aux deux extrémités du parallélogramme et six petits au centre partage par de belles chaussées.

cément ou d'aboutissants sur lesquels ont à circuler en vingt-quatre heures 34,000 charrettes, voitures ou omnibus.

L'exécution des travaux nécessaires pour la formation du périmètre des abords de ces halles exigeait la suppression d'un marché, de sept rues et de grandes opérations de voirie, ouvertures, élargissements ou suppression de rues.

Jamais à aucune époque de son histoire, la viile de Paris n'avait assisté à l'exécution d'un plan si grandiose et concernant un si grand nombre d'intéressés.

600 maisons, dépôts ou magasins se trouvaient atteints totalement ou en partie par l'exécution de ce plan, et en admettant, chiffre modeste, vingt individus par maison, on trouvait un total de 12,000 habitants de Paris, propriétaires, commerçants ou locataires, dont l'exécution du projet entraînait le déplacement.

Depuis le percement du boulevard Sébastopol qui a ouvert de vastes et nouveaux affluents àl'estdes Halles centrales, le déplacement a été porté encore à un chiffre beaucoup plus élevé.

Six cent soixante-huit ans après la construction des vieilles halles qu'elles étaient appelées à remplacer, le 15 septembre 1851, eut lieu la pose de la première pierre des Halles centrales.

A une heure le président de la République, en uniforme, était arrivé sur le terrain désigné pour cette cérémonie.

Une grande tribune était élevée iî l'une des extrémités de cette place ; sa face était tournée vers le marché des Prouvaires.

Cette tribune était occupée par le Président, les ministres, la commission municipale, etc.

A la droite de cette tribune s'en élevait une autre pour une certame classe d'invités, tandis que la gauche était réservée aux populations des halles et marchés.

Enfin, en face de la tribune présidentielle, s'élevait une immense estrade pour d'autres in\ités.

Toutes ces tribunes étaient ornées de grands mâts avec banderolles aux couleurs nationales.

Arrive à une heure, le président de la

République fut reçu au son des cloches et de la musique. Le clergé arriva imaiédiatcment après et procéda à la cérénrionie religieuse. Puis le préfet de la Seine remit au président la boîte con'enanl les médailles et la plaque sur laquelle était l'inscription suivante commémorative ;

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