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I FX)NT AINES. — EAUX DE PARIS

! Le nombre des fontaines monumenta-

: les qui décorent les places et les prome-

I nades publiques de Paris n'est peut-être

! pas encore en rapport avec les accroisse-

j ments qu'a pris la capitale depuis le com-

I mencement de ce siècle. De nombreux

travaux ont cependant été faits pour une

meilleure distribution des eaux dans tous

les quartiers.

Le nombre des fontaines publiques, y compris les bornes-fontaines dont le [ remit r établissement date de 1810, dépasse aujourd'hui le nombre des rues, c'est-àdire qu'il y a trente fois plus de ces établissements d'utilité publique qu"il n'y en avait au commencement du xviiie siècle.

Voici par quelles curieuses gradations sesont opérés de si prodigieux progrès.

On ignore la fondation des premières fontaines à Paris. Lamare pense qu'elle eut lieu au vi' siècle, époque à laquelle fut construit l'aqueduc des Prés-Saiut- Gervais. La construction de celui de Belle\ille eut lieu au xii® siècle. Dans le courant du xv^, le noT.bre des fontaines fut porté à 16. Eu 1551, on établit la fontaine des Innocents.

Au commencement du xvii® siècle, le nombre des fontaines de Paris fut augmente, et le Flamand Jean Linstaërétablit en 1607, sur le Pont-Neuf, la pompe dite de la Samaritaine qui fut supprimée en

En 1613, Louis XIII posa la première pierre du nouvel aqueduc d'Arcueil, ouvrage commence dans le courant du i\ ^ siè de par les Romains, pour conduire l'eau des sources de cevillage dans le [.alais des iTheimes. Ce nouvel aqueduc fut achevé 1 en 1624, et les eaux de Rungis qui se dé- ' chargeaient dans la rivière fuient amenées à Paris.

I Vers 1670 eut lieu l'établissement des pompes Notre-Dame, ettrois ans plus tard en 1673, le nombre des fontaines publiques fut porté à 45.

La belle fontaine de Grenelle, dans la rue de ce nom, fut achevée en 1779.

Boucha rdon en fut à la fois le dessinateur, l'architecte et ie sculpteur.

En 1782, peu de temps avant la Kévolation Française, les pompes à feu du Gros-Caillou et de Ghaillot furent achevées et le nombre des fontaines fut considérablement augmente.

La seconde année du xix^ siècle vit commencer les travaux du canal de i'Ourcq. En 1^08, ces eaux nouvelles entrèrent dans le bassin de la ViUette. et le 4 5 août (le cette même année elles furent introduites dans Paris.

En 1806, quinze nouvelles fontaines avaient été établies, et en 1832 leur nombre total s'élevait à 115.

En 1838 le puits de Grenelle put fournir 800 litres d'eau par minute; et dès cette époque, à la suite de nombreux travaux de divers genres, on est parvenu à doter Paris d un service d'eau qui peut satisfaire à tous les besoins de l'ahmenlalion et de la salubrité.

Depuis lors on a construit diverses fontaines monumentales : celles de la place de la Concorde, de la place Louvois, du rond-point des Champs-Elysées, du carrefour Gaillon,de Molière, de la place Saint- Sulpice, la fontaine Cuvier, etc., etc.

La qualité des eaux de Paris a dû être rohjst d'une sollicitude toute spéciale de ia part de l'administration, et voici le résultat des dernières opérations d'analyse à la suite de tant de travaux hydrauli- <]ues successifs pour alimenter ce service si intéressant d'un des principaux éléments de la salubrité publique.

Les eaux consommées dans Paris sont, on l'a vu, Teau de la Seine, du canal de rOurcq, d'Arcueil, du puits de Grenelle, de Belleville et de Ménilmontant.

La qualité des eaux de la Seine est extrêmement pure : quinze litres de cette eau ne donnent par l'évaporation qu'un résidu de moins de 3 grammes dont la plus grande partie se compose de carbo-

pures. Leur résidu est de 27 grammes sur 15 litres d'eau.

PciTS DE Grenelle. L'un des principaux abattoirs de Paris, celui de Grenelle, manquait d'eau. Ou eut l'idée de recourir à un forage artésien, et le 1er jqq. vier 1834, le forage commença sous la direction de M. Mulot.

Jusque alors dans les environs de Paris on avait vu jaillir l'eau des terrains tertiaires. Mais, sous le sol de Grenelle, ces terrains avaient si peu d'épaisseur qu'on ne pouvait guère s'y tlatter dun pareil résultat. On n'arait quelque espoir de rencontrer des nappes d'eau qu'en traversant la masse entière de la craie sur laquelle reposent les terrains tertiaires et d'atteindre les argiles et les sables de la formation de grès verts qu'on appelle sables verts.

Malgré ccsdifficultés, l'édilité parisienne décida que ce forage serait exécuté et qu'il serait poussé jusqu'à 400 mètres de profondeur. Les travaux commencèrent en 1834. Trois ans après les 400 mètres étaient dépassés et l'énorme banc de craie qui forme l'assiette sur laquelle repose le bassin de Paris, et dont on ne connaissait pas la puissance, n'était pas traversé.

Le conseil municipal vota de nouveaux fonds. Le forage dut être porté à 500 mètres, et ce ne fut qu'à 548 mètres, aprè« que la sonde eut successivemeni traversé des couches de terres d'alluvions, de sable et un banc de craie d'une puissance extraordinaire, qu'on parvint à la partie supérieure des sables dépendant de la formation des grès verts. Là on rencontra une nappe d'eau abondante donnant, par minute, à 33 mètres 50 centimètres audessus du sol, jusqu'à 800 litres d'une eau de bonne qualité, et dont la température est de 28o centigrades. La' puissance d'ascension égale cinquante atmosphères.

sont en très

nate de chaux; le sulfate de chaux, les ou cinquante fols la force qui fait monter

l'eau dans un tube vide à 33 mètres.

Ce puits a un diamètre de 50 centimètres à 1 ouverture et de 17 àb l'extrémité. Il a été tube en tôle galvanisée très forte jusqu'à n39 mètres. Son ouverture est à plus 31 mètres au-dessus du niveau de la mer, tandis que le fond est à 517 mètres audessous de ce niveau et bien au-dessous du fond même de la mer, à une grande distance des côtes de la Manche.

Le puits de Grenelle, qui est une des

sels et la matière végétale y petite quantité.

Les eaux du canal de I'Ourcq et celles de la rivière de ce nom sont les plus légères après celles de la Seine.

L'eau d'Arcueil est quatre foi chargée quti ces dernières.

Celle du puits de Grenelle est de très bonne qualité et sa température est de 28o centigrades.

Les eaux de Belleville et de Ménilmontant sont les plus lourdes et les plus im-

curiosités de Paris, n'a pas encoie Ig

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ferme moianmenlale qui doit le classer parmi les plus intéressantes. Divers projets ont été successivement adoptés et rejetés : il paraît cependant qu'on s'est arrêté à quelque chose de définitif eî que d'ici à peu de tcni[s Paris comptera un beau mcnumient de plus.

Fontaine Molière. Parmi les fontaines monumentale? qui ont été construites à Paris, dans cette première moitié du xix^ siècle, il en est peu qui offrent des particularités aussi intéressantes que la fontaine Molière. L'une, comme la fontaine de la place Lou\ois, n"a été qu'un monument expiatoire, l'autre, comme la fontaine Cuvier, a été un hommage à la science. Les autres ont été des m.onuments d'embellissement. La fontaine Molière a été une œu\re d'admiration nationale.

Le projet d'élever une statue à la gloire de Mo.ière n'était pas nouveau. En 1773, le 15 février, Lekain avait proposé aux comédiens français de consacrer le produit d'une de leurs représentations à l'érection d'une statue au père de la comédie française.

Cette représentation eut lieu et le buste sortit du ciseau de Haudon. C'est celui que possède encore aujourd'hui le Théàtre- Francais.

En*1813, 1829, 1836, des propositions furent faites, des commissions s'assemblèrent, des efforts furent tentés pour donner plus d'éclat à l'hommage de Lekain.

Cette fois ce n'était plus un buste qu'on voulait placer dans le foyer du théâtre, c'était une statue qu'on voulait inaugurer sur une place publique. Faute d'ensemble dans 1 élan donné, faute de persistance peut-être, les nouveaux efforts avortèrent et le projet du monument fut ajourné.

Ce n'eît qu'en 1838 qu'une circonstance imprévue, un heureux hasard permit de reprendre ce projet avec succès.

Une maison récemment acquise par la viiie de Paris venait d'être abattue rue Bichelieu. précisément en face de celle où Molière était m.ort. Sur cet emplacement resté libre, il était question d ériger une fontaine qui remplacerait celle de la rue Traversière et que surmonterait une statue de nymphe.

Un des sociétaires du Théâtre-Français, M. Régnier, pensa qu'au lieu de cette ligure allégorique il serait mieux d'inaugurer à celte place la statue de Molière

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