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CASERNES

Caserne Napoléon. L'expérience avait fnit connaître la nécessité d'opérer d'une manière complète le dégagement de l'Hùtel-de-Ville, trop resserré à l'est, et en même temps de défendre l'accès du monunient sur le point où il pourrait être facilement attaqué.

Un décret du 23 mai <850 déclara d'utilité publique le projet de l'isolement do l'Hùtel de-Ville, avec réserve sur les terrains devenus libres de l'emplacement qui serait jugé nécessaire pour la construction d'une caserne.

Depuis cette époque le gouvernement, ayant résolu d'cxéculer cette construction aux frais de l'Etat, demanda à la Vdie de Paris la cession des terrains compris entre les rues Lobeau, François Miron, du pourtour Saint-Gervais, l;i place Beaudoyeret la rue de la Ti.xcranderie.

Le Conseil municipal fut saisi de cette question [)ar le préfet de la Seine, le 12 mars 1852, et y adliéra.

Le plan arrêté comprenait un polygone de8,2i7 mètres, dont la ligne paralk-le à l'HÔLel-de-Ville serait h 40 mètres de la yille. Les façades latérales devaient être perpendiculaires à cette ligne; l'une au nord ménageant la rue nouvelle à 2o mètres de largeur à l'alignement de la rue de Rivoli, et l'autre, au sud, à 24 mètres de distance d'une ligne d'axe réunissant le portail de Saint-Gervais, au milieu de la partie sud-est de l'Hotei-de-Ville.

Celte disposition normale à ce dernier monument, dont la façade a une grande largeur, convenait aussi bien sous ie rapport do la circulation de la rue du Pour-

nr P\p.i3

tour au quai, que pour l'aspect général des deux monuments.

La nouvelle caserne devait être disposerde manière à contenir au moins den\ mille hommes. L'installation d'une fore ■■ I ermanente sur ce point de la capitalf (fait une précieuse garantie d'ordre public, etavait, en outre, l'avantage d'éviter au monument municipil et aux ser\ico« administratifs les inconvénients d'un casernement intérieur tel qu'il exista.' avant 1848.

Eu avril 1852, en creusant le sol à un ■ certaine profondeur pour as-scoir les fondements lie la nouvelle caserne, les ou- Nriers miren*., à découvert les restes d'ui ancienne construction circulaire qui pariii^ remonter à une haute ontiquité, et sous des voûtes en pierre, des os'>ements humains en grande quantité, des débris de vieilles armures de chevaliers, âes munceaux de fer oxydé ayant la forme de haches et de masses d'armes.

Voici l'origine de ces trouvailles :

Six il sept siècles auparavant, ce lieu s'appelait la place du Vi^ux-Cimetière.

En 1313, il servait à un marché que le rôle de taxe appelle Marciai Sainrt- Jekan.

En 1392, les biens de Pierre de Craon, assassin du connétable de Clisson, ayant été confisqués, son hôtel situé au coin de la rue de la Verrerie fut abattu. L'église Saint-Jefin parvint à obtenir de Charles VII l'emplacement que la démolition de cet hôtel laissa vide.

Dans le3 lettres d'amortissement qui fuient données à ce sujet, le 16 mai 1393, il est dit : « que le roi a ordonné que cet hôtel fût démoli et que l'emplacement en fût donné aux marguilliers de S liiit-Jeau pour faire un cimetière neuf qui serait appelé le Cimetière neuf de Saint-Jean.

Le 21 août 1393, ces lettres furent enregistrées à la chauîbre des comptes, et depuis ce temps cet emplacement réuni à l'ancien marché fut destiné à un cimetière que les titres et les ;lans appellent Cimetière-Vert.

C'était lii que s'élevait au xvii* siècle

le fameux cabaret de la Bouteillc-d'Or.

Ce cabaret occupait une maison de la plj(\'

du cimetière Saint-Jean, à l'enseigne du

I Mouton. Il était habituellement fréquenté

!par Boileau, Racine, Furetière, La Fon-

: taine. Chapelle, l'avocat Mauvillain, le

conseiller Brillac el autres beaux-esprits.

O, on iour Racine ayant été dépossédé ! Ju prieuré de l'Epioai, après un intermi- 1 nable procès que ni lui ni ses juges n'en- : tendirent jamais, pour se venger de ses j lUges, \oulut faire une imitation des i Guêpes d'Aristophane, Il communiqua son projet aux joyeux convives du cabaret du Mouton. On se mit à l'œuvre avec enthousiasme, ùiter pocula et srypkos. ! Brillac et Mauvillain apportèrent au tra- ' vail collectif un contingent de connaissances techniques, Boileau fournit les détails de la scène VII entre Chicaneau et la comtesse de Pimbêche, scène qui s'était réellement passée chez son frère le greffier, entre un parent du satirique et la comtesse de Crissé, célèbre plaideuse interdite par le parlement. Racine, Aristophane aidant, fit le reste et la célèbre comédie des Plaideurs fut faite.

CASERNES DU GÉME, DES PETITS-PÈRES, DES CÉLESTINS, DU CHATEAU-DEAU, etC.

Dans l'axe de la caserne Na|!oléon, derrière rHôtel-de-Ville, une nouvelle caserne destinée à des troupes du génie et à un parc d'artillerie, ii ce qu'on assure, est en voie de construction. Il en est de même d'une autre placée au Chàteaud'Eau et destinée à être la tête d'un nouveau boulevard, qui de là dnit ?ll'^'- '■'^•■"drc la barrière du Trône a icuvCi.. „ t-t !e viii^ arrondissement.

Caserne des Petits-Pères. La nouvelle rue de la Banque, qui va de la rue Neuve-des-Petits-Champs a la place de la Bourse, allait être une des mieux dotées de Paris en fait de monuments. En première ligne étaient l'hôtel dd Timbre, la mairie du m® arrondissement et la caserne dite des Petits-Pères qui allait s'élever sur le plan de M. Grisard.

La nouvelle caserne occupe tout ce qui restait de l'emplacement de l'ancien couvent des Petits-Pères (Augustins réformés).

Ce couvent, qui datait du commencement du xvii^ siècle, était riche en ouvrages d'art et possédait une bibliothèque de 40,000 volume?, avec un cabinet de n.tdailles, d'antiquités, d'histoire naturelle et des tableaux du Guerschin, del Sarto, Caravage, Vandermeusen, Porbas, Ribéra, Wouvermans, Stella, etc.

Le 9 décembre ^629, Louis XIII posa la première pierre de leur église et voulut qu'elle fût sous l'invocation de Notre- Dame des Victoires, en mémoire de celles

DE 1820 A 18o8 253

qu'il avait remportées sur les ennemis de la religion et de VEtat Tlisez les protestants ).

Cette caserne est destinée à quelques compagnies de la garde municipale.

Elle'se composede deux grands corps de louis, l'un sur la rue de la Banque, l'autre sur celle de Xotre-Dame-des-Victoi»es: dans ce dernier sont logés les officiers de ce magnifique corps.

Une vaste cour avec bâtiments à droite et à gauche occupe l'intervalle entre les deux" corps de logis destinés, ainsi que celui situé rue de la Banque, au logement des compagnies.

Une cour de service isole de l'église ces bâtiments qui, d'un côté, se relient à ceux de la nouvelle mairie.

Au rez-de-chaussée et à l'entresol de cette porîion de la caserne, est établi le bureau de bienfaisance avec sa cour particulière, et communiquant, ainsi que la caserne, à celle de la mairie par un passage commun.

Cette caserne, d'un style grave et sévère, forme avcc l'hôtel du Timbre et celui de la mairie, dont les proportions architecturales sont du plus bel effet, un ensemble qui donne à la rue de la Banque un aspect tout particulier.

Les prem.iers projets dr cette caserne . montaient à 1843. Ils étaient sur le point d'être mis à exécution, toutefois dans des proportions beaucoup moins considérables, lorsque, les événements de 1848 étant survenus, on ne s'en occupa plus. En 1850, la nécessité d'établir près de la Bourse et a proximité de la Banque une force armée imposante pyant été jugée nécessaire, ;" préfet de la Seine obtint alors du domaine la concession d'une portion de terrain qui, jointe à celle déjà concédée, et sur laquelle on avait dressé le premier projet, permit de donner à cet édifice toute l'importance désirable.

Les projets approuvés par le ministre de la guerre, et présentés ensuite au conseil municipal, furent adoptés et l'exécution en fut votée moyennant une dépense d'environ 1,300,000 francs. Les travaux furent poussés avec tant d'activité que la garde municipale put prendre possession de la nouvelle caserne dans le courant de 1834.

Caserne des Celfstins. Sur l'emplacement de l'ancienne talise des Célestins, dans le quartier de l'Arsenal, la caserne

HISTOIRE DE PABIS

de ce nom fut occimée en 1S48 par la première garde républicaine. Elle l'est aujourd'hui par la garde municipale à cheval.

Les fouilles que l'on fit en 1 847 et 1 848 produisirent des résultats moins importants qu'on ne l'avait espéré. Elles mirent cependant à découvert un certain nombre de cercueils, de pierres tumulaires et d'inscriptions; quelques fragments d'architecture, de peinture et de sculpture, des bijoux, des monnaies et des poteries de diverses époques. Parmi les inscriptions retrouvées on peut citer celle qui était gravée sur la pierre de fondation de la chnpelle, et qui fixe la date de cette fondation au 24 mai 1365. Une des tombes les plus intéressantes et;iit celle d'Anne de Bourgogne, fille de Jean-.'^ans-Peur, duc de Bourgogne, et femme de Jean, duc de Bedfort, morte en l'hôtel de Bourbon, près du Louvre, le 13 novembre 1432, à l'âge de 28 ans. Une commission des Comités historiques, chargée d'eximiner ces ohjets d'antiquité, terminait ainsi son rapport :

c ... Ce travail serait plus complet s'il était accompagné d'un plan indiquant le mouvement quotidien des fouilles. Les relevés nécessaires avaient été faits dans ce but. Mais quand la caserne des Célcstins fut occupée par la garde républicuine, le bureau des architectes fut bouleversé et la plupart des documents recueillis ne se retrouvèrent plus.

« On ne respecta pas davantage ces cercueils qui avaient été déposés à la suite du bureau des architectes. Les restes qu'ils contenaient et qui avaient éch ippe à la Tiolation de 1793, furent lires de leurs linceuls et dispersés par la révolution de 1848. Il ne fut pas possible dès lors de les déposer dans l'église de Saint-Paul, ain^i que la commission en avait d'abord eu le projet ; en conséquence, ils furent transportés à l'ossuaire de l'ouest avec les ossements découverts dans les fouilles.

Toutefois quelques-uns de ces ossements qui offraient de l'intérêt sous le rapport de l'anthropologie ou de la science an.ilomique furent donnés au Muséum d'histoire naturelle.

« Quant aux restes de la duchesse de Bedfort, la commission avait pensé qu'ils devaient être remis à l'Angleterre ; mais sur les ouvertures qui furent faites à ce «ujet au premier ministre de la Grande-

Bretagne, il fut répondu que de^ restes appartenant à une princesse du sin^ royal français ne devaient pas être dé[)0=;é.s \ Wo.-tminster. La commis-ion s'occupa ea consS]'ience de les faire déposer dans le caveau de Saint-Denis.

« Les divers objets d'art et d'antiquité furent remis au mus'^e de Cluny. f..\s niches qui déroraient la façade de i'<^glisa et qui autrefois avaient renfermé les statues de Charles V, roi de France, et de la reine Jeanne de Bourbon sa femme, furent transportées à l'égl'se S.iint-D^r.is qui possédait déjà les deux statuer précitées.

ÉG0UT5. — ÉCL.\IR\GE PAR LE GAZ. — MAC\DAMIS.\GE. — TtLLÉGRAPHIE ÉLEC- TRIOUE.

Au nombre des embellissements ou di"> choses utile:^ do-il Pari^ a pu s'enargu;lir à l'époque de cetfo grande tran^f mation, 'es égouts, Yéclairafje, des rues par le gaz ,\e macadamisage ou em- 'pifrrement des rv,es et remploi de la télégraphie élect z^Mgpour la transmission des ordres ou des nouvelles doivent être mis au premier rang.

Nous en dirons quelques mots.

Égouts. D.ins une ville omme Paris, la cons'riiciion des égouts doit être placéa au premier rang parmi les travaux qui tieimentà la salubrité, soit par la circul ition souterraine des eaux ménagères ou pluvi des, soit par leur conduite dans la Seine, au delà des limites où s'alimentent certaines fontaines publiques.

Les fossés qui, dans l'origine, furent creuses autour de Par s, servirent d'égout. C'est à paVtir de 1370 que les rigoles qui recevaient les eaux furent en partie couvertes en maçonnerie. Mais l'important de ces travaux n'était pas seulememt de recevoir toutes les eaux, il fallait encore qu'elles les transportassent dans la Seine. Pour la partie septentrionale, \m premier égout dit de ceintiire fut construit à partir de l'endroit où se trouve la bassin de la Villette jusqu'au boulevard des Batignolles, d'où elles étaient envoyées à l'avenie des Cham^s-Éiysées.

Bientôt cet égout devint insufflsant à cau.se des constructions qui s'élevèrent suf des emplacements naguère à nu, et qui absorbèrent les eaux du ciel en grande partie.

Un autre égout, dit également de ceinture, fut établi à partir du quai des

Ormes, et vient se décharger au quai Debilly, au-delà de la pompe à feu.

Sans vouloir suivre cet immense r'^seau dans ses embranchements, nous dirons seulement que pour faire disparaître toutes les causes d'insalubrité résultant de l'envoi des égouts dans la Seine, un grand égout parallèle au fleuve fut ouvert dans 'rue de Rivoli. Les anciens embranche- I s f-.'.re^ t conservés pour le cas où l'a- 1 ijiidance des eaux pluviales demanderait un écoulement exceptionnel.

Sur la rive gauche le grand égout parallèle suit la berge. Il a été terminé en 1853.

Très certainement il viendra un temps ou toutes les principales rues de la capitule auront un égout qui communiquera avec le grand égout parallèle. Ces égouts souterrains ont aujourd'hui une étendue de 150 mille îaètres environ. Au commencement de l'année 1830 on n'en comptait guère que 40 mille mètres.

Voici les détails de cette opération.

Il existait à l'état de projet un travail qui consistait à établir, sur les deux rives de la Seine, deux grands ^gouts latéraux, traversant Paris dans toute sa longueur, et allant déverser en aval de la ville les eaux et les résidus provenant de tous les égouts secondaires.

Une partie de ce travail avait eu un commencement d'exécution. En effet, depuis le pont de la Tournelle jusqu'au quai Malaquais, on avait construit, concurremment avec les nouveaux quais, un égout sur lequel était établi le chemin du halage. Gel égout devait être prolongé au fur et à mesure que devaient être rectifiés et améliorés les abords de la Seine.

Voilà pour la rive gauche.

Il s'agissait ensuite de faire quelque

largeur est suffisinte pour recevoir les eaux ménagères et pluviales. En c^s de grandes pluies les eaux trouvent à une certaine hauteur des issues par lesquelles peut s'écha[>per le trop-p'ein que des embranchements portent à la Seine ; !a masse des résidus'et des matières déversées dans ce grand égout présentait pour le curage de grandes difi'culté-;. On en a triomphé en établissant des banquettes dans lé souterrain, sur lesquelles est placé un rail eu fer pouvant porter un chariot traîné soit par des hommes, soit par des chevaux, eu qui, muni d'un appareil à baliyer,en'raîne avec facilité les boues et autres matières déposées dans le fond de l'égout.

Ce grand travail appliqué a la rue de Rivoli'doit être plus tard continué, et l'artère doit parcourir la rue Saint-Antoine, la place de la Bastille, et se prolonger jusqu'au canal Saint-Martin.

Du reste, quelle que soit l'im ortance de ces grands travaux de voirie, ils n'approchent pas encore des égouts de Rome, dont quelques-uns, dans le'jrs dimensions et leurs apipropriations, atteignaient des proportions colo-^sales.

L'invention de ces grands travaux de salubri é publique remonte à cinq siècles asant J.-C. On les doit à Phéax, qui fit les premiers égouts à Agrigente, et que l'on a longtemps appelés, de son nom, Ijhœaciques.

Eclairage PAR le gaz. L'éclairage des rues de Paris par le gaz mérite aussi d'être mentionné. Avant le xvii^ siècle, Paris n'était pas éclairé la nuit. En 1666, les rues commencèrent à être éclairées par de simples chandelles, que les habitants étaient tenus de mettre sur leurs croisées. Un siè le après, en 1766, l'on commença à substituer dans Paris les réverbères aux

chose pour la rive droite, et le projet en j lanternes. Ea 1801, M. Bordier-Marcet question devait doter cette partie de la capitale d'une artère hydraiilique qui devait assainir le quartier et le fleuve.

C'est le travail qui a été fait.

Cet égout prend naissance à l'extrémité du quai de la Conférence qui va du pont de la Concorde à l'allée des Veu\es, un ^ ^

eu au-dessous de l'embouchure de l'egout ! prunlèrent cet usfige, et Appiu> Claudios

Caecus fit paver Rome 188 ans après la fondation de la République. Plus tard, ils pavèrent aussi les grands ch^^mins. Charlemagne en fit jouir la France; tnais ses successeurs négligèrent entièrement cette imporlante amélioration de viabilité. Ce

inventa les réverbères à réflecteur para* boiique. Aujourd'hui , to^t Paris est éclairé par le gaz.

MaCADAMISAGE , EMPIERREMENT. Le

pavage des rues remonte a un leinps fort ancien. On en attribue la prem ère idée aux Carlhasinois. Les Romains leur em*

e ceinture. Il longe le quai, s'infléchit sur la plac.' de la Concorde, qu'il traverse en ligne droite du sud au nord. Parvenu au garde-meuble, il suit directement la ruede Rivoli jusqu'à iHôtel-de-Ville. Sa longueur est de près de cinq mille mètres. Sa

lilSTORE DK PAUIS

ne fut qu'au xïii« siècle, en 1211, sous le règne de Piiiiippe-Auguste, que Paris fut pavé. Mais ce ne fut que sous Lou's XIV que le pavé de cette capitale prit la forme régulière qu'il a conservée jusqu'au temps où le raacadamisage est venu le remplacer pour les artères les plus importantes.

Après le macadamisage et l'empierrement des b(julevards intérieurs, la rue de la Barillerie fut l'une des premières voies dans lesquelles on substitua l'empierrement au pavé. Puis, on s'occupa du quai de l'Horloge, sur lequel donnent les fenêtres (le la Cour de cassation. En dernier lieu enfin vint le tour de la Sainte-Chapelle, où siègent d'autres cours. Aujourd'hui, la ligne des quais, la rue de Rivoli, le boulevard Sébastopol, le boulevard Saint-Germain, la rue des Ecoles et les principales artères de la capitale, ont été soumises à la même opération.

Des deux systèmes de macadamisage, celui d'empierrement a prévalu. On commence par étendre sur l'aire de la chaussée une couche de sable rouge de 20 centimètres d'épaisseur, que l'on tasse au pilon, puis on étend dessus la pierraille, que l'on cylindre comme à l'ordinaire.

TÉLÉGRAPHIE ÉLECTRIQUE. La télégraphie électrique fut pour la première fois appliquée à Paris en 1851 pour la transmission des nouvelles. Les ouvriers occupés à poser les réseaux de fils de fer audessus de Paris ne pouvaieut travailler que la nuit, tant à cause de la circulation des piétons que de celle des chevaux et des voitures dans les rues.

Ces faisceaux de fils électriques galvanisés partaient àa la cour des télégraphes au ministère de l'intérieur. Pour établir des communications entre le président de la République et les cabinets des ministres, ils passaient sur les toits et les tours de la nouvelle église Sainte-Glolilde, les bureaux du ministère de la guerre, les hauts pavillons des archives de la Cour des comptes, rue de Lille, devant le palais de la Légioii^d'Honneur, le palais de la caserne du quai d'Orsay; puis, sautant par-dessus la Seine, ils allaient gagner les Tuileries. Delà, ils traversaient la grande galerie du Louvre, s'agrafaient sur le pavillon nord-ouest de ce palais, sautaient our le toit du Théâtre-Français, puis sur ceux de la Bibliothèque impériale, longeaient la rue de Richelieu, et allaient aboutir à la Bourse, où, dès le 10 février

18o2, les nouvelles télégraphiques purent arris-er et être affichées de demi-heure en demi-heure.

Ce système de télégraphie électrique prit en peu de temps à Paris un grand développement, et dans les derniers six mois de 1853, tous les boulevards de la rive gauche de la Seine étaient sillonnés de fils électriques qui, de divers points, pouvaient mettre Paris en co'nmunication instantanée avec les principales villes du royaume et de l'étranger, La rive droite en était déjà dotée depuis deux ans, et nous en avons dit quelques mots en son lieu; mais dans ces derniers temps ce système avait pris une extension qui semblait devoir reculer les bornes du possible. Nous en tracerons ici un petit historique qui pourra servir de jalon aux continuateurs futurs de cette Histoire de Paris.

M. François Arago fut le premier qui reconnut à la pile \a propriété d'airtianter le fer. Cette observation servit de base à toutes les opérations de la télégraphie électrique, horlogerie électrique, et des moteurs dont la force jusqu'alors inappliquée peut, avec le temps, bouleverser la vapeur, qui rend aux temps actuels des services inappréciables,

M. Bréguet, l'un des savante praticiens de l'époque en matière mécanique, fut le premier à faire l'application de la découverte de M. Arago. Les essais, les épreuves coûteuses, le travail, la persévérance, tout ce qui seul peut faire progresser l'art, rien ne fut épargné par M. Bréguet pour doter son pays de cette force et puissance nouvelle. Il appela à son aide AI. Mouilleron, autre praticien distingué, entreprenant par caractère, par passion. Ce dernier comprit que l'art devenait insuffisant, si l'on ne réservait aux sciences le soin d apporter des améliorations et de faire profiter le pays d'une découverte appelée à jouer dans l'avenir un plus grand rôle encore que dans le présent.

Il appela sur ce point l'attention du pays et de l'Etat.

L'Etat adopta le système de télégraphie électrique avec certaines restrictions.

M. Foy en fut nommé le premier directeur. Au ministère de l'intérieur fut établi li^ poste central qui, delà, devait transmettre instantanément sur tous les points de la France les nouvelles du gouvernenient.

Ce fut la une magnifique, mais insuffisante application. Le gouvernement seul

Paris. — T>,p. Lacour, rue Soufflot, IS.

TABrFAl' PHTSIQtJE DE 4820 A 1858

s'en servit pour les nouvelles politiques. Le bon marché, la célérité que promettait ce système, ne profitèreot ni au commerce, ni à l'industrie et l'on parut n'en tenir compte que pour des relations embrassant de grands intérêts privés; la télégraphie électrique pouvait et peut encore devenir une succursale de l'administration des postes. , .

Divers svstèmes télégraphiques ont été

successivement proposes ou mis en application. Le principe delà télégraphie électrique une fois connu, divers praticiens cherchèrent à apporter des perfectionne ments. M. Brett, M. Mors, M. Beno trouvèrent dans leur^ tnvaux des moyens de transmission plus rapides et d'une application plus ou moins facile. De ces divers systèmes, l'un, qui a été en activité, pouvait, suivant les indications dcnnée?^

Ginique de l'École de Médecine.

transmettre à l'extrémité de la ligne une coTvespondance imprimée. C'était un //- Ugraphe-iïhprimeur. On croit lire une fable; mais cet appareil a fonctionné il a été fabriqué par M. Breguel, qui la en sa possession ; mais comme ce mode de transmission était trop coûteux, on a dû y renoncer.

Simplifier étant l'idée principale qui doit diriger le praticien, les appareils ou instruments compliqués, quelle que soit leur importance ou leur savante combinaison, doivent être abandonnés.

Un système simple a été adopté. Un

V I.KYNiniPR

simple cadran, surleqiseï sont gravés les lettres de l'alphabet et les chiffres. Une aiguille qui s'arrête instantanément au gré de celui qui expédie la dépèche sur chaque lettre ou chiffre qu'il veut désigner, tel est tout le système qu'il paraît difficile de rendre plus simple. Si l'on peut espérer d'obtenir des améliorations, ce sera sous le rapport purement mécani que et dans la simplification de l'appareil, mais non sous le rapport de a célérité et de l'exactitude.

Tel a été le but et l'utiiité de tous ces fers galvanisés placés dans toutes les di«

rectioDS sur dos têtes, et qai sillonnent Paris en tant de sens. Tout en se servant de ces appareils ordinaires, l'Etat a néanmoins conservé son ancien système de si gnaux conventionnels, et aux signes connus a substituédes signes hiéroglyphiques.

Tout ce qui. dans la télégraphie électrique, s'applique à la transmission désordres ou des nouvelles, peut s'appliquer à l'horlogerie. Au moment où nous écrivons cet article, nous recevons l'avis qu'une Compagnie se dispose à se mettre en instance auprès du gouvernement pour pouvoir donner dans toutes les maisons de Paris , et au besoin même dans chaque logement, l'heure que donnerait un régulateur placé à un point central. Au moyen de fils électriques, le même principe peut s'appliquer à toutes les villes de l'Europe, à tous les pays du monde, où l'on pourrait instantanément savoir l'heure de Paris partie de Paris.

Il serait à désirer que cette idée, si fertile en conséquences pour la science, fût mise à exécution.

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