PARIS SOUS LA SECONDE RACE
1er. Coup d'œil sur cette dynastie ; incursion des Normands.
Les majordomes (majores domus), ou maires du palais, et les ducs, s'étaient, depuis la mort de Dagobert I^r, empai es du pouvoir souverain , et avaient laissé aux descendants de Clovis un vain titre de roi. Ils parvinrent à les priver de ce titre et à se l'attribuer.
Pépin de Iléristel, duc d'Austrasie, avait usurpé, dans cette contrée orientale de la Gaule, l'autorité suprême. Son fils Charles Martel, par son courage, ses exploits militaires et les services éminents qu'il rendit à son pays, en le délivrant des armées sarrasines, légitima et fit respecter cette usurpation.
En l'an 752, Pépin II , dit le Bref, fils de Charles Mai-tel, en réunissant la Neustrie, mit toute la Gaule sous sa domination. Plus audacieux que ses pères, qui n'avaient porté que les titres de maires du
(1) Becueil des Historiens de France, t. IV, p3.
palais ou de ducs , il se fit proclamer roi, et devint le chef de la dynastie carlovingienne.
Charles dit le Grand, son fils, vulgairement nommé Charlemagne (1), doué d'autant d'audace et d'énergie, d'un génie plus vaste et plus entreprenant, succéda, en l'an 768, à son père Pépin II. En l'an 772, après la mort de son Levé Carloman, il régna seul dans la Gaule et dans ks autres contrées qui en dépendaient. Puis, en l'an 800, ayant étendu ses conquêtes en Europe, il fut, à Rome, proclamé empereur d'Occident et même auguste.
Sous Charlemagne, le gouvernement des Francs s'éleva au plus haut degré de splendeur ; mais, dépourvu de bases solides et d'institutions robustes et nationales, et ne devant son énergie qu'à celle de son chef, ce gouvernement, malgré les changements utiles qu'il éprouva, tomba avec l'homme qui le soutenait. Les mêmes vices qui avaient causé la ruine de la dynastie mérovingienne causèrent celle des carlovingiens.
(1) Son véritable nom est Karle ou Karole.
sous LA SECONDE
Charlemagne voulut fortement l'amélioration de Tetat civil et de l'état moral, voulut réformer leurs désordres et leui^ abus; mais, en combattant les conséquences, il laissa subsister le principe. Il fallait remonter à la source du mal et la tarir; il ne fit que contenir ses effets. Il fallait changer les choses , il ne changea que les hommes: il destitua plusieurs ducs, plusieurs comtes ; il déplaça plusieurs évêques, et leur adressa de vives réprimandes sur leur conduite désordonnée.
Toutes ces tentatives n'eurent que des succès éphémères. Le mal, dont il contint les développements pendant son règne, n'éclata qu'avec plus de force après sa mort. Il aurait où restreindre les pouvoirs de la noblesse, les pouvoirs du clergé, et diminuer ses richesses immenses, souvent très mal acquises et très mal employées, comme lui-même le té-