‹ Histoire de ParisChapitre 54 sur 261 · LOUIS IX 2G · texte numérisé non relu

LOUIS IX 2G

« de tournois et plus. Et li bcnaicz lois « aourna d'or et d'argent, et de pierres « précieuses et d'autres jo'aux, les lieux « et les châsses où les saintes rel.qnes re- « posent. Et croient Icn que les aourne- « menz desdites reliq".cs valent bien cent « mille livres de tourro's et plus (2). •

La nouvelle Sainte-Chapelle fut bâtie sur l'emplneement de l'ancienne chapelle de Saint-Nicolas, ^on'ée par le roi Robert, et réparée en 4 194 par Louis VIL Cette nouvelle chapelle est double eu h deux étages. La chapelle inférieure était f!estinee aux habitants de la cour du Palais. et dédiée à la Vierge (4).

La chaptlie. supérieure, destinée au roi et à ses officiers, portait le titre de Sainte- Couronne et de Sainte-Croix. Elle est •ongue de 36 mètres ou de 110 pieds dnns œuvre, et large de 9 mètres ou 57 pieds. La hauteur des deux étages, dt puis le sel inférieur jusqM'au sommet de l'angle du fronton. est de 36 mètres ou 4 10 pieds. Ainsi la hauteur totale de cet édifice égale sa longueur.

Féhbien, qui écrivait au commencement du dix-huitième siècle, évalue la d> pense de celte chapelle, le prix des reliques et de leurs ornements, à trois millicns, val;.'ur de son temps. Il faudrait aujourd'hui doubler cette somme pour avoir, en valeur actu-lle, la somme exacte des dépenses que ht saint Louis pour cette chapelle et pour les reliques qu'elle renfermait.

Ce roi fît construire^ dans le trésor de cette chapelle, un lieu sur et commode pour y déposer sa bibliothèque, comi osée de livres pieux et notamment des écrits

(1 1 Les rois, les liants barons, les évêques, les abbés, etc., étaient si persuades de leur supériorité sur les hommes vulgair s, qu'ils auraient cru s'avil r et comproint-ttre îeur dignité en priant Dieu dans la n.ein»^ église <,ii priaient les hommes des classes inféri' nres de la société. A Si-.inT-Gern-îiin des-Prés, à ^ainte-Geneviève, à Nutre-Dame et ailleurs, il existait une é:;iise pour le.s seigneurs, et une autre pi ur ceux qu'on nom- Uiîiit les Aillains. On voit, par ce fait, qvie la religion était dénaturée par les jrii.cipta féodaux.

Ce lait rappelle le tr.-it d'un prédicateur d'une naissance noble, qui, tn s'udrci^eant à ?or. auditoire, au lieu de cts mots : chrétiens, mes frères, dit ; caaaille chre.ienne.

•Jes saints Pères, qu'il avait fait copier. Eu 1246, il établit, pour desservir cette église, cinq principaux chapelains, deux niarguiUiers qui devaient être diacres ou sous-diacres, leur assigna des revenus considérables qu'il augmenta dans les années 1248 et 1236. Ces libéralités s'accrurent encore sous les jois ses successeurs.

La flèche ou clocher de cette chapelle ouvrage remarquable par sa hardiesse et sa légèreté, menaçait ruine : on fut obliiié, peu d'années avant la Révolution, de'la démolir.

Dans l'intérieur on voyait, aux deux côtés de l'entrce du chœur, deux autels décorés de deux tableaux en émail, divisés chacun en plusieurs sujets représentant la passion de Notre-Seigneur. Au bas de l'un de ces tableaux étaient la figure en pied de François 1er et celle de Claude, son épouse; au bas de l'autre celles de Henri II et de Diane de Poitiers >a maîtresse. "'

Ces émaux précieux, qu'exécuta Léoliard de Limoges, d'après les dessins de 1 nmalice, ont été transférés au Musée des monuments fiançais.

Sur le principal autel s'élevait une chasse ayant, en petite proportion, la forme exacte de l'édifice de la Sainte- Chapelle. Elle était de vermeil, enrichie de pierreries, et contenait, à ce quil parait, les ossements de saint Louis

Derrière était une autre châsse plus grande, en bronze doré, près de laquelle on arrivait par deux petits escaliers? Llie contenait toutes les rehques que saint Lcuis acheta de l'empereur Baudouin.

, Un voyait, dans cette même chapelle a gauche en entrant, un bas-relief repré-

Gl!ZV'in^'''^' ^' pit.é, du célèbre ^eiman Pilon ouvrage endommagé par la^^negligence de ceux qui reparèrent cet

Dans la chapelle inférieure, qui servait

Je paoïsse aux domestiques des chape-

;' \ chanoines, et autres habitants

mCt'"'^'''""' f-^ enterre Niçois

pctte^ du règne de Louis XIV mort

mille '"' "'''^^''' de sa fa-

Le trésor de la Sainte-Chapelle renfer-

nait une grande croix de (ermeil que

Henri III ht fabriquer, dans laquelle étLit

un morceau de bois de la vraie croix ; le buste de saint Louis, couronné, grand comme nature, tout en or, enrichi de'pierreries et soutenu par deux anges de vermeil; le bâton du chantre de cette chopelle, orné d'une agate gravée, représen- , tant le buste de l'empereur Titus On j ajouta à ce bas-relief antique deux bra^; j en vermeil ; dans la main de l'un on mit une couronne d'épines, et -dans celle de 1 autre une croix; ainsi Titus fut métai morphosé en saint Louis.

) On voyait aussi des livres d'église dont I les couvertures étaient enrichies d'or et de perles, un calice d'or avec sa patène de ^ même métal, deux burettes en cristal de i roche; une grande croix tout en or, cou- ! verte de filigrane et de pierres précieuses : richesses stériles, luxe déplacé, qui ne pouvaient inspirer que de fausses idées :sur les principes de la religion chré- , tienne.

I Ce trésor contenait uu objet plus cu- ! rieux, plus intéressant pour les amis des jarts, pour les naturalistes et les anti- ; quaires; je veux parler du célèbre camée en agate-onyx. On ne connaît point, dans ! le monde savant, de camée dune aussi grande dimension : sa forme ovale a de longueur près d'un pied, sur dix pouces , ae largeur. 11 représente entre autres sujets, 1 apothéose de l'empereur Auguste gravée en reliet, et composée d'un grand I nombre de figures. Ce fut Charles V qui croyant voir dans ce bas-relief un smet chrétien, le donna à la Sa in te- Chapelle après avoir fait border cette antiquité I précieuse d'un cadre où l'on plaça de prétendues rehques et les figures des quatre ! evangehstes. Ce n'est que fort tard, et ^ sous Louis XIII. que le savant Peiresc pour la première fois, reconnut le mérite j emment et le véritable sujet de celte jpierre : elle est gravée dans plusieurs recueils d antiquités. Pendant liucendie qui .se manifesta au Palais le 7 mars 1618 I eue tut malheureusement rompue en deux parties Elle a été réparée, et on la voit aujourd hui dans le cabinet des antiquités ae la Bibliothèque royale (1).

(1) Ce beau camée, dont le rare mérite fut longtemps méconnu, brisé dans un incend.e, transféré au cabinet des antiquités de la Bibliothèque i ovale, y fut, en 1810 enlevé pendant la nuit par des voleurs Oa parvint à le recouvrer.

Page 1