‹ Histoire de ParisChapitre 66 sur 261 · SCEAU · texte numérisé non relu

SCEAU

Armoiries des diverses ris conservèrent encore, dans cette église quelques prérogatives. '

Un tableau représentant un crucifix, {>eint par Lebrun, ornait le grand autel de cette église. Sur le portail étaient nichées quelques statues de saints, parmi lesquelles on distinguait celle de saint Genest, vêtu comme les ménétriers du quatorzième siècle, et dans l'attitude d'un homme qui joue du violon (1).

il) M. Barbasan, dans son Traité de l'ancienneté (^eo rhamons françaises, traité qiii pré II DULAURE.

fJrffi'7-£,'<

corporations de Paris.

Cette église, démolie au commencement de la Révolution, est remplacée par une maison particulière.

Chapelle de Salnt-Yves, située rue baint-Jacques, au coin de celle des \overs Elle fut fondée, en i348. par les écoliers bretons étudiant à Paris.

Saint Yves, qu'on nommait l'avocat de^ pauvres, devint le patron des avocat,- et

cède les Poésies du rot de Natarre, tom. 1, pag. 253, a placé la gravure de cette statue.

des procureurs, qui établirent une confrérie dans cette chapelle, et en furent les j administrateurs.

1 Cet édifice était d'une construction éléi gante : son portail offrait les statues de ' Jean VI, duc de Bretagne, et de Jeanne de France, son épouse.

Un marchand de papiers, acquéreur de cette chapelle, l'a fait démolir en 4796, en a vendu les matériaux, et a laissé longtemps l'emplacement vide. On y a fait élever, en 1817, une maison particulière. Collège de Marmoutier, situé rue Saint-Jacques, à côté du collège du Piessis, dont il a été parlé. Il fut établi par le même fondateur, Geoffroi du Plessis, qui, en 1329, donna quatre maisons qu'il possédait, dont trois étaient placées rue Saint-Jacques, en faveur des écoliers que le couvent de Marmoutier envoyait à Paris pour y faire leur cours d'étude. Dans la suite, la réforme, introduite dans l'abbaye de ISIarmoutier, rendit ce collège inutile. Les 'Jésuites, en 4637, l'achetèrent {)our agrandir l'emplacement de leur colége de Clermont, qu'ils nommaient Collège de Louis le Grand.

Collège d'Arras, situé rue d'Arras, n» 4. 11 fut fondé, vers l'an -1330, par Nicolas le Cauderlier, abbé de Saint-Waast d'Arras, pour quelques pauvres écoliers de cette ville. Il était d'abord situé rue de la Charrière, et fut depuis transféré rue d'Arras, près la rue Saint-Victor : en 1763, on le réunit au collège de Louis le Grand. Ses bâtiments furent depuis occupés par des particuliers.

Collège de Bourgogne, situé rue des Cordeliers, ou rue de lEcole-de-Médecine, et sur l'emplacement qu'occupe aujourd'hui cette école. Jeanne de Bourgogne, reine de France, comtesse d'Artois et de Bourgogne, épouse de Philippe de Valois, donna, par son testament de l'an 1332, son hôtel de Nesle, pour que le prix provenant de sa vente fût employé a la fondation d'un collège destiné aux pauvres écoliers séculiers ou réguliers du comte de Bourgogne, qui voudraient étudier à Paris. Les exécuteurs testamentaires achetèrent une maison située vis à vis le couvent des Cordeliers, qu'ils appelèrent la Maison des écoliers de madame Jeanne de Bourgogne, reine de France. Suivant l'intention de la fondatrice, on devait uniquement y professer la philosophie. Chaque écolier n'eut d'abord, pour sa nourriture

et son entretien, que trois sous par semaine. En '1536,1e parlement porta cette somme à cinq sous; et, en 1688, à trois livres dix sous.

Ce collège fut, en 1764, comme beau- ,- i coup d'autres, réuni à l'Université. C'est sur son emplacement qu'en 1774 fut commencé l'édifice très remarquable de l'Ecole de chirurgie, devenue, dans ces derniers temps, Ecole de médecine.

Collège des Lombards, situé rue des Carmes, n» 23. Il fut, en 1334, fondé par plusieurs Italiens, qui voulurent que ce collège reçût le nom de Maison des pauvres éscoliers italiens de la charité de Notre-Dam.e, et que onze boursiers y fussent enseignés et nourris. André Ghini de Florence, évèque d'Arras, un des fondateurs, donna, pour établir ce collège, sa maison, située au mont Saint-Hilaire.

Des Espagnols, au moyen sans doute de quelques fondations nouvelles, s'adjoignirent, dit-on, aux Italiens de ce collège, qui, dans la suite, fut presque entièrement ruiné et déserté. En 1681 , le gouvernement en donna l'emplacement à deux prêtres irlandais, iNïalachie Kelly et Patrice Maginn, qui firent entièrement reconstruire les bâtiments et la chapelle. Cette maison, devenue à la fois collège et séminaire, dépend aujourd'hui du collège des Irlandais, Anglais et Écossais réunis.

(Voyez - ci après Séminaire des Irlandais.)

Collège des Écossais, situé d'abord rue des Amandiers, et depuis rue des Fossés-Saint-Victor, nos 25 et 27. David, évèque de Murray en Ecosse, avait placé quatre boursiers écossais au collège du cardinal Lemoine. Jean, évêque de Murray, son successeur, par acte du 8 juillet 1333, lui succéda aussi dans ses droits à cette fondation. Il retira ces boursiers du collège du cardinal Lemoine, et les plaça dans une maison, rue des Amandiers, qui fut érigée en collège. Dans la suite, Jacques de Béthun, archevêque de Glascow et ambassadeur d'Ecosse en France, forma une communauté de prêtres écossais, forcés par les événements politiques de quitter leur patrie. Le 29 août 1639, farchevêque de Paris réunit cette communauté au collège de la rue des Amandiers ; et, en 1662, Robert Barclay, qui en était principal, acheta un emplacement sur les fossés Saint-Victor, et y fit bâtir une maison aui a réuni la double destination de sémi-

naire et de collège. {Vo^qz Séminaire des Ecossais.)

Collège de Tours, situé rue Serpente, no 7. 11 fut fondé en 1334, par Etienne de Bourgueil, archevêque de Tours, pour un principal et six écoliers, auxquels il assigna trois sous par semaine pour leur nourriture. Il donna pour cette fondation plusieurs biens, et notamment une maison et son verger, situés rue Serpente, ainsi qu'une chapelle qu'il avait fait bâtir dans une maison voisine.

Dans la suite, quelques nouvelles fondations procurèrent de l'accroissement au nombre des boursiers. En 1340, la somme de trois sous par semaine paraissant insuffisante pourchacun d'eux, on l'éleva jusqu'à sept sous, et on accorda au principal dix sous six deniers. Ce traitement fut encore augmenté : en 1363, ont donna vinstdeux sous six deniers au principal et quinze sous aux écoliers. Peu de temps après, le principal eut trente sous par semaine.' et les écoliers vingt sous. Cette augmentation progressive dans ces traitements résulte de l'abondance et de la dépréciation du numéraire au seizième siècle, après la découverte de l'Amérique. On remarque le même accroissement dans les traitements des autres collèges.

Celui-ci subit le sort de plusieurs autres : il fut, en 4763, réuni à l'université. Collège de Lisiecx. situé rue Saint-

foo^"^^^^^^^'^^^''^°^-' il fut fondé, en J336, par Guy de Harcourt, évêque de Lisieux, qui laissa par testament la somme de mille livres parisis pour l'enseisnement et la nourriture de vin st-quatre "pauvre^ écoliers, et cent livres "parisis pour leur logement. Ce collège fut d'abord établi dans la rue aux Prêtres, près Saint-Sevenn. De nouvelles fondations, faites par troi^ treres de la maison d'Estouteville ^n accrurent les revenus, et facilitèrent la construction de nouveaux bâtiments dans un lieu plus convenable, rue Saint-Étiennedes-Gres,sur la montagne de Sainte-Gène vieve.

Ce collège, qui n'était doté qu'en numéraire, lors de sa dépréciation, devint pausTe; on fut obligé de diminuer le nombre des boursiers.

^ En 1764, a fut transféré dans la rue bamt-Jean-de-Beauvais, et placé dans 1r local du collège de Dormans. Se^ bâtiments ont, depuis la révolution, servi de caserne.

sous PHILIPPE VI

Ce fut dansson église, le 1er septembre 1813, qu'on installa la premier? école d'enseignement élémentaire d'après la méthode de Lancaster. Cette école v subsiste toujours: elle est considérée comme l'école-mère de toutes celles de ce genre qui sont établies à Paris.

Collège d'Autux, situé rue Saint- André-des-Ars, no 30. Il fut fondé, en 1337, par Pierre Bertrand, évêque d'Àutun, qui donna sa maison et autres biens pour l'instruction et l'entretien de quinze écoliers, natifs des diocèses de Vienne, du Puy et de Clermont. Ce collège reçut les bienfaits de plusieurs autres personnes,

et fut, en 1764

réuni au collège de

Louis le Grand. Sur son emplacement a été bâtie une maison particulière 'I).

Collège de Hubaxt ou de CAve Maria, situé rue de la Montai^ne-Sainte- Geneviève, no 83. Il fut fondé, en 1339, par Jean de Hubant, président de la chambre des enquêtes à Paris. Ce fondateur mit dans cet établissement plus d'ostentation que de générosité. Les biens qu'il lui assigna furent insuffisants ; mais il fît orner avec beaucoup de faste la porte de ce collège. On y voyait, en lettres d'or, ces mots: Ave, Maria, les statues de la Vierge, de saint Jean-Baptiste, de saint Jean l'Evangélisfe, même celles de six enfants destinés à être enseignés dans ce collège. Ces enfants devaient y être admis a l'âge de huit à neuf ans, "et v rester jusqu'à celui de seize ans. Ce collège, trop faiblement doté, ne put se soutenir longtemps. Il fut. en 1767, réuni à celui de Louis le Grand. Ses bâtiments sont depuis devenus propriété particulière.

Collège de Mignon, situé rue de ce nom, no 2. H fut fondé, en 1343, par Jean Mignon, archidiacre de Blois, pour

douze écoliers de sa famille. La fondâ.xuu suspendue par la négligence des exécuteurs testamentaires, n'eut son effet qu'en 1333. Ce collège fut réformé en 1339 donné ensuite aux religieux de Grandmont, et rebâti en 1747. Supprimé dans la suite, il fut occupé par des particuliers Il servait, en 1820. de dépôt aux archiver du trésor royal. Il fut ensuite occupé par

(1) ^ 21 avril 1530, un prêtre, nomm^ FierrePoncet, assassina, dans ce collecte le curé de Mém et son valet. H fat pris? dégradé et brfllé vif, après avoir en le poinœ coupé. '^

BIgTOIRS DE PARIS

l'imprimeur de l'Almanach royal. Il a depuis été vendu.

Collège de Ghanac ou de Saint-Michel, nommé aussi de Pompadour, situé rue de Bièvre. 11 fut fondé vers l'an 132i, par Guillaume de Chanac, évêque de Paris et patriarche d'Alexandrie, de la famille de Pompadour en Limousin, qui donna cent livres de rente pour la nourriture et l'instruction de dix ou douze écoliers de cette province, sa bibliothèque et de plus les ornements de sa chapelle, dédiée à saint Michel. Les dotations de ce collège, quoique augmentées successivement, suffirent à peine à l'entretien de six écoliers. Elles ne consistaient qu'en rentes numéraires, qui diminuèrent de valeur en raison de la dépréciation de l'argent. Ce collège fut, en 1763, réuni à l'Université.

Collège de Cambrai, situé sur la place de Cambrai. Trois évêques, Hugues de Pomare, évèque de Langres, Hugues d'Arci, évêque de Laon, et Guy d'Aussonne, évêque de Cambrai, furent les fondateurs de ce collège, qui porta le nom deTrois-Evêques, et qui reçut ensuite celui (le Cambrai, parce qu'en 1348 il fut bâti &ur l'emplacement de la maison de l'évêque de cette ville, un des fondateurs. Sept «écoliers à six sous par semaine, un principal et un procureur, plus grassement rétribués, composèrent d'abord cet établissement. En 1610, ses bâtiments furent en partie démolis, et l'on commença à élever à leur place ceux du Collège Royal ou Collège de France, fondé par François P'",^et dont nous parlerons dans la suite.

Le collège de Cambrai ne fut pas alors supprimé : une partie de ses bâtiments subsistait encore sous le règne de Louis XIV. Ce roi, pour le dédommager des pertes qu'il avait éprouvées, y fonda, en 1688, \ine chaire de droit français; mais en 1774, et dans les années suivantes, il fut, ainsi que celui de Tréguier qui l'avoisinait, entièrement abattu, pour faire place aux bâtiments du collège de France qu'on voit aujourd'hui.

Collège d'Aubusson. Sa situation est peu connue: il paraît qu'il n'était pas loin de la partie occidentale de la rue Saint-André-des-Ars. L'abbé de Saint- Germain-des-Prés, toujours en querelle avec l'Université, lui avait enfin cédé, entre autres propriétés, un chemin de

dix-huit pieds de large à travers la terre d'Aubusson; et, en 1348, l'Université céda ce chemin au collège d'Aubusson :

ou ne sait rien de plu3 sur cet établissement.

Collège de Ma^^re Clément, situé rue Hautefeuille, dans une maison autrefois nommée Pot-d'Etain, fondé, en 1349, par Robert Clément. Les biens qu'il laissa pour cette fondation ne produisirent que 18 livres de rente. Ce pauvre collège fut, dans la suite, réuni à celui de Maître Gervais.

Page 1