HÔPITAL OU HÔTEL DES PAUVRES FEM
:^!ES ^'EL•YES, situe rue de Grenelle-Saintilûnore, fondé vers l'an 1425, far un nommé Chénard et Catherine Duhomme.
en faveur de huit pauvres veuves. Sur le portail se voyaient les statues des fondateurs. Cet hôpital n'existe plus. Un culde-sac de la rue de Grenelle porte le nom de l'Hôtel des Femmes.
Collège de La Marche, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, n^ 37, f^-nde en 1420 par Guillaume de La Marche et parBeuve de Vinville, Jean de LaMaiche,. oncle de Guillaume, avait, dès l'an 1362, commencé Cct établissement en prenant a location des bâtiments d'un ancien collège, dit de Constantinople, fonde par Pierre, patriarche de cette métropole, el situé dans le cul-de-sac d'Amboise. Ce collège n'avait alors qu'un seul boursier, et portait le nom de Petite-Marche.
Guillaume de La Marche, mort eu 1 420, légua une grande partie de ses biens pour l'accroissement de ce collège. Son exécuteur testamentaire, Beuve de Vinville. acheta dans la même année une maison située Montagne-Sainte-Geneviève, appartenant à des religieux de Senlis, y fit con- .struire des bâtiments propres a un collège, y fonda six bourses pour six pauvres écoliers : quatre de La Marche, et deux de Rcsières-aux-Salines, de Lorraine. Ils •levaient avoir chacun six sous par sen.aiue. 11 y établit aussi un chapelain, dont le tiaiiement était, par semaine, de huit sous; il y réunit le collège de la Petite-Marche. Dans la suite, de nouvelles fondations augmentèrent le nombre des bouisiers, il seleva jusqu'à vingt-un. Ce collège, qui avait acquis de la célébrité, devint, après la révolution, propriété particulière.
Collège deSéez, situe rue delà Harpe.
sous CHARLES VII 125
n'^ 80, fut, en 1427, fondé par Grégoire Langlois, évèque de Séez, en faveur de huit écoliers, dont quatre devaient être du diocèse de Séez. et quatre de celui du Mans. On en reconstruisit les bâtiments en 1730, et, en 1763. on le réunit à l'Uni\ersité. Ce collège est représenté aujourd'hui par l'hôtel de Nassau.
IV. Paris sous Charles VIL — Siège de cette \ille par la Pucelle d'Orléans.
Grâce au patriotisme d'une jeune paysanne, au prestige qui s'attacha à ses actions extraordinaires et à l'énergie du comte de Richemond, qui, mécontent des Anglais, abandonna leur parti pour embrasser celui des Français, Charles VII, qu'on nom.mait. par dérision, le roi de Bourges, parvint à ramener la fortune sous ses bannières ; mais ce ne fut pas sans avoir tenté plusieurs entreprises inutiles. Il dirigea contre Paris, que possédaient les Anglais, une armée où commandait Jeanne d'Arc, dite la Pucelle. Le 8 septembre 1 429, cette armée, composée d'eLviron douze mille hommes, commença, vers les onze heures du matin, par assaillir ia muraille entre les portes Saint-Honoré et Saint-Denis. L'attaque fut vive et dura quatre heures. L'armée- du roi de France, accueillie par les traits nombreux et par les canons placés sur les remparts, se retira. Les soldats de cette armée em- 1-ortèrent leurs morts, et les déposèrent dans la grange des Mathurins, près des Porcherons; puis ils mirent le feu à cette grange pour s'éviter la peine de les enterrer. La Pucelle fut blessée par un trait qui lui traversa la jambe, et celui qui portait son étendard fut frappé au pied, puis entre les deux yeux, et mourut (i).
(1) Voici comment l'auteur du Journal de Paris, sous les règnes de Charles VI et Charles VII, rapporte cette entreprise : M Commencèrent à assaillir entre la porte a Saint- Honoré et la porte Saint-Denis, et .< fut l'assaut très cruel; et en assaillant .' disoient moult de vilaines paroles à ceux " de Paris ; et là estoit leur Pucelle à tout « (avec) son estendard sur le conclos du .. fossé, qui disoit à ceux de Paris : Fvcn- *t dez-Yous, de par Jésus, à nous tost, car, « se vous ne vous rendez avant qu'il soit " lanuit, nous y entrerons par force : veuii- " lez ou non, et tous serez mis à mort sans
Le 1 3 avril 1 436 , le comte de Richemond, connétable de France, et le comte de Dunois, secrètement favorisés par plusieurs habitants de Paris, entrèrent sans peine dans cette ville. Les Ani^lais, pris au dépourvu, périrent sous le fer vengeur.
Quelques-uns, avec le capitaine WillDi, se réfugièrent dans la forteresse de la Bastille, et furent bientôt obligés de se rendre par composition.
" merci. Voire (vraiment), dit un, pail- « larde, ribaude, et trait (tire) de son arba- M lestre droit à elle, et lui perce la jambe " tout outre, et elle de' s'enfouir. Une autre « perça le pied tout outre à celui qui poru toit sou estendard ; quand il se sentit na- « vré, il leva sa visière pour veoir à ôtii « le vireton (trait d'arbalète) de son pied; « un autre lui trait (lui tire) et le saingne « entre les deux yeux et le navre à mort, M dont la Pucelle et le duc d'Alençon jurèu rent depuis que mieux ils aimassent avoir « perdu quarante des meilleurs bommes «i d'armes de leur compagnie, etc. » {Jour- Tial de Paris, pag. 126.)
Martial d'Auvergne, procureur à Paris, qui a composé une cbronique rimée des événements de ce temps, et qui était inspiré par un parti différent, parle aussi de cette attaque de "Paris. 11 dit que, le roi étant à Saint-Denis, son armée vint caïxper à la Chapelle, et de là au moulin à veut, où il y eut une vive escarmouche, qu'ensuite cette armée, s'approchanc de Paris, vint à Mousseaux, puis s'embusqua derrière une montagne voisine du Marché aux Pourceaux.
(Cette montagne ne peut être que la butte Saint-Roch, au-dessous de laquelle était ce marché. )
Alors les troupes attaquèrent un petit bouîevart (petit bolie vert), et le combat s'engagea :
D'un coté et d'autres, canons Et coileuvriiifs si ruoieiit, Et ne voya t-cii qu'emiiaiions De flècbes qui en l'air liroient.
Addiicqui s Jehaiiue la pucelle Se mis t ilaiis rarnèri--fos»é.
Où iisii de besogner merveille D'un cou ragp en ardeur dressé.
Un virtion que l'en tira, La viul à la jauibi; asséner, El<6i point n'. Il dé?eiiipara.
Ne ne s'en vouli i.ncques tourner.
bois, liuls, faguib fai,oii gèler, El ce qu tbioit i)o:,Mble au luonde.
Pour cuidiT s,ur le- murs monter ; Mais l"eau esioil trop purfoude.
I,ps seigneurs et gens de façon.
Lui niandèi eut s'en revenir, El y fui le duc d'Alcn(,on Pour la contraindre à s'en venir.
Charles VII, après avoir prisMontereau fit, le 12 de novembre 1437, son outtL. solennelle à Paris, où il fut reçu au milieu des fêtes. Sur son passage on avait établi des théâtres, où, suivant le goût du temps, on jouait des mystères, parmi lesquels se faisait remarquer le Combat aes Sept Péchés j:apitaux contre les Trois Vertus théologales et les Quatre Vertus cardinales.
Voluptueux, faible, indolent, Charles VII se laissa, pendant le cours de son règne, diriger par ceux qui l'entouraient. Les vagues des événements qui l'avaient éloigné du trône l'y reportèrent sans beaucoup d'efforts de sa part. Les seigneurs qui concoururent à son rétablissement exercèrent sur lui un puissant ascendant. Ils assassinaient ses ministres, ses favoris, sans que ce monarque osât les venger ou s'en plaindre (4).
Alors la Pucelle se rendit à l'égUse de l'abbaye de Saint-Deris, et à la manière des anciens, elle y appenditles armes dont elle s'était servie dans les combats. Le roi s'était x-etiré en Berri, les Anglais reprirent Saint- Denis, et se saisirent de ces armes consacrées. Voici ce que dit notre écrivain de cet attentat des Anglais :
Les armures de la Pucelle
Ylà vindrenl prendre et saisir.
Par une vengeance cruelle, El en iirent à leur plaisir.
(Lss Vigiles de Charles VII, l" partie, p. 113, iU.)
Les Mémoires de la Pucelle d'Orléans s'accordent assez bien avec le récit de Martial d'Auvergne : on y voit seulement que la Pucelle, voulant, avec sa lance, sonder la profondeur du fossé, reçut un coup de trait qui lui perça les deux cuisses, ou au moins l'une. {Collection de Mémoires, t. VII, pag 180.) Toutefois ces mémoires, qui ne sont pas du temps de la Pucelle, méritent peu de confiance.
(1) En janvier 1426, le comte de Richemond, connétable de France, le sire de La Tremoille, le sire d'Albret vinrent à Issoudun pendant la nuit, enlevèrent le sieur de Giac, favori du roi, et, sans lui laisser le temps de se vêtir, le firent monter sur un mauvais cheval, et peu de temps après le firent noyer. Le comte de P.ichemond, un des principaux auteurs de ce meurtre, épousa la veuve de Giac. (Histoire de Charles VU, par Denis Grodefroi, pag. 374 et 752.)
Le sire de la Trémoiile et le coiute '^ Richemond firent tuer, l'année sxiivaute
socs CHARLES VII
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Il devint souvent le complice de leurs attentats, en les tolérant, et quelquefois en y participant. 11 sut. à quelques ciiards, profiter des leçons du malheur; mais ces leçons ne lai doniiërent jamais la force de réprimer totalement les projets séditieux, ci (ie punir les excès de la noblesse, qui, à la faveur des troubles de son règne et du règne précédent, avait acquis un grand ascendant et repris ses désastreuses habitudes.
Les institutions établies à Paris sous son règne sont rares, ou plutôt on n'en connaît point. Il y eut des fêtes et de longue-; fi!-;;ines, des impôts excessifs, des enti c- triomphales, des disputes animées et ini aissables entre l'Université de Paris et les moines mendiants : de belles processions, mêlées de mystères ; des querelles et des combats entre les écolier; et les bourgeois.
Charles VII, en l'an 1446, s'était retiré à Mehun-sur-Yères : le 22 juillet 1461, il y mourut^ pour s'être, suivant quelques écrivains du temps, abstenu trop longtemps de manger, dans la crainte d'être empoisonné par les agents de son îîls.
Le seul changement qui intéresse Paris résulte de la donation faite par Charles Vil à Fiançais I«r, comte de Richemond, duc de Bret-agne, de l'hôtel de Nesle, pour le récompenser des services qu'il lui avait rendus pendant ses guerres contre les Anglais: e;!e me fournit l'occasion de parler de cet hôtel.
L'HÔTEL DE Nesle, en latin nommé Nigella, occupait l'emplacement du collège Mazarin, de Thôtel de la Monnaie et autres lieux coniigus. Ses bâtiments et jardins étaient à peu près circonscrits par les rues Mazariue, de Nevers et le quai Conti , autrefois nommé quai de Nesle.
A l'extrémité occidentale de cet emplacement, à l'iingle formé parle cours de la Seine et le fossé de lenceinte de Philippeun autre favori du roi, appelé Camus de Beaulieu. gentilhomine d'Auvergne. Ce fut le maréchal de Bossac qui se chargea de rexpédition. (/dem, pag. 374, 752.)
Jacques Cœur, le Frauçais le plus remar quable, le seul grand homn.e de cette époque, qui rendit des services éminents à Charles VII, fnt, en 1453, ezilé de Frauce et dépoui le de ses grands biens par la noblesse de la cour.
Auguste, étaient la Porte et la Ton- de Nesle.
La Porte, espèce de bastille, qui existait encore sous le règne de Louis XIV, se composait d'un édifice flanqué de deux tours rondes, entre lesquelles était la porte de ville ; on y arrivait à travers le fossé, très large dans cet endroit, sur un pont formé de quatre arches.
La Tour de Nesle, située à quelques toises, et au nord de cette porte, était ronde, très élevée, et accoup'ée à une seconde tour plus haute, moins forte en diamètre, et qui contenait l'escalier à vis.
Cette tour correspondait à une autre tour pareille, placée sur la rive opposée, qui s'élevait à peu de distance du château du Louvre, à l'angle de la muraille de Paris, et qu'on nommait la Tour qui fait le coin. Dans des temps de danger, une chaîne de fer, dont une extrémité était fixée à la Tour de Nesle. traversait la Seine ; et, soutenue de loin en loin par des bateaux, allait se rattacher à la Tour qui fait le coin,^t ferm.ait, de ce côté de la rivière, l'entrée de la ville de Paris.
Cette tour et cette porte étaient nommées dans l'origine tour et porte de Philippe Hamelin : elles changèrent de nom; à cause de leur voisinage de l'hôtel de Nesle.
L'hôtel de Nesle est fameux par les crimes d'une reine de France, dont j'ai parlé dans le chapitre précédent (1).
Cet hôt^l, renfermé dans l'enceinte de Philippe-Auguste , appartenait à Amauri de Nesle, qui, en 1308, le vendit à Philippe le Bel, pour la somme de cinq mille livres; il passa à Jeanne de Bourgogne, épouse de Philippe le Long : cette princesse, par son testament, en ordonna la vente pour que le prix en fût appliqué à la fondation d'un collège qui fut appelé collège de Bourgogne. Dans la suite, cette propriété passa au duc de Berri, qui fit agrandir les bâtiments. Trouvant les jardins trop circonscrits, il leur adjo gnit, en 1385, .<«pt arpents de terre, situés audelà des fossés de la ville; et, pour établir la communication, il fît construire un pont sur le fossé. Cette partie extérieure fut, nommée petit Séjour de Nesle.
Charles VU, par lettres du 24 mai 1446, donna, comme je l'ai dit, cet hôtel à François 1er, duc de Bretagne. Ce duo élant
(1) Foye- ci-dessus, Tableau moral.
mort sans enfants mâles, cette propriété revint à la couronne.
Henri II, en lo52, vendit l'hôtel de Nesle à quelques particuliers : alors, sur son emplacement, s'élevèrent diverses constructions, telles que l'hôtel de Nevers, l'hôtel de Guénégaud, qui depuis a reçu le nom de Conti. La porte, la tour, et ce qui restait de l'hôtel de Xesle furent démolis en 1663, pour faire place au collège Mazarin.
Aqueducs et Fontaines. J'ai parlé des aqueducs de Belleville, du Pré-Saint-Gervais et des trois fontaines qui, sous le règne de Philippe-Auguste, abreuvaient la partie septentrionale de Paris. Dans la suite, l'accroissement de la population et une i)lus grande étendue donnée à l'enceinte de Paris en firent établir un plus grand nombre ; mais elles ne furent pas toutes publiques • les rois firent une infinité de concessions à des maisons particulières, tellement que les fcntaines de la ville tarissaient. Charles VI fut obligé de remédier à cet abus, en révoquant, en f392, toutes les concessk)ns, excepté celles dont jouissaient le château du Louvre et les hôtels des princes de son sang. Cette révocation procura pendant quelque temps de l'eau aux fontaines publiques ; mais bientôt, par l'effet des dégradations survenues à l'aqueduc de Belleville, elles cessèrent d'en îournir. Kn l4o7, cet aqueduc, par ordre du prévôt des marchands, fut réparé. Cette réparation est attestée par une inscription en rimes gravée sur un des regards de cet aqueduc. La voici :
Entre les mois (bien me remembre) De mai et celui de novembre, Cir.(iiiDi)te sept mil quatre cenU, Ôu'e^toit lor» prevosl des marchands De Paris, lioiiorable bomme, Maislre Matliitu, qui en somme Esiûit surnommé de Kaiii-rre, El que Galie, inaistre Fiene, Siie Philippe aussi Lalleniaiit, Le bien public fort aimant.
Sire Michel qu'en seurnom Avoit d'une graiiche le nom, Et sire Jacques de Higueville, Le bien désiraiil de la ville, Estoieni d'icelle èchevins; Firent trop plus de quatre-vingts Et seize toiies de celle œuvre Kefaire en briet' temps et heure ; Car, si brièvement on ne l'eusl fa t, La fontaine isiieesloit.
Les rois continuèrent encore k concéder aux particuliers des prises d'eau, que, dans la suite, ils furent obligés d'abroger lorsque les fontaines publiques tarissaient.