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partie de leurs travaux, et fit des mécontents

D'autre part, l'imprimerie, favorisée par les rois Louis XI et Louis XII, ne le fut pas de même par François 1er. L'éclat que jetait ce nouveau fanal blessait les yeux de plusieurs et inquiétait beaucoup ceux qui vivaient d'abus. François 1er écouta les plaintes, et partagea les inquiétudes des faibles et des mécontents ; et ce prince, qu'on a surnommé le père des lettres, se montra l'ennemi du moyen le plus propre à les faire fleurir. Le 13 janvier io33, il ordonna la suppression entière des imprimeries de son royaume, prohiba l'impression de toutes espèces de livres, sous peine de la hart.

Le 23 février suivant, sans doute d'après plusieurs représentations, il suspendit l'effet de cette ordonnance tyrannique, ordonna au parlement de lui présenter vin,^t-quatre personnes, desquelles il en choisirait douze, qui seules pourraient dans Paris imprimer des livres approuvés et nécessaires, et non des compositions nouvelles (1).

Ainsi, aucun nouvel ouvrage ne put être publié sans encourir la censure parlementaire. On vit le président Lizet dénoncer, au 4 mars 4 338, et faire proJ;iiber par la cour du parlement le livre intitulé Cymbalum imuidi, et en 1540 cette cour piohiberles livres suivants: EnchiriUium militis chri^ticmi, par Erasme; De corrigendis studiis, par Mélanchton ; De christiana studiosœ juvejitutis, par HangenDorphan ; De doctrinaetinstilutione puerorum, etc. On poussa la précaution jusqu'à défendre et empêcher la publication des traductions, en français, des li- ^ vres saints, de la Bible, des prières, des psaumes : tant les hommes intéressés au maintien des ténèbres et des abus étaient " effrayés du progrès des lumières !

Si l'imprimerie, arrêtée, contrariée dès son enfance, a triomphé des obstacles que lui opposèrent de nombreux et puissants partisans de la barbarie, elle en triomphera encore aujourd'hui qu'elle a acquis toute la force de la virilité.

La découverte de l'imprimerie fut célébrée par Jean Molinet. dans sa Chronique. J'ai vu, dit-il,

(1) Registres manuscrits du parlement de Paris, BOUS l'année 1535, 13 janvier et 23 février.

J'a\ \fn grant miilliludt De livri'S miprinipz, Wf.iv lirpr en esUi<le Povrws mal arseiiît'z.

Par ces iiouvellfs m des, Aura maiiu l'colitT, Dérrets, Bibles el Codes ; San» giaiil argent baïUer (\].

Ecoles de Médecine, situées rue de la Bùcherie, n' 13. Ou enseignait la médecine dans l'Université de Paris; mais cette science très peu avancée, et souillée d'erreurs et de pratiques magiques, n'avait point d'école spéciale. En 1469, l'Université , assemblée à Notre-Dame , décida que, pour fournir un local propre à l'enseignement de la médecine, il serait acheté une vieille maison appartenant aux chartreux, et située rue de la Bùcherie. Cette acquisition se fit moyennant dix livres de rente que l'Université promit de payer à ces religieux. La construction du bâtiment des écoles , commencée en 1472, fut terminée en 1 477. On crut nécessaire d'y joindre une chapelle , qui , construite en 1499, démolie en 1529, fut reconstruite quelque temps après.

Les professeurs et les écoliers, suivant l'ancien usage, étaient ou devaient être prêtres; on les nommait physiciens, mires, quelquefois médecins.

En 1474, les médecins de cette école firent une expérience utile à l'humanité et aux progrès de leur science.

Ils représentèrent au roi Louis XI que plusieurs personnes attaquées de la maladie de la pierre périssaient sans guérir, et demandèrent qu'on leur livrât un archer de Meudon , affligé de cette maladie, et qui venait d'être condamné à mort pour ses crimes. Le roi y consentit : le condamné fut opéré si heureusement qu'au bout de quinze jours il recouvra la santé.

On attribue au roi Henri II un règlement fort étrange contre les médecins, lequel fait juger que ce roi avait sujet d'être mécontent de leur savoir. Voici un article de ce règlement : « Que sur les plaintes | « des héritiers des personnes décédées par j « la faute des médecins, il en sera informé ■ « et rendu justice comme de tous autres l « homicides : et seront (les médecins mer- j « cenaires) tenus de goûter les excréments | « de leurs patients, et leur impartir toute "^

(1) RecoUeclion des merveilleuses advenues en notre temps, par Georges Chastelain et Jehan ^lolinet ; légende de maître Pierre Faifeu , pug. 165.

SOIS cil

« autre sollicitude ; autrement seront ré- « pûtes avoir été cause de leur mort et « décès (11. »

En 1618, on construisit pour la première fois dans cette école un amphithéâtre. Il devint insuffisant. En 1678, on rebâtit les bâtiments de l'école; et, en 1741, on reconstruisit un amphilhéâtie plus beau, plus spacieux et recevant le jour par les fenêtres d'un dôme, décoré extérieurement de statues allégoriques.

En 1776, le* bâtiments de cette école menaçant ruine, la Faculté de médecine fut obligée de les abandonner, et de transférer l'enseignement et la bibliothèque dans les anciennes Ecoles de droit, rue Saint-Jean-de-Beauvais. Cependant, ce nouveau local n'étant point assez vaste, les professeurs d'anatomie et d'accouchement continuèrent leurs cours dans l'école de la rue de la Bùcherie.

L'ancienne porte d'entrée de cette école existe encore dans sa reconstruction primitive. Elle offre le caractère du quinzième siècle; et au-dessus on y lit ceUe inscription, en lettres appelées gothiques: Scholœ werf/corw???. L'amphithéâtre, bàtien 1744, n'est plus fréquenté.

Postes aux Lettres. L'hôtel de l'administration est aujourd'hui situé rue J.-J. Rousseau. C'est un établissement d'un grand intérêt public, dont on trouve des exemples dans l'antiquité, et que la barbarie avait fait disparaître. L'Université en conçut le projet xen établissant des messageries; et Louis XI, en 1464, le mit à exécution, et fit le premier un règlement^ur les postes. Deux cent trente courriers, établis dans le royaume, faisaient le service, et portaient l'es dépêches de la cour. Pour subvenir aux frais de cette entreprise, ce roi chargea le peuple de trois millicns d'jmposition.

L'Université a constamment joui du droit des postes et messageries jusqu'en l'année 1719, époque où fut établie 1 administration des messageries et postes royales; et, pour l'indemniser de cette , perie, on lui accorda le vingt-huitième du ■ bail général des postes, qui alors se mon- ' tait a 120,000 liv. Chaque fois que le bail augn.entait, l'Université venait en vain réclamer l'accroissement de son indemnité.

(1) Recherches sur V origine de la Chirurgie, par birodot; in-4o, Paris, 1744, pag. 57 ^ iiOte a.

La révolution changea cet ordre de choses.

La poste aux Uttres, qui, depuis son origine, n'avait servi qu'au gouvernement, ne commença qu'en l'an 1630 à servir aux particuliers. Celte institution est éminemment utile : son organisation, sagement ordonnée, garantirait la sûreté des envois, s'il n'existait pas un abus de confiance qui se pratique dans le bureau du secret ou bien cabinet noir, où l'art de décacheter adroitement les lettres a élé poussé à sa perfection (1).

Elle devint sous Louis XIV, et depuis n'a pas cessé d'être une administration considérable.

Son bâtiment actuel était autrefois une grande maison, à laquelle appendait l'image de saint Jacques, que le duc d'Epernon acheta, et où il fit bâtir un hôtel. Hevrart, contrôleur général, en devint ensuite propriétaire, et le fit reconstruire. Fleuriau d'Armenonville l'acquit, et le fit rebâtir tel qu'il est aujourd'hui. En 1757. il fut destiné à l'administration des postes.

VL Paris sons Charles VIII.

Ce prince, âgé de treize ans, succéda, le 30 août 1483, au trône de son père, sans hériter de ses vices. Il était doux, affable, courageux et bienfaisant. Il montra beaucoup de faiblesse dans son administration •. il ne faisait pas le mal, mai» il le laissait faire. Les courtisans le nommaient le petit roi, parce qu'il était montn encore jeune sur le trône.

Charles VIII, sans presque trouver d'opposition, fit la conquête du royaume de Naples, et le perdit presque aussi facilement qu'il l'avait conquis. Il en résulta de longues guerres, très désastreuses pour l'Italie et pour la France.

Ce prince fut le premier qui donna au conseil du roi une organisation et une fixité qu'il n'avait jamais eues ■. il l'érigea en cour souveraine, présidée par le chancelier, et composée des maîtres ordinaires des requêtes de l'hôtel et de dix-sept conseillers. C'est cette cour qu'on a depuis; nommée le grand conseil.

Sous ce rè^ne se manifesta dans Paris la maladie apj.elée d'abord grosse vérole, ensuite le mal de Naples et le mal français : maladie qui ne respecta aucun rang,

(l) Voyez à ce sujet l'article Tobleau rtwral, sous le règne de Louis XV.

et dont les ravages, quoique fort affaiblis, durent encore. Le parlement, de concert avec Févéque de celte ville, pour diminuer les effets de cette maladie contagieuse, qui, depuis deux ans, suivant les registres du parlement, avait fait de grands progrès, (,rdoni]a, le 6 mars 1497, qu'on ferait sorir de Paris « ceux qui ont gagné ladite « maladie hors de cette ville; "et qu'on fe- « rait enfermer, nourrir et traiter ceux « qui l'ont gagnée à Paris (1). »

! Charles VIÎI mourut, le 7 avril 1 498, des suites d'un coup qu'il reçut à la tête, en passant précipitamment par une porte trop basse qui conduisait aux fossés du château d'Amboise.

Les établissements furent peu nombreux à Paiis sous ce règne.

Foire Saint-Germain, située sur l'emplacement du nouveau marché Saint-Germain.

Les abbé et religieux de Saint-Germain-des-Prés jouissaient, depuis les temps les plus barbares, du droit de foire. La première mention qui en soit faite se trouve dans une charte de 1176, où Hugues, abbé de Saint-Germain-des-Prés, cède au roi Louis le Jeune la moitié des revenus de cette foire, qui commençait, tous les ans, quinze jours après Pâques, et durait trois semaines.

En 1278, il y eut au Pré-aux-Clercs un combat violent entre les écoliers et les domestiques de l'abbaye. Les religieux furent condamnés à de fortes amendes, et forcés de céder au roi l'autre moitié des revenus de cette foire : alors elle fut supprimée et transférée aux Halles.

Les abbé et religieux de Saint-Germain-des-Prés avaient, pendant les guerres civiles des règnes de Charles VI et de Charles VII, éprouvé de grandes pertes : ils deniandèrent à Louis XI, comme un dédommagement, le droit d'établir dans le faubourg Sainî-Germain une foire franche ; ce roi leur accorda leur demande par lettres patentes du mois" de mars 1482.

Ci'lte foire, exempte de tous droits fiscaux, devait durer huit jours, à commencer du 1er octobre ; mais les anciens privilèges des abbé et religieux de Saint-Denis se trouvèrent en opposition avec le nouveau privilège accordé par Louis XI. Il en résulta de longs débats, à la suite desquels

(1) iiegislns manuscrils du parlement, sous le 6 mars 1497.

il fut arrêté que la foire Saint -Germain commencerait au 3 février de chaque année, et durerait pendant les sept jours suivants. Ce fut Charles VIII qui, au mois de février 1486, fixa définitivement le temps de la tenue de celte foire. Elle fut établie sur l'emplacement de l'ancien hôtel de Navarre, auquel les religieux ajoutèrent, en 1 489 , des terrains ou passages dont ils firent l'acquisition.

Sa durée était d'abord de huit jours; dans la suite elle fut considérablement prolongée. Ouverte le 3 février, elle se continuait pendant tout le carnaval, une grande partie du carême, et ne finissait qu'au dimanche des Rameaux.

Les religieux de Saint-Germain, dès l'an 1486, avaient fait construire pour cette foire cent quarante loge-, que l'abbé Guillaume Briçonnet fît rétablir en 1 o1 1 , Ces constructions en charpente, justement admirées, devinrent, pendant la nuit du 16 au 17 mars 1763, la proie des flanunes qui alarmèrent les habitants du quartier, s'étendirent jusqu'à l'église de Saint-Sulpice, et y endommagèrent la coupole de la chapelle de la Vierge.

On les reconstruisit l'année suivante dans une forme plus simple. L'emplacement fut divisé en huit rues qui se coupaient à angle droit. Ces rues, dont quelques-unes se trouvaient abritées par des toits en vitraux, étaient bordées de baraques, boutiques ou salles en bois, et occupées temporairement par des marchands de modes, de joujoux, de sucreries, de bijouteries, etc. On y voyait plusieurs cafés très vastes, des cabarets, des maisons de jeu et plusieurs spectacles forains. On y comptait trois et même quatre grandes salles de théâtre, où venaient jouer les acteurs des boulevards, ainsi que plusieurs autres salles destinées à des objets de curiosité; enfin, un Wauxhall d'hiver, lieu de danse, et vrai marché de courtisanes.

La partie de cette foire destinée au commerce des toiles, des draps et autres étoffes, était la moins étendue et la moins brillante.

L'emplacement de cette foire, bien plus vaste autrefois qu'il n'était avant 1789, et que n'est aujourd'hui le marché qui l'a remplacé, s'étendait jusqu'aux environs du Luxembourg. Entre les rues Garnncière et de Tournon se trouvait le lieu destiné à la vente des bestiaux : on le nommait le Champ crotté, ou le Champ de foire.

sous CHARLES Mil

La partie qu'on appelait le Préau, destiiiée au marché, où aboutiss:iient la rue de Buci et le passige de la Treille, avait ancienciement beaucoup plus d'étendue que dans ces derniers temps. En 160S on 11 retrancha une portion de JoO toises.

11 est remarquable qu'un lieu con:?acré au plaisir et inèine à la débauche fut possédé, auiorisé, administré par des religieux, par ceux de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, et formât" une partie de leur revenu.

Cette foire n'a ces^é de se tenir qu'en l'année 1789. Voyez Marché Saint-Germain.

Filles Pénitentes, établies d'abord sur remplacement de l'hôtel d'Orléans, nommé depuis hôtel de Soissons, et sur lequel on a construit la Halle aux Blés, puis transférées au monastère de Saint- Mauloire, rue Saint-Denis.

Un cordelier. nommé Jean Tisserand, Joue d'un grand zèle et d'une éloquence propre à entraîner les filles publiques qui abondaient a Paris, réussit à convertir environ deux cents de ces filles, et à les reunir dans une communauté religieuse.

Louis II, duc d'Orléans, qui fut depuis roi sous le nom de Louis XIL favorisa ce projet, en donnant, en 1494. pour les loger, une grande partie de son hôtel d'Orléans, situe rue d'Orleans-Saint-Honoré ; c'est-à-dire les galeries et le preau où se trouvait Ja fontaine il'.

Charles VIIL par lettres du 14 septembre 1496, confirma cet établissement. L'évêque de Paris, Jean Simon, fit un règlement, iiisprimé en IbOO, où l'or^ .oit que les filles, pom- être admises dans ce couvent, étaient tenues de faire des preuves suffi.-antes de leur libertinage; d'affirmer par serment prêté sur les saints évangiles, en pré>ence du confesseur et de cinq ou .six personnes, qu'elles avaient mené une vie dissolue. On était fort rigide sur cette preuve. Il arrivait souvent que des filles se prostituaient exprès pour a\oir droit d'entrer dans cette commui auté. Lorsque ce fait éîait reconnu, on les chassait h.nteusement de la maison.

11 arrivait aus.-:i que des filles, à la suggestion de leurs parents, qui voulaient s'en débarrasser, se présentaient, en protfôlant et jurant qu'elles avaient vécu

(Ij Toyer, ci-après, l'article Hôtel de Sois-

dans la débauche, tandis qu'elles et .ient encore vierges. Celt ' singulière tromperie détermina les religieu.ses de la communauté à vérifier le fait et à ne point s'en rapporter au serment des aspirantes: toutes ulors, en présence des mères, sousmè^es et discrètes, et par des matrones nomm»JL's exprès, furent soumises à une scrupuleuse visite.

« Vous savez, porte un article du rè- « glement, qu'aucunes sont venues à vous, « qui étaient vierges et bonnes pucelles, et « telles ont été par vous trouvées, rom- « bien qu'à la suggestion de leurs père et « mère, qui ne demandaient qu'à s'en dé- « faire, elles eussent affirmé être corrom- « pues (1). »

Ainsi, après la visite, si la fille postulante était trouvée vierge, on la renvoyait comme indigne d'entrer dans c^ couN^nt.

Dans son origine, cette maison portait le litre de Refuge des Filles de Paris, et dans la suite elle reçut celui de Filles Pénitentes.

Ces filles restèrent dans le couvent établi sur l'emplacement de l'hôtel d'Oil'aus jusju'e:! 1572, époque où Catherine de Médicis, voulant y bâtir un hôtel, les fit déloger et transférer dans le monastère de Saint-Magloire, rue Saint-Denis: monastère occupé par des moines qui se relirërent dans la maison de Saint-Jacques-du- Haut-Pas.

Les guerres civiles du seizième fciicle causèrent du désordre dans ce couvent comme dans beaucoup d'autres : la conduite de ces filles pénitentes devint si scand lieuse, qu'on fut obligé d'y introduire huit religieuses de Montmartre., chargées d'y remettre la règle en vigueur. Elles y entrèrent le 2 juillet 1616; et, au moyen de quelques adouci.ssements portés à la sévérité des anciens règlements, le bon ordre s'y rétablit.

On voyait dans leur église le tombeau d'André Blondtl : il consiste en un basreiitf en bronze, remarquable par la composition de l'ensemble et par la conection du dessin ; on attribue cet ouvrage à Paul Ponce ou à Jean Goujon. Il a été transféré au Muste des monuments français.

Ce couvent fut supprimé en 1790, et ses bâtiments, ainsi que ceux de son église,

(Il Histeire des Ordres ilonastiques, t. IV, p. 239.

ont été, peu d'années après partie démolis.

en grande

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