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IV. Paris sous le règn^ de Henri II

Le 31 mars 1547, Henri II succéda a son père François I^r. Les vices de ce prince, son défaut de jugement, de prudence et d'instruction, furent pour la France une source de longs désa-tres, et

éclater cette crise. Pour maitrisui de- ci'constances fortes et nouvelles, il aurait fallu a la tète de l'Etat un homme fort ei. nouveau; Henri II. faible, efféminé par des dissolutions dont Brantôme nous a fait un tableau si étrange, suivit les mauvais exemples que son père lui avait donnés, et non ses avis ; il alla même dans la carrière des persécutions beaucoup plus loin que lui. Ce qu'il fit ou plutôt ce qu'il laissa faire, car il ne gouvernait pa-, accrut le mal, et hâta la terrible explosion qui se manifesta peu de temps après sa mort.

En déclarant la guerre aux opinions, aux consciences ; e!i envoyant au bûcher ceux qui ne pensaient pas comme lui, il adopta le plan le plus absurde, le plus inique qu'un tyran puisse concevoir.

Il continua, inspire par quelques cardi- ' uaux, à faire brûler vifs les protestants, à I entraver la marche progressive des lumières, en faisant saisir les livres, le< librai- ■ res et les imprimeurs. En décembre !o49, il prohiba l'impression et la publicité de toute espèce d'ouvrage, à moins qu'il ne fut approuvé par la faculté de théologie de Paris; il prohiba l'entrée en France des livres étrangers, et défendit à toutes personnes nonletlrées de discuter sur des i matières religieuses. Cette ordonnance • décèle les vues bornées et l'esprit perse- ' cuteur de Hcuri II, ou plutôt du cardi- \ nal de Lorraine, qui l'inspirait.

Du reste, cette rigidité de dévotion n'était point, à la cour de Henri II, secon- \ dée par la rigidité des mœurs. Les folles ! dépenses de ce roi, en luxe, en fêtes, en débauches, en constructions, et autres sula veille de arands

ouvrirent une vaste carrière aux guerres ; perflaités, à la veille ae granus orages intestines, aux massacres, aux crimes et | politiques, prouvent son défaut de jugeaux calamités. Dirigé par des maîtresses, ' ment et son immoralité.

des courtisans, par Catherine de Médicis. sa femme, et par le cardinal de Lorraine, il lit précisément tout le contraire de ce qu'il aurait dû faire, tout le contraire des conseils que son père lui avait donnes avant de mourir.

aux Guises, qui profitèrent de son indif ftience pour ses devoirs et de la faiblesse de son caractère, pour établir leur puis-

Les partisans des progrès de la civilisation doivent s'élever contre la mémoire de Henri II, et l'accuser d'avoir fait revivre une des plus odieuses coutumes de la barbarie, en rétablissant l'usage des duels. Il se livra tout entier; que saint Louis et autres rois avaient pris tant de soin à détruire. Henri II. en elfe! , autorisa par sa présence le combat singulier de La Chùteigneraie et de JarnacTet

sauce. L'Etat se trouvait dans une situa-' cette autorisation eut des suites très fu-

tion très périlleuse, et contenait les éléments d une crise menaçante. Henri II, dont les actions semblaient dirigées par ses plus grands ennemis, parvint avec effort à aggraver cette situation, et à faire

nestes. Le roi ignorait que depuis environ trois cents an? ses prédécesseurs avaient fait de grands efforts pour abolir cet le habitude sanguinaire! Les rois pèehei;' trèsouvent pa^ ignorance.

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Ce prince fut lui-même victime de son goût pour les exercices chevaleresques, qu'il avait favorisés. Le 29 juin 1559, dans un tournoi donné dans la rue Saint- Antoine, où il figurait au nombre des combattants, il fut atteint, au-dessous de l'œil gauche, d'un coup que, sans mauvais dessein, lui porta le sieur de Montgomery. Transporté aussitôt dans l'hôtel des Tuurnelles, il y mourut le 1 0 juillet suivant.

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