‹ Histoire de ParisChapitre 91 sur 261 · Ç^4 HISTOIRE · texte numérisé non relu

Ç^4 HISTOIRE

tir la jiL^tice, fut déjouée ; dans les premiers "jours de novembre 1830, le conseil de l'Université ordonna que l'établissement de M . Nicole porterait le nom de Collège Roliin, et que celui de M. de Lanneiiu prendrait celui d'Institution de Sainte-Barbe. 11 est encore consacré à l'enseignement de la jeunesse ; et, sous la direction de M- de Lanneau, cet établissement est, pour l'éducation des jeunes étudiants, une des pensions les plus recommandables et des plus célèbres de Paris.

Hôpital des Petites-Maisons, aujourd'hui Hospice des Ménages, situé rue de la Chaise, n» 28, faubourg Saint-Germain. Les croisades de saint Louis valulent, dit on, à la France une maladie contagieuse, appelée la petite vérole. Les i-xpéditions militaires de Charles VIII en Italie procurèrent aux Français une autre n)dladie, qui porte à peu près le même nom, et qui fut aussi nommée le mal de Xaples, nom indicatif de son origine.

Dans l'emplacement de cet hospice, "'

en observant de ne point sortir de leurs maisons (I).

Les pauvres de cette ville, atteints du même mal et privés de domicile, turent logés dans quelques maisons des faubourgs, et notamment dans celles du faubourg Saint-Germain. Du nombre de ces maisons était la maladrerie.

Il semble, par cette ordonnance, qu'on

était alors persuadé que la maladie véué-

i rienne se communiquait par le véhicule

de l'air, aussi bien que par le contact. On

la croyait épidémique.

Le parlement, en 1534, fit détruire les bâtiments de cette maladrerie, qui tombaient en ruine. L'abbé deSaint-Geruaain en vendit bientôt après les matériaux et l'emplacement. L'Hùtcl-de-Ville, plus occupé du soulagement des habitants que ne l'était cet abbé, racheta, en looT, ces matériaux et cet emplacement, et fit rebâtir un hôpital destiné à renfermer plusieurs espèces de pauvres, des mendiants de profession , des vieillards infirmes, des hommes séparés de leurs femmes, des enfants

J'on recevait les lépreux et les teigneux. Ce fut là qu'on enferma les personnes at- Jeiiites du mal de Naples ou de la grosse \riole, puisqu'il faut la nommer par son nom, maladie qui faisait alors des ravages effrayants, et ne respectait ni les mitres ni

'\istait anciennement une maladrerie où , affligés de la teigne, des femmes sujettes

■ au mal caduc, et des insensés. Quoique

cet hôpital ne fût plus , comme aupara-

I vant, spécialement affecté à la guérison

j des maladies vénériennes, ceux qui en

étaient affligés y furent reçus jusqu'en

1559, époque où on les transféra dans

l'hôpital de l'Oursine, dont je parlerai (2).

On continua cependant à les traiter

moyennant une rétribution pécuniaire.

Les gardes françaises et les gardes suisses,

atteints de cette maladie, y furent reçus,

jusqu'à ce qu'on eût formé des hô[)itaux

militaires.

Jean L'Huillier, président de la chambre des comptes, contribua beaucoup à cet établissement utile.

L'emplacement de cet hôpital est vaste et salubre. Le nom de Petites-Maisons lui

les couronnes.

Cette maladie commença à se manifester à Paris en U96. Voici ce qu'on lit dans les registres manusciits du parlement, au 6 mars 1497, c'est-à-dire 1498 : « Pour ce qu'à Paris et ailleurs sont plu- .< sieurs malades de maladie contagieuse, « nommée grosse vérole, qui, depuis deux « ans, a eu grand cours en ce royaume, a « été faite assemblée de l'évèque de Paris, « quelques conseillers et les officiers de la .< Ville et du Chàtelet, qui ont fait ordon- .. nance pour faire sortir ceux qui ont ga- « gné ladite maladie hors de Paris, et pour | . enfermer, nourrir et traiter ceux qui * Vont gagnée à Paris. »

Au mois de mai suivant, je trouve, dans le même registre, que l'on ordonna au commis chargé de l'administration des personnes affligées de cette maladie, nommée ici mal de^Naples, d'intimer aux malades étrangers l'ordre de sortir de Paris dans vingt-quatre heures, sous peine de la harl: quant aux Parisiens atteints de la même maladie, ils pouvaient rester à Paris,

(1) Dans cette ordonnance, il est un article dont rexécntion serait embarrassante. Cet article porte que des gardes seront placés aux portes de Paris pour empêcher les véroles d'y entrer. A. quels signespouvaientils être reconnus? Ces gardes étaient donc autorisés à visiter le siège de la maladie ? Il faut croire qu'alors cette maladie laissait à l'extérieur des marques évidentes de ses ravages.

(2) Voyez ci-après, article Hùfilnl de l'Oursine.

PAnis. — Tyo. Lacoip, rue Sourflol, 18.

sous HENRI

vient des chambivs basses ou loges dans lesquelles étaient placés les fous ou mala lies. Avant la révolution, ces chambres ou petites maisons étaient oc<;upées par plus de quatre cents pauvres; on y admettait des époux infirmes qui , moyennant une somme de l,oOO livres, une fois pavée par izhacun d'eux, recevaient le logement et la nourriture pendant le reste de leur vie : mîi>, pour être admis, on exigeait que

?3lo

l'époux eùL l'âge de soixante-dix ans, et la femme celui de soixante.

L'ordonnance du 10 octobre de l'an 1801 porte que cet hospice sera désormais consacré aux ménages. En 1802, on ordonna que les insen'sés qui s'v trouvaient seraient transférés dans d'autres maisons.

Aujourd'hui voici les conditions d'admission : L'un des époux doit avoir au moin> soixante ans. et l'autre ^oixante-

L'hôtel Saint-Paul.

dix ans; les veufs et les veuves doivent être âgés de soixante ans. On leur donne, outre une quantité déterminée de pain et de viande crue, trois francs en argent tous les dix jours, une voie de bois, deux voies de charbon par an. Ils doivent s'entretenir de linge et d'habits. Tel est le sort de ceux qui, dans cet hospice, occ-upent la partie appelée le Préau.

Dans les quatorze salles appelées les Dortoirs, les personnes admises doivent pourvoir à leur habillement ; mais elles «ont nourries et blanchies entièrement.

La population de l'hospice des ménages

II DLLALRt

fut, par un arrêté du 1 1 avril 1804, fixée ainsi qu'il suit : cent soixante grandes chambres pour des ménages contenant trois cent vingt personnes : cent petites chambres pour des veufs et des veuves, et deux cent cinquante lits dans les chambres des dortoirs ; ce qui porte le nombre des personnes admises dans cet hospice à six cent soixante-dix. Avant 1801 ce nombre n'excédait pas cinq cent cinquante.

11 y mourait autrefois quatre-vingts personnes par an : la mortalité est la même aujourd'hui: mais, le nombre des habi-

iaiYis ayant augmenté de cent vingt, il résulte one amélioration causée parle régime actuel , et par les divers moyens de salubrité nouvellement introduits.

Enfants-Trouvés, établis dans les bâtimeiits de l'hôpital de la Trinité. La population toiiiours croissante, et le grand nombre de pauvres et de célibataires , multipliaient celui des enfants trouvés ; en 1552, on destina l'hôpital de la Trinité, occupé par les comédiens appelés Confrères de la Passion, à recevoir ces enfants abandonnés. Suivant l'ancien usage, les seigneurs hauts-justiciers devaient fournir à leur entretien. Ces seigneurs, à Paris, étaient tous eccKsiastiques. La plupart d'entre eux. pour se sousrraire à celte charge, prétendirent que l'évèque et le chapitre de Notre-Dame étaient obligés, par des fondations expresses qu'ils avaient reçues, de pourvoir à l'entretien de ces enfants. Cette discussion fut de lo; gue durée. Le parlement rendit un arrêt, en \ 5f)2, qui ordonna h tous les se'gneurs de Paris de payer pour cet entretien, chaque année, la somme de 960 livres. Voici l'énumération de ces seigneurs, et le contingent de chacun d'eux :

L^évêqTje de Paris 120 liv.

Le chapitre de Norre-Dame. . iHiO

L'abbé de Saint-Denig. ... 24 LVûbé de Saint-Gcra'ain-des-

Prés 120

L'sbbé de Saint- Yict'-r. ... 84

L'abbé de Saint-]Magloire. . . 20

L'abbé de Sainte-Geneviève . 32

L'abbé de Tirou i

L'abbesse de Montmartre, . . 4 Le grand - prieur de France

(ordre de Malte) 80

Le prieur de t-aiut-Mariiu-des-

Cbanips 60

Le prient de Notre- Dame-des-

Clismps. . 8

Le chapitre de Saint-MarceL , 8 Le prieur de Saint-Deuis-de-

la-Chartre 8

Le chapitre de Saint-Merri. . 16 Et colui de Saint-Benoît-le-

Biea-Tonrné 12

Total ~960 Uv.

Ces seigneurs de Paris ne s'en tinrent pas à cet arrêt ; et conformément à l'abus qui commençait à s'introduire, ils évoquèrent la cause au grand conseil du roi. ils

obtinrent des lettres d'évocation sous un faux exposé, comme le dit au parlem.ent l'avocat du roi, à l'audience du 4 juin 1534. a Ils ont, dit-il, si grande aisance. « que, quand ils contribueroient de leur- « deniers en telle affaire, ils en rapporle- « roient fruit au double, ou l'écriture es! « fausse. » Il ajoute ensuite : « 11 y a « céans des chanoines de l'église de Paris, « et autres, dont les enfants sont chanoi- « nés, et se défient de la justice pour les « faveurs (1). »

Ces chanoines, qui avaient des enfants qu'ils faisaient chanoines, voyaient avec peine qu'on leur fît supporter le plus lourd fardeau de la contribution : ils étaient en effet les plus imposés. On ignore le résultat précis de cette affaire; mais on a la certitude que les seigneurs de Paris, tou< seigneurs ecclésiastiques, furent obligea de contribuer à l'entretien des Enfants- Trouvés.

En 1570, ces enfants furent transférés de l'hôpital de la Trinité dans des maisons situées dans la Cite, et sur le i ort de Saint- Landry, maisons que le chapitre de Notre- Dame," moyennant une compensation couvenue, abandonna à l'administration de cet hôpital.

Cet nôpital éprouva des changements et des amélioratious dont je parlerai dans la suite.

POiNT Saist-Micbel. Il fut, en 1373, construit en pierres. Malgré son apparente solidité, le 31 janvier 4 408, un débordement de !a Seine en renversa une partie. En 1416, il fut reconstruit en bois. Doubla nuit du 9 au 10 décembre 1547, il fut encore emporté paries eaux (2). En io48. le parlen^nt ordonna que des information?

(1) Registres manuscrits du Parlement, an 15 juin 1554.

(2) Sur une vieille édition de VHistoire de Robert Gaguin, j'ai trouvé cette note manuscrite : Àniio 154:7 ,poslridtèConcepliords bsatJ- Marias virginis ; circa mediayn noctem, ingravescente futii Sequanx aquâ, pars superior pG7itxs quiapud Luietiam Sancti Michaelis pous diciiw, ruina collapsa ett .

C'est-à-dire : « En 1547, le lendemain

« de ia Conception de la Vierge (9 déc-c-m- ^

" bre), vers le milieu de Li nuit, les eaux.^^

« delà Seiue s'é;ant fort accrues, la par-^P

il tie supérieure du pont nommé à Paris

.< ponl Sain-.-MicLel, fut entièrement dé- m

.< imité. ••

sous FRANÇOIS II

-eraieiil faites pour savoir qielle élait la • anse d-i la chute de ce pont. L'événement ; ro%-enait évidemment de l'iiïnorance des oMsiructeurs, ou de la négligence des pré- ■■>~cs a sa conservation. On le reconstrui- Ht .-n bois. Il fallut fréquemment le répa- I T, notamment en 1592. Enfin, le 30jan- \iv; 1616, il fut presque entièrement •'nipone. 11 en sera parlé à cette époque. Cour des Motskaies. Il existait, depuis I -^ quinzièni'i siècle, des généraux des monnaies, au nombre de quatre, de S!X, et même de huit, suivant les règnes. Fran- Ç'^is 1er, en 1522, créa un président et deux conseillers de robe longue, qui, avec les huit généraux, un greffier, un huissier, formèrent une chambre des monnaies.

Henri II, par son édit da mois de janvier 1551, augmenta le nombre des conseillers, et érigea cette chambre en Cour >ouv?raiue,qui alors tint ses séances dans une salle du Palais-de- Jus lice, située audessous de celle de la chambre des comp-

Deux ans après l'érection de cette cour -ouveraine, en 1554, tous les présidents et conseillers qui la composaient furent accusés de malversation et de faux, et condamnés, les uns aux galères, les autres a être pendus ou brûiés : le second président fut le seul déclaré innocent.

Quai de Gloriette. situj près du Petit-Pont, sur la rive gauche du petit bras de la Seine, entre ce bras et la rue de la Huchette. Le parlement, sur la demande du prévôt et des echevins de Paris, permit, le 13 juillet 1558, d'employer aux travaux delà construction d'un quai, entrepris sur la place appelée Gloriette, situe sur le bord de la Seine, les prisonniers condamnés aux galères, et déienus dans la {.rison du Pelit-Chàlelet, à la charge, !

avoisin sit U ruelle des Etuves, boucherie qui a subsiste jusqu'à nos jours.

Ce quai ne servait point de pissage :

il consistait en un mur de terrisse, djstiné a soutenir les b jtiments du c Jté s-:?pt:ntrional de la ne de la Huchette: il no paraît même pas que ce quii s'étendit alors jusqu'au pont Saint-Michel.

Tels furent les établissements et institutions de Henri II dans la villa de Paris.

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