‹ Histoire de ParisChapitre 92 sur 261 · VI. Paris sou? François IL · texte numérisé non relu

VI. Paris sou? François IL

Le 10 juillet 1559 François II succéda au roi son père. Tous les maux que Henri II n'avait su ni prévoir ni détourner; toutes les kunes, les ambitions et autres passions que, par incapacité ou indifférence, il avait laissées fermenter, fuent explosion sous un prince encore plus incapable et monté sur le trône à l'âge de seize ans. La mère du jeune roi, Catherine de Medicis, qui croyait tout gagner en favorisant la faction des Guises, qui croyait tout diriger en laissant cette fjction usurper le pouvoir suprême, tiait elle-m}me dirigée parle cardinal de Lorraine, qui, a son tour, l'était par les cours de Rome et d'Espagne, deux cours qui, pour satisfaire d'ambitieuses espérances, ont, pendint près d'un demi-siecle, attisé le feu des guerres civiles en Franc?, et y ont fait couler' des torrents de sang.

Bientôt après l'avènement de" François* II, éclata une guerre, d'abord nommée guerre de religion ; mais ce nom n'était qu'un prétexte. Les princes et seigneurs mécontents couvrirent leurs projets d'un voile sacré, et profitèrent de lindignatioa des protestants . horriblemeut persécutes, pojr s'en faire un appui. Lu conjuration d'Amboise éclata en 1560, et

par lesdits prévôts et echevins, de les faire i fat le signal d'une levée de bouclers

reconduire, apiès l'heure du travail, par siîre garde, dans leur prison (1).

La place où l'on construisit ce quai lait l'emplacement d'un ancien fief appel.- Glorie te. C'est sur cet emplacement qu'a été établi le cul-de-sac de ce nom, situé à l'ouvst du Petit-Chàtelet. et à l'extrémité de la rue de la Huch-tte, culïe-::ac appelé longtemps Trou-Panais; est aussi là qo'a été établie la maison ' ia boucherie, dite de Gloriette, qui

il) Registres criminels et mwiuscrits du pir- Ume-l de Paris, au 13jr.ilie: lôôb.

L'élévation de Michel de L'Hospital a ia fonction de chancelier de France, qui modéra la fureur des partis ; les états d'Orléans , l'arrestation du piince de Conde, et sa condamnation a mort, qui ne fut point exécutée : tels furent les principaux actes de ce règne, qui dura seize mois et vingt-quatre jours. François II mourut à Orléans, ie 5 décembre 1560.

Pendant un règne d'aussi courte durée, il ne fut fondé à Paris qu'au .=eul établissement. , . >

HÔPITAL Ds L Oursin;: ou de .fc^.€«%f

niSTOIRB DE PARIS

itué rue de l'Oursine,

KITE CHUKTIENNE

faubourg Saint-Marcel, aujourd'hui Jar- "', din des Apotiiicaires. Un ancien hôpital 'i qui paraît avoir été fondé par la reine Margueritede Provence, veuvede Louis IX, qui appartint, au quatorzième siècle, à i Guillaume de Chanac, évêque de Paris et ' patriarche d'Alexandrie, ou, comme dans / plusieurs autres, l'hospitalité n'était plus exercée, et dont les bâtiments se trouvaient en 1 559 occupés par Pierre Galand, fut, par arrêt du parlement du T6 septembre de cette même année, mis en la main du roi pour être employé à y lo- • ger, nourrir, médicamenter les pauvres atteints de la maladie vénérienne, dont le grand nombre causait beaucoup d'infection et d'incommodités à l'Hôt^l-Dieu et ailleurs.

Ce nouvel hôpital, qui fut appelé Hôpital de l'Oursine, éprouva bientôt le sort qu'avaient déjà éprouvé à Paris la plupart des établissements de cette espèce : les administrateurs finirent par s'approprier le bien des administrés.

Nicolas Houel , épicier, bourgeois de Paris, un des hommes les plus recommandables de son siècle, et qui doit honorablem.ent figurer parmi les illustres Parisiens ; Nicolas Houel, lorsque la contagion du fanatisme dévorait une partie de la population de celte ville, imagina l'établissement d'une maison de charité, où des orphelins seraient élevés et instruits dans Fart de préparer les médicaments et de les administrer aux pauvres honteux. Il demanda au roi une partie des bâtiments de l'hôtel des Tournelles , alors abandonné, pour y mettre à exécution son utile projet. Les commissaires nommés par suite de celte demande lui accordèrent la maison des Enfants-Rouges. L'hospice de Nicolas Houel y fut établi, et s'y maintint jusqu'en 1578. Bientôt, pour des motifs qu'on ignore, il demanda l'hôpital de la rue de l'Oursine; et, en vertu d'un arrêt du parlement du 2 janvier de cette année, il y transféra son établissement, et y fut installé le 2 avril 1579. Cet établissement porta le nom d'Hôpital de la Charité chrétienne. Les bâtiments de cet hôpital étaient dans le plus pitoyable état : « Déserts et abandonnés par mauvaise conduite, tout ruinés, les pauvres lion logés, et le service divin non célébré:» c'est ce qu'on lit dans un procès- verbal u temps.

Le si ;ur Houel, contrarié par les uns, favorisé par les autres, fit beaucoup do dépenses en reconstructions et en acquisitions de terrains; il étendit l'enclos dt* cette maison jusqu'à la rue de l'Arbalète ; de plus, il y établit, à l'instar du jardin de Padoue, un jardin botanique, le premier qui ait existé en France.

Un certain nombre d'orphelins y étaient instruits aux bonnes lettres et dans l'art de la pharmacie; ils administraient gratuitement des remèdes aux pauvres honteux de la ville et des faubourgs.

Après la mort du bienfaisant Houel, cet établissement changea de destination, et fut négligé par ses successeurs, qui ne surent pas, comme lui, se rendre dignes de la reconnaissance de la postérité.

En 1596, Henri IV destina cette maison aux militaires de tous grades blessés à son service. Ce fut le premier établissement des invalides. Louis XIII ayant transféré ces invalides au château de Bicêtre, la Maison de la Charité chrétienne fut vacante. Diverses communautés d-.' filles l'occupèrent; elle eut pour propriétaire l'ordre de Saint-Lazare, auquel furent réunis les biens des hôpitaux abandonnés. On la retira bientôt après des mains de cet ordre, pour la donner à l'évêque de Paris, qui la céda à l'Hôtel- Dieu. Enfin , le corps des apothicaire.^ l'obtint pour y établir un jardin botanique et des salles où se font différents cours de pharmacie. Aujourd'hui c'est le .lardin des Apothicaires et l'Ecole de Pharmacie. On y entre par la rue de l'Arbalète, no 13.

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