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SOUS CHARLES IX

uns et les au'res avaient la même croyancei observaient les mêmes rites, les uns et les autres durent sans doute à la persécution le succès et la propagation de leur secte.

Vill. Paris sous Charles IX.

Le 5 décembre 1360, Charles IX, âgé de dix ans, succéda à François II, son frère. Les commencements de ce règne semblèrent présager une amélioration dans les destinées''de la France. Le chancelier de L'Hospital, magistrat vénérable, un des hommes qui ont le plus honoré son siècle, semblait offrir à l'action de la justice et à la tranquillité publique une garantie suffisante. Mais il eut à combattre la puissante faction des Guises, et finit par succomber. Catherine de Médicis, régente, après quelques années d'hésitation entre l'un et l'autre parti, se laissa enfin gouverner par hi cardinal de Lorraine. L'Hospital, luttant sans cesse contre des projets perfides et subversifs de l'Etat, et ne luttant pas toujours avec avantage, figurait à la cour corrompue de Charles IX, comme Sénèque et Burrhus à celle de Néron. L'ambition et les crimes qu'elle fait commettre, soutenus par la force, devaient triompher d'une cause qui n'avait pour appui que l'ascendant de la raison.

Ce chancehcr abandonna une cour où il ne pouvait plus faire le bien; et la France fut encore longtemps plongée dans un abîme de maux.

On doit au ministère de L'Hospital la réforme de plusieurs abus, et des institutions utiles: il fit éteindre les bûchers qui, depuis trente-sept ans, dévoraient des chrétiens dont le crime était dj servir Dieu à l'instar de ceux de la primitive Eglise; il ravit à la mort plusieurs victimes; il obtint, en 1362, à quelques conditions, le hbre exercice de la religion réformée; il fit tenir en 4 560 les états d'Orléans, desquels résulta l'ordonnance du nom de cette ville, ordonnance curieuse par l'énuméraiion des énormes et nombreux abus dont toutes les parties administratives de l'Etat étaient gangrenées. On lui doit aussi l'ordonnance de Moulins, de l'an 1566. Si ces deux ordonnances furent mal exécutées, ou ne peut en accuser leur auteur; il signala les vices de la législation, et consacra dans des lois les pnncipes de justice éter-

uelle, alors trop inéconuus. Ce fut lui qui, en 1566, institua les tribunaux de commerce, sousletitrede.ywr/5rfic^ion. consulaire; il ramena souvent par ses discours, dans la voie du devoir, le parlement habitué à s'en écarter. Ces bienfaits et plusieurs autres, la fermeté de son caractère, la droiture de ses intentions, ses mœurs graves, son extérieur imposant, ne purent prévaloir contre les intrigues de la cour de Rome et des Guises (I).

Le génie du mal triompha. Il fut résolu, dans l'entrevue que Catherine de Mcdiciseut, en 4565, à Bayonne, avec le duc d'Albe , que tous les protestants, tant en France que dans les Pays-Bas, seraient égorgés, et, sept années après, en Ï572, à Paris et dans la plupart des villes de France, cet infernal projet eut son exécution, connue sous le nom de massacres de la Saint-Barthélemi, dont j'esquis-

(1) Voici ce qu'en dit Brantôme : « C'était ■4 un Caton le Censeur... Il en avait toute "» l'apparence, avec sa grande barbe blanche, •« son visage pâle, sa façon grave, qu'on eût " dit à le voir que c'était un vrai portrait .< de saint Jérôme; aussi plusieurs le di- « saient à la cour. » Brantôme parle ensuite d'une querelle assez vive qui s'éleva à Fontainebleau, entre le cardinal de Lorraine, qui voulait faire recevoir en France les décrets du concile de Trente, et le chancelier qui s'y opposait (Brantôme, tom. V, p. 685, 690, édition de 1787 ) ; ils eurent ensemble, dans l'assemblée de Moulins, une querelle plus vive encore. Il s'agissait d'un édit en faveur des protestants, proposé par le chancelier ; celui-ci dit au cardinal, qui le contrariait : Monsieur, vous êtes df^jà venu pour nous troubler. A ces root» le cardinal répondit : Je ne suis pas venu vous troubler, mais empêcher que vous ne troubliez, comme vous avez fait par le passé, Belîtrb que vous ÊTES. Lors le chancelier réplitjua au cardinal : Voudriez-vous empêcher que ces pauvres gens, auxquels le roi a permis de vivre en liberté de couscience, ne fussent aucunement consolés? — Oui, je le veux empêcher, dit le cardinal. ( L'Estoile, Mémoires de France, t. I, pag. 30. ) Ce prélat, oncle des Guises, s'était, dans le concile de Trente, montré, à plusieurs égards, du parti de l'opposition : mais le pape parvint à l'attacher à son parti en le comblant de riches bénéHees.

serai, dans un article particulier, les principales scènes.

Charles IX était naturellement cruel, et voyait avec plaisir répandre le sanii. des animaux. J'en citerai des preuves.

^Suivant Papire Masson, il avait érigé sa férocité en principes, et cherchait à la justifier par ces mots qu'on lui a souvent entendu répéter : C'est cruauté d'être clément; c'est clémence d'être cruel (1).

Ce roi était libéral des biens de l'Eglise ; il donnait des bénéfices à des va» lets, à des enfants, à des femmes. Il aimait la musique et les vers; il en fit quel* ques-uns. Néron se piquait aussi d'être poète, et surtout musicien.

En vain, pour justifier Charles IX, oa plutôt pour adoucir l'horreur que sb cruauté inspire, ferait-on valoir sa jetinesse et l'éducation vicieuse qu'avait reçue ce prince. La postérité n'aura pas égacd à ces considérations : elle jugera, et déjà elle a jugé ce roi, sans s'occuper de sa personne ni des circonstances décevantes où il s'est trouvé. Telle est la malheureuse destinée de ceux qui, incapables de gouverner, occupent un trône, et n'ont ni l'instruction ni la droiture nécessaires au chef d'un Etat, ni la force de résister aux conseils perfides. Les crimes de leur règne deviennent leurs crimes personnels. L'histoire inflexible a d jà placé Charles IX sur la ligne des Néron, des Caligula, desClovis, des Clotaire et autres monstres semblables. Le règne et la vie de ce prince féroce finirent le 30 mai

Pendant ces temps de désordres, de crimes et de désolation, au milieu de la disette extrême des finances, qui forçait la cour à des ressources honteuses, cette cour ne retrancha rien de ses plaisirs, de ses fêtes dispendieuses, ni de cette magnificence en habits, en bâtiments, qui prête son faux mérite à ceux qui n'en ont point de réel. Voici la notice des édifice^ et des institutions dont, pendant cerègut^ Paris fut enrichi.

Château des Tuileries. J'ai parlé d'une maison située hors de Pajris, et dans un lieu où l'on fabriquait de la tuile, maison nommée en conséquencî les Tui* leries, que possédait Nicolas de Neuville, sieur de Villeroi, et qu'en 1518 Fran-

(1) Mémoiret â$ Castilnau, édit. de 1761, t. Iir, pag. 24.

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