SOLS CHARLES IX
<;ois !«• achtta pour la donner à sa mère. ! Ions que se leiiuuiuit Catherine de Medicis, désirant avoir | des Tuileries. Depui
une habitation particulière, ne voulant point rester au Louvre, occupé par le roi son fils, et ne pouvant loger au château des Tournelles, dont ce prince, par son édit du 28 janvier <o64. venait d'ordonner la démolition, cljoisit la maison des
Tuileries. Elle acheta plusieurs bâtiments | aujourd'hui ni galerie découverte nVarca et terres qui l'a voisinaient ; et. au mois des; mais elle se compose d'une façade réde mai 1o64, elle fit jeter les fondements gulière de trois étages de croisées.' d'un nouvel édifice. Les jardins furent Le rez-de-c-haussée des deux façades de entourés d'un mur à l'ext/émite duquel, la partie primitive de œt édifice es't décaré
alors tout lédi fiiv . , on a prolongé In ligne de la façade par deux vastes corp^ de bâtiments, terminés chacun, à leur extrémité, par un gros pavillon carre.
Nous en parlerons dans la suite.
Du côté de la cour, la façade des Tuileries ne présentait alors, et ne présente
et sur le bord de la Seine, on fit construire un bastion dont, le M janvier1o66. le roi posa la première pierre.
Pour se procurer les fonds nécessaires à cette construction, Catherine fit vendre
de colonnes et pilastres d'ordre ionique en bossages de marbre incrusté. La sculpture y est traitée avec beaucoup de soin et de délicatesse: mais elle s'y trouve avec une prodigalité que le bon gbùt réprouve. Ces
à Paris plusieurs terrains vacants, et no- , façades sont chargées de beautés, de dé tamment ceux des hôtels des Tournelles tail, qui, à quelqu'e dislance, échappent à et (1 Angoulèmc : Philibert de Lorme et : l'œil observateur, elle fatiguent. C'est ici Jean Bullan, architectes célèbres, furent le cas de rappeler que la profusion des orcharges de fournir les plans de l'édifice. • nements nuit à la véritable beauté. Ils présentèrent le projet d'un bâtiment { L'hôtel db Soissons. dont l'empla(ebeaucoup plus vaste que n'est celui d'au- ' ment est auiourd'hui occupé par la Hallelourd hui : mais ce projet ne fut pas en- ■ aux-Blés et 'par les rues qui l'environnent tierement exccuté. ; doit être décrit à la suite du château des
On éleva d abord le gros pavillon, placé ; Tuileries, au centre de la façade. Ce pavillon était i L'emplacement où cet hôtel fut bâti couronne par un dôme vaste, circulaire ' contenait, dans son origine, plusieurs étaet couvert en ardoises. Depuis on changea blissements. notamment un hôtel de Nesle la forme de ce dôme, qui aujourd'hui a qu'il ne faut pas confondre avec l'hôtel du la form.e quadrangulaire, forme bien plus ' même nom situé au faubourg Saiut-Gerconvenable. j main, sur le bord de la Seine.
Ce ç^ros pavillon central, les deux bâti- 1 Jean II, seisneur de Nesle. et châtelain menls latéraux, et les pavillons qui s'élèvent à leurs extrémités , composaient alors, et compoHTent pendant Ion-temps Je château ôcs Tuileries. Les diverses parties de cet édifice étaient et sont encore „ „.. „......, ,. ...
couvertes d'un comble en ardoise d'une i mère la reine Blanche. quFv fit Von séjour srande élévation, comme on en voit sur | et y mourut en 1232!
L'hôtel de Nesle se composait alor
de Bruges, possédait, en 1230, par succession, un hôtel sur cet emplacement, qui, en partie, se composait de prés et de vignes. Il en fît présent au roi Louis IX: celui-ci le céda, dans la même année, à sa
la plupart des édifices de Paris bâtis aux âei:!ième et dix-septième siècles. Ces combles énormes, qui s'accordent mal avec les ordres grecs auxquels on les associe, doivent évidemment leur origine aux com-
I cent vingt ans après, de deux maisons et I d'une grange. Philippe le Bel le donna, ! en 1296, à son frère Charles, comte de
,, , . , ^ I Valois, qui le posséda jusqu'à sa mort, ar-
bles des Icrloresses féodales; et celles-ci rivée en U2o. Son fils, Philippe de Valois la doivent aux chaumières. le céda, en 1327. à Jean de Luxembourg!
Les balimcnls latéraux du pavillon du ' roi de Bohème, qui v séjourna. Innetemp^ centre présentent, du côté du jardin, à ! Le long séjour de ce roi fit changer de dro:te et a gauche, deux terrasses décou- ' n:m à cet hôtel, qui reçut celui de Bohème vertes, supportées chacune par douze ar- ; ou de Bahaisne. La porte Coquillière sicades. Ces terrasses en galeries ont, à | tuée dans leNoisinnae, porta alors, par la leur extrémité, un pavillon carré de forte même raison, le nom déporte de Bahaigne. dimension, mais mcins élevé que le pa- ! Jean de Luxembourg, roi de BohSiie, Villon du croître. C'est à co< deux pavil- ■ fut. en 1346. tué à la bataille de Crécv.
Bonne de Luxembourg, sa fille, lui succéda, et épousa Jean, duc de Normandie, .qui fut, depuis, roi de France. Charles V, son fils, donna, le 5 janvier 135", cet hôtel à Amédée VI, comte de Savoie. Sa situation est ainsi désignée dans l'acte de cession : H'>spifiu7)iversusporta7nSa7icti Honorati Parisiis situntum.
L'hôtel de Bahaigne, ci-devant de Nesle, était, en 1372, possédé par Louis, duc d'Anjou, frère du roi Charles V. La veuve de Louis d'Anjou, Marie de Ghàtillon, le vendit, en 1388, au roi Charles Vï, qui le donna à son frère Louis, duc de Touraine, depuis nommé duc d'Orléans.
Dès lors cet hôtel changea de nom, et reçut celui de son nouveau propriétaire, Louis, duc d'Orléans, qui l'agrandit considérablement, en faisant l'acquisition de plusieurs maisons, places, jardins, qui l'environnaient. Cet hôtel avec ses jardins, qui avaient quarante-cinq toises de longueur, était compris entre les rues Coquillière, d'Orléans, anciennement nommée de Nesle, de Grenelle, et entre celle des Deux-Ecus, dont une partie portait le nom de Traversine, et l'autre celui de la Hache,
Louis II, duc d'Orléans, qui devint roi de France sous le nom de Louis Xll, donna, en 1494, les galeries, le préau, où étaient la fontaine et le jardin, tout ce qui comprenait les acquisitions de son père, pour y établir le couvent des Filles-Pcnitentes (1), et conserva l'ancien manoir ou l'ancien hôtel de Nesle ou de Bahaigne. Ce prince, devenu roi de France, céda, en 1499, ce reste de l'hôtel d'Orléans à Robert de Framezelles, son chambellan, qui, presque aussitôt, le vendit pour la somme de deux mille écus d'oraux Filles- Penitenles. Ainsi ces filles devinrent propriétaires de la totalité de l'hôtel d'Orléans : elles acquirent , de plus, une maison située dans la rue de Grenelie, qui s'avançait dans leur jardin.
Tels étaient l'origine , la situation , l'étendue, les différents noms et propriétaires de cet emplacement, lorsqu'en 1572 Catherine de Médicis en fit l'acquisition.
Cette reine avait déjà acheté l'hôtel d'Albret, six autres maisons et deux jardins, situés dans la rue du Four. Ces divers emplacemen's ne lui suffirent pas :
(l) Voyez l'articie Fille.<-Péiiitentes.
elle désira posséder celui du couvent de.s Religieuses-Pénitentes; mais deux rae«, la rue Traversine et une grande partie dé la rue de Nesle ou d'Orléans, se trouvaient entre ce couvent et l'hôtel d'Albret. Ces rues ne furent point un obstacle pour cette reine ; elle envahit le tout.
Catherine de Médicis, dont quelques écrivains ont vanté la haute prudence et la fermeté de caractère, n'avait d'autre mérite, d'autre courage que ceux que donnent la force des passions et l'assurance de pou\oir les satisfaire ; du reste, elle n'était qu'une femme dissimulée, méchante et superstitieuse.
Pourquoi cette reine, après avoir fait bâtir le château des Tuileries, y avoir employé des sommes considérables, les talents des plus célèbres artistes et toutes les recherches et les commodités du luxe, l'abandonna-t-elle peu de temps après que cet édifice fut acnevé? Pourquoi, mécontente de ce palais , acheta-t-elle , dans un moment où les finances étaient épuisées, l'abbaye de Saint-Maur-des-Fosses pour y bâtir sa demeure? Pourquoi abandoonat-elle ce projet pour en adopter un autre et acheter l hôtel d'Albret et le couvent des Filles-Pénitentes? Pourquoi fit-elle déplacer les religieuses qui l'habitaient pour les transférer à l'abbaye de Saint-Magloire, et séculariser les religieux de cette dernière abbaye pour les transférer dans 1 'ii> pital de Samt-Jacques-du-Haut-Pas (I;?
Pourquoi fut-elle obligée de solliciter auprès du roi, son fils, la permission de conclure ces échanges, acquisitions, deplacements; de solliciter auprès du pape des bulles pour ratifier ces transactions et sécularisations, et, auprès du parlement, l'enregistrement de tous ces actes? Pourquoi, enfin, ordonna-t-elle tant, de changements, renonça-t-elle aux Tuileries pour faire bâtir et pour habiter un nouvel hôtel ? Le voici. C'est que Catherine de Médicis était épouvantée de la prédiction d'un astrologue, qui lui avait annonce qu'elle mourrait dans un lieu appelé Saint-Germain ; or, lesTuileriesétaient situées dan > la paroisse de Saint-Germain-rAuxerroi>.
« On la vit aussitôt, dit Mézerai, fuir su- « perstitieusement tous les lieux et to tes « les églises qui portaient ce nom. Elle « n'alla plus u Saini-Germain-en-Lay:' ;
il) Voyez, ci- après, Saint-Jaciues-du- Haut-
Pas.
flous CHARLES IX.
« e^j même, à cause que son palais des i « Tuileries se trouvait dans la paroisse de « Saint-Germain-l'Auxerrois , elle en fit « bâtir un autre, Ihôtel de Soissons, près « Saint-Eustache. »
L'amour-propre est satisfait lorsque dans les personnes puissantes, qui ont aspiré à l'illustration, on trouve des actions ridicules. Cette reine si puissante, si redoutée, si impérieuse, se ravalait, par sa stupide créilulité, jusqu'à la dernière classe de la société •. elle croyait ce qu'aujourd'hui les vieilles femmes des villages les moins fréquentés rougiraient de croire, elle croyait aux prédictions des magiciens; et celle qui jetait l'épouvarite dans le cœur de tant de personnes, était elle-même épouvantée par les oracles d'un misérable astrologue!
Cet hôtel , qui , au quatorzième siècle, avait porté successivement les noms de Nesle, de Bohème ou de Bahaigne, et, au quinzième, celui d'Orléans , puis celui de Filles-Péniteiites, quand les religieuses de ce liom l'occupaient, fut, en \'61\, lorsque Catherine de Médicis en fit l'acquisition, nommé l'hôtel de la Reine. Après 1j mort de celte reine, il f it appelé l'hôtel des Princesses, et, enfin, hôtel de Soissons, comme je le dirai bientôt.
Cet hôtel et ces jardins étaient bornés par les rues du Four, des Deux-Ecus et de Grenelle. Le corps principal de ses bâtiments avait son entrée dans la rue du Four ; il présentait une vaste tour carrée, entourée de bâtiments: les jardins longeaient une grande partie de la rue des Deux-Ecus, et de celle de Grenelle. Ils furent > tablis sur l'emplacement du couvent des F. Iles-Pénitentes : le sol en fut alors rehaussé de quatorze pieds. La chapelle était située à l'angle des rues de Grenelle et Coquillière.
Catherine de Médicis y avait fait construire, sur les dessins de Bullan, et dans r iiig'ie dune cour latérale, une colonne •I iique très élevée et cannelée pour servir d'observatoire à son usage. Elle était contiguë et communiquait à l'hôtel de la reine. Cette colonne est la seule construction de l'hôtel de Soissons qui soit conservée. On la voit encore adossée au bâtiment de la Halle; elle recèle intérieurometit un escalier à vis. Cette reine y montait avec ses astro'ogues pour y consulter les astres, et chercher dans leurs positions la perspeclive d'un bonheur que ceux qui
régnent avec des crimes ne trouvent jamais sur la terre.
On voyait sur le fût cannelé de cette colonne des couronnes, des fleurs de lis, des cornes d'abondance, des miroirs brisés, des laas d'amour déchirés et des C et des H entrelacés ; signes allégoriques de la viduité de cette reine (I).
Catherine habita cet hôtel pendant environ quatorze ans, et, le 5 février 1589, y inojrut chargée de dettes. Ses cr..^anciers firent vendre l'hôtel. Charles de Bourbon, comte de Soissons, fils du prince de Coudé, par anèl du parlement du 21 janvier 1606, moyennant la somme de trente mille et cent écus. en fut l'adjudicataire f2).
Alors cet hôtel, réparé, agrandi, reçut le nom d'Hôtel de Sois.son3, qu'il a conservé jusqu'en 1763. époque de la construction de la Halle-aux-Blés, qui, ainsi que les rues environnantes, fat bâtie sur l'emplac-ement de cet hôtel. lien sera parlé en son lieu.
Collège de Clermont ou des Jésuites, situé rue Samt-Jacques, m'* 123.
Les Jesviites. dont l'institution fut approuvée par deux bulles, l'une de 1340, l'autre de 1549, furent introduits en France par Guillaume Duprat, évêque de Clermont. qui, à son retour du concile de Trente, amena quelques-uns de ces pères dans son diocèse, et les établit dans les villes de Mauriac et de Billom.
Le fameux cardinal de Lorraine, qui connaissait le but secret de cette institution, en vertu de lettres-patentes de janvier 1351, en appela plusieurs à Paris; mais i'evèque, le parlem-ntet la Soibonne s'opposèrent à leur établissement dans cette ville.
Les jésuites n'étaient pas gens à se rebuter. Repousses par les autorités civiles et ecclésiastiques, ils persistèrent dans leur tentative avec cette opiniâtreté qui les a toujours caractérisés. Ils intriguèrent tant, enhardis par la protection des Guises, qu'ils dcterminèrent Catherine de Medicis et le roi son fils, qui ne connaissaient nullement les motifs d'opposition, ou qui ne se souciaient pas de les connaître, à pres-
11) \'oyez, ci-[iprès, article Halle-aux-Biés.
[2\ MélaïUfes d'ixi^loire, de littérature, par M. Terrasson. — Histoire de l'hôtel de Soissons, p.ig. ire. — Mémoires de l'Académie des Li^criptions, t. XXXYI, pag. 262.
IIISTOIRE DE PARIS
ser le parlement, à le presser même avec menace, d'enregistrer les édits en faveur des jésuites. Le parlement se débarrassa de cette affaire en la renvoyant à l'assemblée de Poissy. Cette assemblée, présidée par un des Guises, par le cardinal de Lorraine, ne manqua point de prononcer en faveur des jésuites. Le 5 juillet 1564 , leur établissement à Paris fut décidé; et, après une lutte de dix années, ces pères virent leur désir accompli.
Guillaume Duprat,évêqaede Glermont, fils du fameux cardinal de ce nom, avait fait plusieurs legs aux jésuites, dont ils ^employèrent une partie à l'acquisition d'une grande maison située rue Saint-Jacques, et nommée la cour de Langres.
Dès qu'ils eurent obtenu la permission de s'établir, ils voulurent avoir celle d'enseigner la jeunesse. L'Université s'opposa vivement à cette entreprise : l'affaire fut plaidée avec éclat, et les jésuites perdirent leur procès au parlement; mais toujours persistants et confiants dans leurs ressources, ils eurent l'adresse de le faire porter au conseil du roi, où il fut résolu que ces religieux enseigneraient la jeunesse sans èlre incorporés à l'Université; et ce fut en 1564 qu'ils établirent leur collège, iju'ils nommèrent collège do Clennont de la société de Jésus, et où, en 1578, ils firent bâtir une chapelle.
C'est sans doute aux nombreux obstacles qu'ils éprouvèrent, aux efforts qu'ils firent pour les surmonter, qu'ils durent cette souplesse de caractère, cet art d'amener les événements, et d'en calcu'cr les vésuJtats, et ce talent pour l'intrigue qu'ils portèrent au plus haut degré de perfection, et qui leur mérita la dénomination dé pères de la ruse.
Le besoin de protection les accoutuma de bonne heure à caresser ceux qui possédaient le pouvoir, à sacrifier, pour obtenir leur bienveillance, tous les principes de la morale et de la religion. Ils créèrent pour les rois, pour les princes, pour tous les hommes constitués en dignité, une religion particulière et fort commode. Ils excusaient en eux et justifîaientla plupart des crimes : le manque de foi, les perfidies, le vol. les assassinats, etc., étaient des actions innocentes, pourvu que les coupables fussent puissants (1), et ne les
cal.
(1) Voiif:]e^ Lettres Provinchies^ prr P."^.v-
eussent commis que pour leur honneur nobiliaire. Par leurs insidieuses intei'prétations, toutes les règles sociales disparaissaient ; les vices et les vertus étaient confondus ; leur complaisance pour les passions humaines n'avait de bornes que les intérêts de leur ordre et ceux delà cour de Rome. lis travaillaient avec une persistance admirable à procurer à tous les souverains un pouvoir absolu sur leurs sujets, afin que, dominant les rois en dirigeant leur conscience et leur conduite, ils pussent étendre leur domination sur toutes les classes de la société. Ils tendaient constamment vers ce but, comme l'ont prouve leurs revers et leurs succès; mais, pour v atteindre, il fallait séduire les hommes puissants, et caresser leurs inclinations perverses : c'est en quoi ils montrèrent toute leur habileté.
Avec de tels principes ils se firent de très puissants partisans, s'emparèient des consciences de presque tous les m.onarques de l'Europe, que souvent, sous le titre de confesseurs, ils maîtrisèrent entièrement. Malheur aux audacieux qui contrariaient leur marche, et dévoilaient leurs |>rojets ambitieux! malheur aux rois, indocil*js à leur direction! leur perte était résolue, et tôt o;i tard le poignard ou le poison les punissait de leur clairvoyance et de leur généreuse opposition.
Leur premier établissement à Paris porta le nom de leur bienfaiteur ou fondateur, l'évêque de Clermonf, nom qu ils changèrent ensuite par intérêt et i ar adulation : au titre de Col.ége de Cb^^rmonl, que cet établissement avait porté d'abord, ils substituèrent depuis celui de Collège de Louis le Grand. Je reviendrai sur rtcollège.
Saint-J.4cques-du-Haut-Pas, hôpital et ensuite église paroissiale, située rue Saint- Jacques, entre les no' 252 et 254. Cet établissement est dû à une colonie de l'hôpital de Saint- Jacques-du-Haut- Pas, situé en Italie, dans le territoire de la république deLucques. Ainsi, ce n'est ni la rue du faubourg Saint -Jacques, ni l'élévation de cette rue qui ont donné à cette maison le nom qu'elle porte.
On conjecture, avec beaucoup de vraisemblance, que les religieux de cet ordro devaient leur origine à une association do laïques, connue sous le nom de Frères pontifes oi Frères constructeurs de ponts: ou L':cii «■•0 !«'"= fr^re? do cet li'ipikil
pABit, — Typ. tACOi'P; ru'- Soufflet, 48.
sous CH
étaient une branche de cette associatioD(l;, L'époque où fat fondé, a Paris, l'hôpital de Saint-Jacques du-Haut-Pas est inconnue. Des lettres de Charles le Bel, de ^an \ZU, ainsi que d'autres lettres de Philippe de Valois, de l'an 1333, attestent que ces religieux habitaient l'emplacement qu'ils ont occupé depuis, et que cet empîacemeDt étiit nommé Clos du Roi, dont lU.nossédaient la moitié. Ils n'existaient
Mt
point à Paris eu qualité de Frères po^llfe^, mais en celle de Frères hospitaliers, qui logeaient les pauvres passants et les pèlerins. Ils portaient le signe du tau sur leurs habits. Ils eurent d'abord une chapelle qUi fut bénite en 1350.
Dans la suite, on en construisit une plus vaste, consacrée en loi 9. Les chefde cette maison étaient qualifies de commandeurs.
Porte Saint-Victor
Kii 1566, après quelques tentatives inatiles, et surtout après l'opposition des curé> du voisinage, la chapelle de Saint- Jacques-du-Haut-Pas fut érigée eu église succursale desparoissesdaquartier. >• Avons « permis et permettons, porte la sentence • de l'ofncial de Pans, aux manants et « hobitants desdits faubourgs de la porte
tl. Voyez Recherches historiques sur les ' ongi-égatioas hospitalières des Frères pon- ^-le-, par M. Grégoire, ancien évê-c^ue de K'oi-. oto.. publiées en 1918.
II nCLAURE
e Saint-Jacques et d^ Nolre-Dam-.'-des- « Champs avoir à leurs dépens autres per- « sonnes qui dient, chantent et célèbrent « à haute voix et avec chants lesdits of- * fices divins, etc. >
Cet hôpital était presque abandonne .
on n'y recevait plus de malades : les administrateurs, comme ceux de la plupart des hôpitaux de Paris, vivaient du bien des pauvres, et ne leur donnaient aucim secours: il n'y restait que Jeux religieux, lorsqu'en 1372 Catherine de Médicis, {»our faire bâtir un nnuvp] hôf.^l. appe! ■ d*^puis
Hôtel de Soissons (1), délogea les Filles- Pénitentes, qui délogèrent les religieux de Saint-Magloire, lesquels vinrent occuper la maison de Saint-Jacques-du-Haut-Pas.
Les religieux sécularisés de Saint-Magloire transférèrent à Saint-Jacques-du- Haut-Pas les reliques de leur patron, qui, comme je l'ai dit ailleurs, ne furent pas très loyalement acquises. Ils voulurent donner à leur nouvelle église ou chapelle le nom de Saint-Magloire; le public, très •écalcitrant pour les changements de nom, ti'adopta point celui-ci.
Ces religieux célébraient la messe à des heures qui ne convenaient pas aux paroissiens : cWfx-ci prirent le parti de faire bâlir, à côté dei4a chapelle du monastère, une chapelle nouvelle, dont la construction fut commencerai '1584, et qui fut considérée comme sc^Rirsale.
En 1630, on enJl^eprit la reconstruction de celte église trop petite : l'architecte Gittard en fournit le dessin. Monsieur, frère de Louis XllI, en posa la première pierre ; mais alors on ne put achever que le chœur. Les travaux furent repris en 1675 : la nef ^ut reconstruite; et les habitants du quîMier signalèrent leur zèle en cette occasioj. Les carriers fournirent
gratuitement tjjite la pierre dont cttte églis^|t pavée, et les maçons donnèrent un «Pde travail par semaine.
I|a chapelle de la Vierge, située au chevet de cette église, fut construite en 1688. L'église n'oifr^ien de remarquable, si ce n'est un tableau de grande dimension représentant l'ensevelissement de Jesus- Christ, peint par Degeorge, élève de David, et qui fut expose au salon de 1819. Dominique Cassini, célèbre astronome pour son temps, et Jean De.-moulins, curé dont la mémoire est encore chère aux paroissiens, sont enterrés dans cette église, qui est la seconde succursale de la paroisse de Saint-Eiienne-du-Mont.
Le bâtiment qui servait à l'ancien hôpital, démoli en 1823, était séparé de l'église paroissiale par une ruelle nommée rue des Dcux-EgUses. Les religieux de Saint-Magloire, qui Ihabitaient, tenaient une conduite fort scandaleuse, ce qui obligea, en 1618, Henri de Gondi, évêque de Paris, de lus renvoyer. Il établit à leur I lace le séminairedesprêtresde l'Oratoire, premier éiablissement de ce genre à Pa-
(1) Voyez y ci -dessus, Hôlel de Soissons.
ris, et qui s'est maintenu jusqu'à la révolution. L'emplacement a depuis été concédé à l'institution des Sourds-Muets. Je parlerai de ce séminaire et de cette institution.
L'ancienne chapelle de l'hôpital, dont les formes annonçaient une construction du quatorzième siècle, devenue propriété particulière, a subsisté jusqu'en 1823, époque de sa démolition.
Collège DES Grassins, situé rue des Amandiers, n» 14. Il fut fondé, en 1569, par Pierre Grassin, conseiller au parlement, qui, pour cette fondation, légua la somme de 90,000 livres : son fils et un autre parent du même nom ajoutèrent encore à cette dotation. Il fut destiné pour six grands boursiers étudiants en théologie, et douze petits boursiers étudiant les humanités, tous de la ville de Sens. Cq collège est aujourd'hui uuq propriété du gouvernement,
JURlDICTlOxN DES JUGES ET CONSULS,
établie près de l'église de Saint-Merri, dans un grand bàtimmt acquis par les six corps des marchands. Cette institution, toute populaire, où les man hands sont jugéspardes marchands, fut créée, en 1563, par le chancelier Michel de L'Hospital. Elle affranchit le commerce des entraves et des lenteurs qu'il rencontrait dans les justices féodales ou royales. Elle éprouva de vives oppositions de la part du parlement qui n'aimait pas les nouveautés (1). Cette juridiction fut d'abord composée de cinq marchands français, établis à Paris, dont un remplissait les fonctions déjuge, et les quatre autres celles de consuls.
Cette juridiction subsiste aujourd'hui sous un autre nom , et porte celui de Tribunal de Commerce. Elle est (tablie dans un magnifique local du nouvel édifice de la Bourse, où elle est plus convenablement placée ; elle est composée de \ deux présidents, de huit juges et de seize juges suppléants.
Arsenal, situé à l'exl rémité du quai Morland, neuvième arrondissement. Une partie de l'emplacement de l'Arsenal por-
(1) Le dernier jour de décembre 1564, le parlement de Paris fit des remontrances contre l'édit de création des juges et consuls des marchands : il serait dithcile de trouver une production plus ridicule par sa forme, plus absurde par ses motifs que ne l'est cette • remontrance.
sous
tait anciennement, avant le creusement des fossés de la ville, le nom de Champau-Plàtre. Charles VI en donna, en 1396. une portion au duc d'Orléans, son frère, qui y fit bâtir un hôlel. Dans la suite, la ville acquit ce lieu, et y fit construire des granges pour y placer l'artillerie. François le'", voulant faire fondre des canons, emprunta à la ville, en <o33, une de ces granges, avec promesse de la rendre dès que ia fonte serait achevée ; puis, sous prétexte d'accélérer le travail, il en emprunta une seconde, puis une troisième, avec la même promesse. La ville voyait avec peine ces emprunts successifs. Ce roi, qui, dans des actions d'éclat, manifesta beaucoup de loyauté, n'en montra guère en cette circonstance : il manqua sans façon à sa parole de roi, et garda pour lai les granges de l'artillerie.
Henri" II. en 1547, demanda encore quelques bâtiments pour y construire des fourneaux : il offrit des dédommagements à la ville; on ignore s'il les lui donna. Il y fit construire plusieurs logements pour les officiers de l'artillerie, sept moulins à poudre ; deux grandes halles et autres bâtiments, qui, dans la suite, furent presque tous ruin-is.
Deux accidents notables ont donné quelque célébrité aux édifices de l'Arsenal. A l'angle mridional du jardin, angle formé par le cours de la Seine, ou le Mail qui la bordait, et par les fossés de la ville, s'élevait la tour de Billy, dont j'ai déjà parlé, et qui faisait partie de l'enceinte de Paris. Le 19 juillet 1538. à cinq heures du soir, le tonnerre éclata sur celte tour, et la démolit presque entièrement. On y substitua dans la suite un bastion.
Le second accident arriva le 28 janvier 1563. Le feu prit à quinze au vingt milliers de poudre qui se trouvaient dans les bâtiments. L'explo^ion fut terrible; des pierres furent lancJes jusqu'au faubourg Saint- Marceau. La détonation fut entendue jusqu'à Melun; les poissons périrent dans la rivière. Des sept moulins à poudre, quatre furent détruits, les autres fort endommagés. Des maisons du voisinage furent renversées; trente personnes enlevées en l'air retombèrent en lambc^aux; un plus grand nombre d'autres fut dangereusement blessé. On ne put jamais découvrir les auteurs ou les causes de cet accident. On ne manqua pas de l'attribuer aux protestants.
Charles IX fit reconstruire sur un plus vaste plan le^ biitiments détruits. Ses successeurs continuèrent les constructions.
Sous Henri IIl, en 1584, fut bâtie la porte qui faisait face au quii des Gélestins. Cette porte était décoré':; de col on nos en forme de canons placés verticalement. Au-dessus était une table dî marbrée, où on lisait ce distique du poète Nico'as Bourbon, distique qu'admirait Santeuil : Djssé-je ê're pendu, disait-il, je voudrais en être l'auteur (1).
jEtnahœc Henrico vulcaniatela ministrat, Tela giganieos iebellatura furores.
Henri IV y établit un jardin: et Sully, en sa qualité de grand-maître de l'artillerie, y fit, pendant tout le temps de son ministère,' sa demeure ot^naire.
Louis XIV ayant fait construire des arsenaux aux frontièresniu royaume, l'Arsenal de Paris ne servit plus qu'à contenir des pièces hors d? service, des fusils rouilles, et des fonderies où l'on coulait quelques figures de bronze.
Le rég^r, en 171 8, fit abattre plusieurs vieux bâtiments, et construire, sur les dessins de Germain Boffrand, l'hôtel du gouverneur de l'Arsenal. Dans diverses pièces de cet hôtel était et se voit encore la précieuse bibliothèque, dite d"ab^|^ Bibliothèque d? Paulmy, enfin devenue publique sous le nom ae Bibliothèque de l'Arsenal.
Par édit du mois d'atiril 1788, l'Arsenal, depuis longtemps inutile, fut supprimé, et son emplacement destiné à la construction d'un nouveau quartier de Paris; mais cette ordonnance ne reçut point son exécution.
L'emplacement de l'Arsenal a éprouvé, depuis, plusieurs changements. Sur le jardin fut, 'en 1806. établie une partie du bo'jlevard Bourdon. Sur le même jardin, et le long du boulevar i Bourdon, on commença, en 1807, à bàtir le vaste édifice appelé Grenier de réserve, dont je parlerai. A la plice du Mail, qui se trouvait entre les bâtiments de l'Arsenal et le bras de la Seine, on ouvrit une route très commode. Les travaux de la gare, qui est alimentée par les eaux d.i canal de 1 Ourcq, ont aussi apporté plusieurs changeinents ut. les dans l'emplacement de l'Arsenal.
Piloris. Il existait à Paris plusieurs
(1) Parole d'au fou ou d'un poète.
constructions destinées à exposer des condamnés aux yeux du public. On voyait un pilori au carrefour formé par les rues du Four, de Sainte-Marguerite, deBuciet des Boucheries. C'était celui de la justice de Saint-Germain-des-Prés.
Le pilori le plus connu était situé aux Halles, aujourd'hui Carreau des Halles, près et à l'ouest de l'ancienne fontaine. 11 présentait une construction octogone en maçonnerie surmontée d'une vaste lanterne en bois, dans laquelle on plaçait les condamnés. Cette lanterne tournait sur un pivot. En la faisant mouvoir de tous côtés, on expo-ait le patient à tous les regards du public.
Dans les comptes de la prévôté de Paris de l'an 1515, on voit que Laurent Bazard, exécuteur de tarante justice, étant monté dans le pilori, sans doute pour y faire quelques apprêts, pliftieurs personnes du peuple y mirent le feu, et que ce bourreau y fut brillé vif : on vint un peu tard à son secours. Un Iioulanger, nommé Lostière, un des auteurs de l'incendie, fut pris et pendu (1).
Le pilori des Halles fut reconstruit à neuf en 1471 ; détruit par le feu en 1515, il fut réparé en 1542, et maintenu jusqu'en 1789, époque où ce genre de supplicHfîut aboli.
Fourches patibulaires, nommées en langage féodal justices. Il en existait plusieurs en dehors de Paris : les plus connues sont «celles de Montfaucon et de Montigny. Montfaucon présente une éminence "peu sensible, située entre les faubourgs Saint-Martin et du Temple.
Sur sa cime était un massif de maçonnerie qui s'élevait, au-dessus du sol, de 15 à 18 pieds : sur la surface de ce massif, long de 42 pieds sur environ 30 de large, s'élevaient seize piliers, composés de fortes pierres, et dont chacun avait trente-deux pieds de hauteur. Ces piliers supportaient (le grosses pièces de bois auxquelles peuplaient des chaînes de fer ; à ces chaînes étaient attachés les cadavres des malheureux exécutés à Paris. On y voyait toujours, pendant cette période, cinquante à soixante corps desséchés, mutdés, corrompus et agités par les vents. Cet horiible spectacle n'empêchait pas les Parisiens
(1) Sauvai, Antiquité9d4 Paris, t. III, pi-euves, pag. 599.
de venir faire la débauche autour de c» gibet (1)
Lorsque toutes les places étaient occupées, pour y atttacher de nouveaux cadavres on descendait les plus anciens, et on les jetait dans un souterrain, dont l'ouverture était au centre de l'enceinte.
On arrivait à cet affreux monumeni par une large rampe. Une porte solide en fermait l'enceinte ; sans doute dans la crainte que les cadavres ne fussent enlevés par des parents pour leur donner la sépulture, et par des sorciers, pour servir à leurs opérations magiques.
Sauvai, qui écrivait au commencement du dix-huitième siècle, dit que de soi' temps le souterrain était comblé, la porte et les marches brisées; qu'il restait à peine trois ou quatre piliers (2).
Les fourches de Montfaucon ou de Im grande justice furent souvent insuffisantes.. On voit, dans les comptes de la prévôtéde Paris, qu'en 1416 on construisit un autre gibet près de la grande justice, audelà de l'église de Saint-Laurent, et qu'onl'entoura de fossés profonds et de murs, llnecontenait quequatre piliers debois(3;.
En 1457, on éleva dans le voisinage de Montfaucon une autre justicequ'onnomniii gibet de Montigny. On en fit plusieurs autres (4) : mais c'est trop s'arrêter sur ces tristes objets.