RISÉE SUR I/ARCHEVEQUE DE REIMS
lice : une pâleur mortelle couvrait son front ; elle était au septième mois d’une grossesse laborieuse, et ses yeux humides de larmes semblaient demander grâce pour l'enfant qu’elle portait dans son sein; «semblable à la veuve d’'Hector, dit le classique Guillaume-le-Breton, elle eût attendri tout le camp des Grecs. » Mais les barons demeurèrent silencieux; aucune épée ne fut tirée pour elle. L'interdit avait jeté la terreur dans toutes les ames. L'aspect des églises fermées, cette suspension des cérémonies chrétiennes, avaient tellement frappé les imaginations, que la présence d’Agnès et ses supplications ne changèrent point la détermination des barons et des prélats : 1l fut décidé que Philippe accomplirait la volonté du pape; qu'il renverrait, jusqu’à décision défimitive, Agnès de Méranie, pour reprendre la reine Ingerburge captive. Alors, le roi s'adressant à archevêque de Reims, qui avait prononcé la sentence de divorce avec Ingerburge, lui demanda s’il était vrai que ‘cette sentence eût été annulée par le Saint-Siége. — Oui, répondit l’archevèque. — Eh bien! sire archevêque, vous qui l'avez prononcée, vous ne saviez donc