LETTRE D'AGNÈS DE MÉRANIE AU PAPE
pas ce que vous faisiez. — L’archevèque ne répondit mot *.
Ce fut alors que la suppliante Agnès de Méranie s’adressa au pape : « Trés saint Père, née dans un pays éloigné de France, fille d’un prince chrétien, je devins l'épouse, devant Dieu et l'Église, de mon Seigneur Philippe.
J'étais jeune, et tout-à-fait étrangère aux affaires de ce monde; l’on m’a dit que le prince qui me prenait pour sa femme m’appartiendrait à toujours : je m’attachai à lui; je Paimai de cet amour chaste de l'épouse : je lui ai donné deux enfans; et c’est maintenant qu'on voudrait m’en séparer pour le rendre à ma rivale, cette Ingerburge, qui remue le ciel et la terre contre moi. O mon Seigneur! vous voyez à vos pieds une jeune princesse tremblante ! la couronne ne la séduit pas, c’est son époux qu’elle réclame ; vous ne le lui refuserez pas, car vous êtes la Providence qui distribue la justice de Dieu sur la terre. »
Innocent III ne répondit à ces supplications
: Rigord , ibid. — De Legat. miss. in Franc. — Duch., t. V, pe 795.