PRIVILÈGE DES BOURGEOIS DE PARIS
lières; les bons bourgeois de Paris demandèrent à être seuls chargés de conduire le vin nécessaire pour leur consommation, dans leurs bateaux sur la Seine’; le roi défendit, en conséquence, à tout autre de se mêler à ce trafic. Ilaffranchit en mème temps les habitans d’Anet des droits de péage et de banvin dans les domaines royaux ?; enfin, il confirma, moyennant une redevance de cent livres par an, les coutumes que le comte de Nevers avait concédées aux manans d’Autun à.
Lorsque la commune ou la cité avait obtenu certains priviléges particuliers, le roi en devenait le gardien fidèle et le conservateur de droit; c’est ainsi que le duc de Bourgogne, ayant pendu, avec le licol d’une mule, Gautier-le-Borgne de Dijon, coupable du crime de fausse monnaie, contrairement aux droits de la commune qui attribuait la punition du faux monnoyage aux échevins et jurés, le sire duc fut obligé, par le roi, de jurer, sur
: Rec. des Ordonn. » t. XI, p. 260.
3 Ibid. , t. IV, p. 605.
3 Baluze Miscellan , t. VIT, p. 326.
ESPRIT DES ORDONNANCES ROYALES. 179 l'Évangile et sur le chef de saint Bénigne, qu'il se conformerait dans l'avenir au texte de la charte communale 1.
Dans d’autres circonstances, le roi se montra, au contraire, le conservateur des intérêts qui. luttaient alors avec ceux des cités ; c'est ainsi qu'il ordonna, dans une charte de 1193, aux bourgeois de la ville de Tours, de respecter en tout point les priviléges de lévêque, leur ancien seigneur ?; il annula deux ou trois communes qui, au nom de leurs franchises, s'étaient révoltées contre leurs droits sires.
Il y avait en ce temps une véritable effervescence pour ces libertés bourgeoises; partout serfs et manans prenaient les armes pour reconquérir cette indépendance que l'action d’un système oppressif leur avait enlevé; à Rouen, à Mantes, à Chartres, les bourgeois s'étaient jetés sur les nobles et les seigneurs; les cris de commune se faisaient entendre dans les cités, dans les bourgs, autour des manoirs. A cette époque, le pouvoir royal ne favorisa plus
1 Rec. de Perard, p. 338, copiée sur l'original, ann. 1198. 3 Gallia Christ. , ae éd., t. III, Znst. col. 48.