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LE ROI ET LES BOURGEOIS

ce mouvement de liberté. Il faut croire que la situation militaire du pays, qui obligeait sans cesse le roi à recourir aux barons pour leur demander des services, ne lui permettait pas de soutenir une révolution qui blessait leurs intérêts; peu de communes offraient en guerre l'appui formidable des valeureux châtelains.

« Des marchands de gants de peaux, de cottes de mailles ou fourrure, des armuriers, enlumineurs d'images ou d'émaux, clercs, grands copieurs d'heures etromans, faisaient peu demine sous leur bannière de la Vierge, à côté d’une forêt de lances, chevaux bardés de fer et gonfanons mi-partie au haut lignager. » Si les rois aimaient à tirer aide d'argent de communes et bourgeoisie, ils devaient préférer, pour les batailles, cette noble foison de chevaliers armés, qui ne demandaient, en échange de leurs services, que le maintien de leurs vieilles coutumes de priviléges, et le droit de piller les marchands, d’opprimer les serfs et les juifs : il ne faut donc pas s'étonner du petit nombre de franchises communales dans la premiere période du x siècle. |

: Roman de la Rose.

ADMINISTRATION FCCLÉSIASTIQUE. 181

Une des affaires importantes d'alors, était le gouvernement de l'Église. L'administration ecclésiastique, dans ce temps pieux, avait une si puissante influence sur la société, un ascendant si merveilleux sur les esprits , que la grande occupation des suzerains fut d’en régler la marche, et d'en tourner lautorité à leur profit.

La Gaule chrétienne avait conservé quelques unes des formes de l'Église primitive. Il n'y avait point encore de ces concordats du quinzième siècle, sorte de pactes simoniaques entre l’évêque de Rome et les rois; les métropolitains, les évèques suffragans, étaient élus par les chapitres et le clergé, puis obtenaient le pallium du pape; par cet acte, ils se mettaient en communion avec le Saint-Siége. La puissance des métropolitains était immense; ils dirigeaient le clergé et ses chefs ; sous eux toute la population se courbait.

La division ecclésiastique du territoire influait sur l'autorité politique '; un fief, un comté, étaient plus ou moins dépendans d’une

: Cartul. de Philippe-Aug., par l'abbé De Camps (K. Gou-

vernement ).

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