PAIEMENT DU PASSAGE
et bien équipés, et il y en avait trois fois plus qu'il ne convenait pour le nombre des chré- ‘tiens qui là se rendirent. La république avait donc fort bien accompli ses conventions; le doge et ses conseils somméèrent en conséquence les chevaliers et les barons d'exécuter les leurs. On fit la quête parmi les gens de baronnage, mais il y en eut beaucoup qui alléguerent leur impuissance de payer. Cette circonstance fit naitre de grandes disputes dans le camp; les uns disaient: « les Vénitiens nous ont fort bien tenu leur promesse ; 1l vaut donc mieux employer tout notre avoir ici, plutôt que de manquer à la foi jurée»; les autres disaient : «Nous avons raisonnablement payé pour notre passage; qu'on nous charge donc si l’on veut, sinon nous nous pourvoirouns ailleurs.» Pour faire cesser ces querelles, qui devenaient fort vives sous la tente, le comte de Flandre, le marquis de Montferrat, les comtes Hugues de Saint-Pol et Loys de Blois, commencèrent à donner tout ce qu'ils avaient et tout ce qu'ils purent emprunter sur leurs terres et fiefs.« Alors vous eussiez pu voir tant de riches vaisselles d'or et d'argent trotter cà et là, et portées en