‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 2)Chapitre 191 sur 336 · FLOTTE VÉNITIENNE · texte numérisé non relu

FLOTTE VÉNITIENNE

sauf quelques chevaliers, tels que Simon de Montfort, Pierre de Nesle, Raoul le Beauvotsin, qui ne voulurent pas suivre la fortune des chevaliers français allant combattre le vieil empire de Byzance. Ils disaient tout haut que les Vénitiens avaient été gagnés par les mécréans pour détourner le baronnage de France de la voie d'outre-mer, et les diriger vers Constantinople :. Les vaisseaux vénitiens appareillèrent pour Corfou. Le marquis de Montferrat et Dandolo restèrent en arrière, parce qu’on leur avait annoncé que le jeune César devait venir les joindre. Il arriva en effet, et fut reçu avec acclamation par le petit nombre de chevaliers qui étaient avec le duc et le marquis à Zara. On l’embarqua sur un vaisseau de forme ronde, de compagnie ayec les deux chefs de l’armée. Lorsqu'ils arrivèrent à Corfou, ils trouvèrent les croisés déjà logés devant la ville, tentes et pavillons en plainair, « Vous eussiez vu alors maint brave homme d'armes et vaillant soldat aller à l'encontre de leurs sires, et force beaux chevaux galopper.

? Continuateur de Guillaume de Tyr,

HÉSITATION DES CHEVALIFRS. 33 s.

Ainsi reçurent Alexis à grande joie et à grand honneur :. »

L'arrivée du jeune César ne calma pas l'opposition papiste qui s'était manifestée dans le camp des pélerins contre l'expédition de Constantinople. On comptait parmi Les principaux opposans, le champenois comte de Champlite, Jacques d’Avesnes, Pierre d'Amiens, Guy, châtelain de Coucy, Augier de Saint-Ghéron, Richard de Dampierre, et plusieurs autres chevaliers distingués. Le baronnage était comme partagé. Quand les chefs apprirent ces violentes divisions, ils se dirent les uns aux autres : «Sires barons, si tous ces gens se dispersent, nous serons en fort mauvais termes; allons donc vers eux, et requerrons-les qu'ils aient pitié de nous. » Ils s’acheminèrent, ayant à leur tête Les abbés et Les prètres, et le jeune Alexis au milieu de leur ost. Arrivés sous la tente des dissidens, ils mirent pied’ à terre, et s’avançant vers leurs compagnons, ilsse précipiterent à leurs genoux en criant merci. Quand les autres virent leurs seigneurs liges, leurs plus

i Villehiardouin, Liv. I.

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