‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 2)Chapitre 192 sur 336 · CONCILIATION GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

CONCILIATION GÉNÉRALE

proches parens et amis, se prosterner à genoux, ils dirent : « Sires barons, relevez-vous, nous ‘en délibérerons; » et le lendemain ils résolurent de faire cause commune avec l’armée ‘des barons qui allaient à Constantinople, maïs seulement jusqu’à la Saint-Michel prochaine. Ce point convenu, la flotte se mit de nouveau en mer dans la direction de Cons- ‘ tantinople, et le cœur des hommes se réjouissait en voyant tant d’étendards, de bannières, de devises, flotter et ondoyer à lenvi. Tandis qu’ils étaient en mer, ils rencontrèrent deux navires de pélerins qui voguaïent de la Syrie vers Marseille’. Comme le comte de Flandre envoyait la nef pour les reconnaître, un des chevaliers de ces navires se laissa couler dans l’esquif en criant à ses compagnons : « Je vous abandonne tout ce que je puis avoir, je vais m'en aller avec ceux qui me paraissent gens à pays conquérir. » On le reçut de bon œil au camp des croisés français, car il avait confiance en eux, et montrait un cœur vailant. |

Villehardouin, liv. HA.

Page 1