ASSAUT A CONSTANTINOPLE
tous preux et vaillans; le marquis de Montferrat devait mener la sixième aux batailles ; elle était la plus nombreuse, car se trouvaient réunis sous ses gonfanons les Lombards et les Flamands. Les choses ainsi convenues, les chevaliers se rembarquèrent. Les trompettes retentissaient jusques au plus lointain rivage : les Francs n'avaient point atteint les bords que déjà ils s’élançaient du haut du tillac, dans la mer, l’armet en tête et la lance au poing. Les Grecs firent quelque simulacre de résistance; mais quand on en vint aux rudes coups, ils tournèrent soudain le dos, laissant pavillons et tentes à l'abandon. Les croisés vinrent camper à la bouche du port, devant la tour de Galata. Une chaine tendue d’un bord à l’autre en défendait l’entrée. Les barons virent bien qu'ils devaient la briser, pour, de là, s’'avancer sur Constantinople; ils s’hébergèrent pendant cette nuit en la juiverie que l’on appelait Sfanor. Le lendemain, l'attaque commença; les arbalétriers de France prirent la tour presque sans coup férir : alors un nouveau conseil se réunit pour délibérer sur les moyens d'attaquer Cons-