CHANCES DIVERSES DES COMBATS
Vénitiens. Les nobles barons étaient presque toujours l'épée au poing et le casque en tête, s’efforçant de rembarrer les assiégés. Enfin l’on se décida à donner un assaut général. Le marquis de Montferrat eut la garde du camp avec les chevaliers de la Champagne et de la Bourgogne; le comte de Flandre, les comtes de Blois et de Saint-Pol durent conduire les autres vers les murailles, tandis que les Vénitiens tenteraient de s'emparer de la ville du côté de la mer. Au signal donné par les trompettes et les clairons, les croisés se précipitent en bon ordre, et parviennent à planter courageusement deux échelles à un créneau près de la mer; et encore que le mur füt garni d’Angles et Danois’, vingt-cinq hommes d'armes parvinrent à monter sur le sommet et à combattre main à main, à coups de hache : mais ce petit nombre de hardis varlets, isolés de leurs compagnons, succombèrent bientôt. Les barons eux-mêmes furent obligés de songer un moment à la retraite, tant la multitude des ennemis s'accroissait. Les Vénitiens étaient
: C’est ainsi que le sire Vilhardouin appelle les Waranges.