‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 2)Chapitre 200 sur 336 · LE DOGE DE VENISE · texte numérisé non relu

LE DOGE DE VENISE

plus heureux dans leurs attaques, du côté de la mer. leurs vaisseaux, rangés en très belle ordonnance sur un front qui embrassait plus de trois jets d'arc, s’approcherent du rivage; «et là, vous eussiez vu tirer maints grands coups de pierre par des mangoneaux et engins jetés du dessus le tillac du navire, voler maints carreaux d'arbalètres et pleuvoir une grosse nuée de flèches sur le rivage. » Les Vénitiens arrivèrent enfin au pied des murailles; les échelles sont aussitôt plantées, et les soldats se hâtent de monter à lassaut. Le vieux doge de Venise, accablé par l’âge, donnait partout l'exemple ; Villehardouin qui était à côté de lui, avec quelques barons de la Champagne, ne peut s'empêcher de dire : « A la vérité c’est une chose presque incroyable de la prouesse que ce bon et valeureux duc de Venise démonstra, car étant s1 vieil et caduc, et avec ce ne voyant goutte, ne laissa pas de se présenter tout armé en la proue de la galère avec l’estendard de saint Marc au devant, criant à ses gens qu'ils le missent à terre, autrement qu'il ferait justice de leurs corps :»: les

: Villehardouin, liv. 111.

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