LES ENCEINTES DE CONSTANT. SONT FORCÉES
matelots, muets d’étonnement à l'aspect d’un si grand courage, obéirent. Le doge se fait porter à terre, précédé de l’étendard de saint Marc, et du geste et de la voix il anime les combattans. Bientôt par les efforts de la valeur que les croisés crédules attribuent à des miracles , le gonfanon de la république parait au sommet d’une des tours les plus élevées ; les Grecs, saisis de frayeur, abandonnent en désordre la muraille, et les Vénitiens s'emparent, sans résistance, de vingt-trois autres tours ou ils placent leurs matelots et leurs guerriers. Alors le doge dépècha un bateau aux barons français, pour leur annoncer l’heureux succes de ses hommes et leur apprendre que les Grecs fuyaient dans toutes les directions. Les chevaliers se forméerent en bataille et se tinrent prêts à marcher de nouveau vers la cité”.
Le lendemain, l’empereur Alexis, rassemblant tout ce qu’il pouvait trouver de soldats,
1 Pour les détails de ce siége, consultez la lettre des croisés au pape Innocent III, et dans laquelle ils lui rendent compte de la conquête de Constantinople. — Baronius, ad ann. 1200. — Nicétas, in Alexis Comnène, 1. II, chap. 10, p.349. — Dan-
dolo, Chronic., p. 322.
2 Villehardouin, liv. ur.