LES GRECS MARCHENT SUR LE CAMP
sortit de Constantinople, résolu de présenter bataille aux barons. Or, ce jour-là, Henri, frère du comte Baudouin, était de garde; lorsqu'il vit s'approcher un nuage de poussière, il s’écria : « Aux armes! beaux sires, voici les Grégeois qui s’avancent; » sur-le-champ les Français sortirent en six batailles, et s’arrangèrent, tous à cheval, léurs écuyers derrière eux, immédiatement à la croupe, les archers et les arbalétriers au-devant. Ils demeurèrent immobiles en cet ordre, ayant leur camp derrière eux; car, s'ils se fussent avancés dans la plaine, la foule des ennemis les eùt accablés. Il semblait que toute la campagne. en füt inondée. La position qu’avaient choisie les croisés était très forte; inexpugnables;sur les deux ailes, 1ls devaient être de toute nécessité attaqués de front: comme les Grecs n’avaient point assez de courage pour le tenter, après être demeurés toute la journée en présence de ces carrés hérissés de lances et d’arbalètes, Alexis fit sonner la retraite, et ses troupes rentrérent en désordre dans les murs de Constantinopie. Les barons, de leur côté, grandement las et harassés de cette jour-