‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 2)Chapitre 21 sur 336 · IMPRESS. QUE FAIT LA CAPTIV. DE RICHARD · texte numérisé non relu

IMPRESS. QUE FAIT LA CAPTIV. DE RICHARD

d’une manière certaine qu'il en avait menti, Jai de nouveau envoyé mes messagers; au lieu de me répondre, il les a fait jeter dans l'eau; désirant donc venger un outrage fait à ma personne et à ma souveraineté, J'ai résolu de tuer le marquis, et c’est pourquoi j'ai envoyé deux de mes frères qui l'ont frappé en présence de ses gardes; or, sache, duc d’Autriche, que nous ne faisons tuer personne pour un salaire, et, par conséquent, que nous n'avons rien reçu de Richard. Nous ne donnons la mort que pour nous venger. Nous ’'écrivons cette lettre à notre grand château de Shellia, l'an d'Alexandre 1 505 *. »

La captivité de Richard faisait une impression trop forte dans la chrétienté; elle était en epposition trop évidente avec les opinions contemporaines sur la sainteté du pélerinage

* Raoul de Dicet, ]magin. hist., ad ann. 1193. On a élevé quelques doutes sur l’authenticité de cette lettre : nous ne la défendrons pas ; nous dirons seulement que M. Michaud n’en a pas lu bien exactement le texte, lorsque pour en combattre l’authenticité, il a dit qu’elle portait pour suscription l’année du pontificat du pape Alexandre, ce qui était plus que singulier dans une lettre d’un musulman; c’est de l’année d’Alexandrele-Grand qu’elle est datée , ou % l’ére macédonienne encore employée par les populations de la Syrie,

PARLEMENT ENTRE RICHARD ET L'EMPEREUR. 29 et l'inviolabilité du croisé, pour qu’elle se püt prolonger long-temps. Il était donc impossible à l’empereur d'accéder aux desseins du roi de France et du comte de Mortagne. ‘Tous les barons et les prélats d'Angleterre agissaient auprès du pape et de l’empereur. Cette année 11094, Richard fut conduit devant Henri IT, alors à Haguenau, et ce prince lui parla en ces termes : «Roi des Anglais, il n’y à pas bien long-temps encore que tu nous as fait la guerre, en t’unissant par un traité à Tancréde de Sicile, pour dépouiller ma femme.

Richard. Que celui qui m’accuse de trahison vienne tout armé; qu'il consente à entrer dans la lice pour me convaincre sur ce point: j'ai encore assez de courage pour vendre chèrement la victoire; qu’on fasse donc ce qui est prescrit par le droit féodal. Si j'ai combattu pour ma sœur dans la Sicile, je n'ai point pour cela offensé ton empire; je défie tes chevaliers de le prouver 1. |

Henri. N'as-tu pas touché dans la Syrie les pièces d’or de Saladin? N’as-tu pas livré les

: Guillaume le Breton, Philippéide, chant v.

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