‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 2)Chapitre 212 sur 336 · AMBASSADE AUPRÈS DE L'EMPEREUR · texte numérisé non relu

AMBASSADE AUPRÈS DE L'EMPEREUR

déclaration définitive des chevaliers de France. Ils montèrent à cheval, et, l'épée ceinte, se rendirent, en grand danger de trahison, au palais de Blaquerne. Conon de Béthune salua l'empereur, et lui dit : « Sire, nous sommes envoyés devant toi de la part des barons de France, et aussi du duc de Venise, pour te remémorer les services qu'ils t'ont farts ; nous avons une charte scellée du grand scel d’or pour les promesses que tu as jurées; veux-tu les remplir? Réponds sans détour. Si tu consens à les exécuter, les barons seront contens comme tu as été satisfait d'eux-mêmes; autrement, ils ne te tiennent plus pour ami et confédéré. Ainsi chercheront à avoir leur droit. .de toutes les manières possibles; mais avant de te chercher en champ de bataille, ils doivent te défier, selon l'usage; car oncques trahison ni déloyauté n'entre dans leur cœur. Tu as maintenant oui notre dire, fais ce qu'il te plairaï. »

Les Grecs furent très étonnés de ce langage plein de hardiesse; 1ls n'étaient point accoutumés à voir tant d’audace et de franchise en présence de l’idole couronnée. Le palais fut en

1 Villehardouin, liv. IV.

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