‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 2)Chapitre 221 sur 336 · DESTRUCTION DES MONUMENS · texte numérisé non relu

DESTRUCTION DES MONUMENS

le crocodile, habitant du Nil, avec sa queue couverte d’horribles écailles, et l'antique Scylla offrant par devant les traits d’une femme aux larges mamelles, à la figure difforme, et par derrière des monstres semblables à ceux qui avaient poursuivi Ulysse et ses compagnons.

Les barbares firent fondre l'aigle d’airain qui ornait encore l’hyppodrome. Elle déchirait un énorme serpent entre ses serres, et l’emportait vers la voüte azurée. On voyait sur le bronze la douleur du reptile, la fierté de l'oiseau de Jupiter; lorsque le soleil brillait sur lhorizon , le roi des airs, les ailes étendues, marquait, par des lignes adroitement tracées, les douze heures du jour. Les Francs ne respectèrent pas davantage la statue d'Hélène, chefd'œuvre dont la vue aurait dü désarmer Les vainqueurs. La fille des Grecs était telle que nous la peint Homére, avec son attitude voluptueuse, sonsourire remplide grâce;sa chevelure flottait au gré des vents ; ses yeux où se peignait la langueur, ses lèvres qui paraissaient de rose sur le bronze ne purent arrêter des mains ignorantes,; elle fut jetée dans le fourneau, et transformée en grossières pièces de monnaie. Rien ne fut

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