‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 2)Chapitre 223 sur 336 · LES RELIQUES · texte numérisé non relu

LES RELIQUES

dans une église de Constantinople, qui venait d’être livrée au pillage. Pénétrant, sans être aperçu, dans un lieu retiré où de nombreuses reliques se trouvaient déposées sous la garde d’un moine grec, Martin s’approcha du vénérable vieillard, qui priait non loin de ce trésor sacré: « Malheureux, s’écria-t-1l avec un accent de colère, conduis-moi près de la châsse à reliques, ou prépare-toi à mourir sur l'heure.» Le vieillärd se leva en tremblant, et montra un grand coffre de fer, où le pieux abbé plongea ses deux mains avec avidité , et s'empara des pièces les plus grosses, tels que bras et chefs ornés d’or et de pierreries. Chargé de ce précieux butin, 1l courut le cacher dans son vaisseau, et sut, par une pieuse fraude, en dérober l'existence à tous les barons et à tous les prélats de l’arméer. Un autre prêtre, nommé Galon de Dampierre, obtint la permission d'enlever le bras de saint Mamers ; un autre, les chefs de saint Georges et de saint Jean- Baptiste, dont il orna par la suite la cathédrale

d'Amiens.

Gunther, Hist. C. P., c. 19-21.— Fleuri, Æist. Ecclésiastique, t. XVI, p. 139-145.

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