ÉLECTION D'UN EMPEREUR FRANC
Lorsque le butin eut été partagé, les barons de France payèrent sur leur portion les cinquante mille marcs d'argent qu'ils devaient aux Vénitiens pour leur passage; et il leur resta bien encore pour leur part environ deux cent mille, dont cent mille furent destinés aux archers, sergens d'armes à cheval et à pied. Après cette distribution, on fit une rigoureuse justice de tous ceux qui furent convaincus d’avoir fraudé pour le butin, et il y en eut tout plein de pendus. Le comte de Saint-Pol fit élever au gibet un de ses chevaliers, convaincu de voi; « on lui attacha, ajoute le vieux maréchal, son écu au cul, en signe d’infamie. »
Pour stabiliser cette conquête, il ne restait plus qu'à élire un empereur. Les deux principaux prétendans étaient le comte de Flandre et le marquis de Montferrat. Aucun baron ne pouvait leur disputer la pourpre impériale, ni par l'éclat de l'origine, n1 par importance des services. Les chevaliers se réunirent en parlement, et le comte de Saint- Pol, sage et prudent chevalier, parla en ces termes : « Si l’on n’élit qu’un seul de ces deux sires, il est à craindre que l’autre n’en conçoive