APPEL EN LA COUR DE PHILIPPE
jugés, ils pourront en appeler à la cour supérieure du suzerain; mais, avant tout, qu'ils comparaissent devant leurs pairs. » Comme Philippe insistait par de nouveaux messages, Jean répondit : «Si bien; je promets d'aller en droit devant lui. — Et quel gage en donnezvous? demandèrent les messagers. — Je mettrai dans vos mains, à jour fixe, les châteaux de Rosières et de Boutavant.» Au terme indiqué, le roi Jean ne voulut ni comparaitre, n1 donner ses garanties : ce fut la le prétexte d’une nouvelle rupture. Le roi Philippe vint mettre le siége devant les deux châteaux promis comme gages d'exter en droit en sa cour. Il les attaqua avecune grande vigueur; ils furent détruits jusque dans leurs derniers fondemens.
Dans cette guerre, le jeune Arthur, duc de Bretagne, s'était prononcé pour Philippe et l'avait suivi aux champs de bataille. IL venait d’être fiancé à Marie, fille du roi de France, et ces nouveaux liens avaient encore angmenté la noble fraternité qui existait entre lui et le prince Louis, avec lequel il était élevé. On disait hautement dans les châteaux de France que Jean portait mal à propos la couronne d’Angle-