‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 2)Chapitre 246 sur 336 · GUERRE NATIONALE EN POITOU · texte numérisé non relu

GUERRE NATIONALE EN POITOU

si décrié, que je n'ose le dire ’. » Ainsi, la chevalerie s’indignait de la lèche conduite du rot Jean; mais, épuisés par les croisades, 1ls ne purent fournir à Arthur qu'un petit nombre de guerriers. Geoffroy de’ Iusignan lui amena vingt chevaliers; Savary de Mauléon conduisit trente lances et soixante-dix servans d'armes; le comte d'Eu amena quarante chevaliers; Hugues-le-Brun, le même que le roi Jean avait profondément outragé, ne put en réunir plus de quinze, malgré ses efforts et ses menaces féodales contre ses hommes.

Lorsque le jeune Arthur se vit entouré d’un si petit nombre de chevaliers, 1l leur dit : « Sires barons, croyez-vous que nous soyons une assez grande chevalerie pour conquérir terres et domaines? Attendons encore quelquesjours; le roi, notre sire supérieur, nous accorde pour auxiliaires le comte Henri, Hugues de Dampierre, Hugues de Beaujeu et tous les barons d’au-delà de la Loire. La Bretagne m'envoie cinq cents chevaliers à l'épreuve, et quatre

! Poésies de Bernard de Montcuc. — MSS. de Sainte-Palaye.

Page 1