PROPOSITION DU ROI JEAN A SON NEVEU
était le plus grand obstacle aux projets de Jean sur le duché de Bretagne: le zèle et la fidélité des barons de cette terre, qui le considérait comme un prince national, lui étaient acquis; on considérait l'héritier de la Bretagne comme un jouvencel plein de vaillance et devant rappeler par ses prouesses les fabuleux prodiges du roi Arthur dont il portait le nom, et des chevaliers de la Table ronde. Un jour qu'ils
avaient mangé ensemble, Jean-sans-Terre dit au prince national des Bretons :
« Beau neveu, renonce à des couronnes que oncque ne porteras; je te ferai part d’héritage comme ton bon et droit seigneur, et taccorderai octroi de sincère amitié.
— « Bel oncle, mieux me vaudroit la haine du roi de France; car toujours il y a remède de générosité avec noble chevalier.
— « Cest folie de s’y fier, varlet musard; les rois de France naissent ennemis des Plantagenets.
— « Philippe est mon parrain de chevalerie, et m'a baillé sa fille en mariage.
— « Beau neveu, mes tours sont fortes, et il n'y à ici nul qui résiste à ma volonté.