JEAN VEUT SE DÉFAIRE D'ARTHUR
— «Jamais tours ni épées ne me rendront :
assez couard pour renier droit que je tiens de mon père après Dieu. Angleterre, Touraine, Anjou, Guyenne, sont miens de son chef, et Bretagne de lestoc de ma mère; jamais n’y renoncerai que par la mort.
—«Ainsi sera donc, beau neveu, dit Jean plein de colèrer. »
Arthur était détenu dans le château de Falaise. Jean s’adressa à tous ceux en qui il avait le plus de confiance, et leur demanda conseil sur les moyens de s’en débarrasser. Personne ne voulut se charger d’un pareil crime. Préoccupé de son dessein, le roi chercha dès lors à rapprocher son neveu de sa personne, afin d’en faciliter l'exécution. De Falaise, il le fit transférer dans une antique tour de Rouen.
Ses projets barbares étaient un bruit public; on en parlait parmi les barons comme d’une chose prochaine, tellement que Guillaume de Brauce, vieux chevalier, à qui la tour de Rouen avait été confiée ainsi que le prisonnier, vint trouver Jean, et lui parla de la sorte :
: Voy. d’Argentré, p. 271.