‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 2)Chapitre 269 sur 336 · LE CAMP DES FRANÇAIS SURPRIS · texte numérisé non relu

LE CAMP DES FRANÇAIS SURPRIS

morts, succombent sous le glaive, semblables à des moutons. Un grand nombre d’hommes tombent frappés; la vie s'échappe de leurs corps avant même qu'ils aient senti le coup qui les tue, tant ils sont accablés sous le poids excessif du vin et du sommeil. »

Le bruit fut terrible sous la tente des chevaliers; tandis que la multitude fuyait, se précipitant vers le fleuve, le brave Guillaume des Barres , si redoutable aux Anglais, fait briller son glaive à la multitude des fuyards qu’une terreur panique pousse hors du camp. Renaud, comte de Boulogne, Gauthier, Guy, Mathieu, tous nobles chevaliers, imitent son exemple, et parviennent à réunir autour de leur petite troupe un certain nombre de lances et d’hommes d'armes. « Où fuyez-vous, s’écrient-1ls ? vous recevez la mort et ne la donnez pas'tournez donc le visage et votre épée contre l’ennemi. » On allume des flambeaux en toute hâte sur la rive droite du fleuve; des büchers ardens petillent dans lés camps; ceux-ci ajoutent des bottes de paille; ceux-là des fagots de bruyère; l’un apporte de la graisse et du lard, l'autre verse de l'huile sur là flamme, sans

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