ARRIVÉE DES PIRATES
cesse augmentée. La nuit disparait complètement, et les ombres se dissipent. Lorsqu'il leur fut permis de voir en face leurs ennemis, les chevaliers de France n’eurent plus qu’à les attaquer pour vaincre. Ils renversent, massacrent, saisissent des prisonniers, et font payer, par un juste retour, le prix d’une trahison nocturne :.»
L'armée reposait déjà, lorsque les arbalétriers poussent de nouveau le cri d'arme. Plus de cinquante barques fendent les ondes ; « leurs flancs renferment plusieurs milliers d’ennemis. C'était la flotte d'Alain le pirate, qui n’avait pu arriver en même temps que la troupe de Guillaume le maréchal, à cause des sinuosités infinies de la Seine. Au cri des sentinelles, on s’élance sur la tour de bois. Les arbalétriers tendent l’arc, les hommes d'armes se pourvoient de blocs de pierre, de masses de fer, de troncs d'arbres nouvellement coupés, de sons ardens et de pieux en bois. Les plus braves chevaliers se placent intrépidement sur le pont, en attendant la flotte. Elle s’avançait
: Guillaume-le-Breton, Philippéide , ch. vir.