CONSTITUTION FÉODALE DE NORMANDIE
La Normandie, la plus importante des provinces réunies, comprenait, lors de linféodation, en 912, au pirate Roll ou Rolf, toute la terre quis’étend depuis l'Epte jusqu’à la mer’; ses frontières , qui avaient souvent varié dans les traités entre Philippe et Richard, étaient alors fixées entre Gaïllon et le val de Rueil. On avait posé des bornes à Moyenville, et depuis ces bornes d’un côté jusqu’à la Seine, et de l'autre jusqu’à l'Eure, ce qui était vers Gaillon appartenait au roi de France, et ce qui était près du val de Rueil dépendait du duché de Normandie ?.
La constitution de cette province était comme le type du système féodal; colonie militaire, et sorte de campement chevaleresque, le régime de la conquête s'y était maintenu. Un brillant et nombreux baronnage y portait armes pour le service du duc; le Domesday indique plus de cent- vingt chätelains arborant gonfanon de chevalerie; on y comptait l’évéque de Coutances qui devait en guerre cinq che-
: Roman du Aou de Robert Wace, un des monumens les plus curieux pour les antiquités de Normandie. — Dudon de Saint- Quentin, de Moribus et gest. Normanorum, liv. 2, ch. 20 à 29.
2 Traité de l’année 1200.— Ancien Cartul. de Philippe-Auguste , regist. Heroval. folio 100.
SERVICES DE CHEVALERIE. 343 valers et dix-huit varlets; celui de Bayeux vingt chevaliers et cent-vingt servans d'armes; celui de Lisieux, vingt chevaliers ettrente servans; les abbés de Jumièges et de Saint-Michel, chacun - trois chevaliers ; le comte de Chester, dix chevaliers et sept servans ; le comte de Leicester, Robert de Montfort, Richard, de Vernon, chacun, dix chevaliers ; Hugues de Mortemart, eng; Richard Talbot, un seul :.
Le territoire du duché de Normandie était organisé sur le même modèle que les monarchies féodales de France et d'Angleterre; il était inféodé à des comtes héréditaires; on citait les sires comtes d’'Harcourt, du Cotentin, d'Evreux, de Beaumont, de Pont-Audemer, d'Eu, de Mortain, de l’Aigle, de Longueville, de Bayeux, d’Avranches, de Mortemart, de Breteuil, d’Ivri, et d'Orbec. A un petit nombre de ces fiefs, selon la coutume des cours féodales, étaient attachées les dignités hiérarchiques de l'écurie et des festins : le titre de grand maréchal de Normandie appartenait au Bessin; l'office de connétable, à la terre de Varengebec; au fief de Gouy, près de Rouen, la charge de
" Houard, Coututues anglo-normandes ACTE 2