‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 2)Chapitre 324 sur 336 · COMMERCE. — INDUSTRIE · texte numérisé non relu

COMMERCE. — INDUSTRIE

àge toutes les sources de la richesse publique; l'esprit d'association libre se montre aux époques où il y a progrès; car cette collection de forces individuelles est admirable pour vaincre les obstacles : le Iuxe des églises et du manoir, les châsses dorées, toutes couvertes de soies, d’émeraudes et de fins rubis, les calices et les vases sacrés ; et dans le castel lhermine du baron , sa bonne épée et sa cotte de maille, l’escarboucle, la robe de fin linon broché, lécharpe à mille couleurs, la haute coiffure des dames et des damoiselles; enfin tout l’étalage pompeux des tournois et des cours plénières, étaient fournis par ces grandes compagnies qui parcourent Fltalie, Venise, les villes de Flandre, déjà renommées par leur industrie, et se fournissaient de tout ce que le besoin de ces siècles pouvait demander; puis, traversant les provinces couvertes de péages, souvent exposées aux pilleries des barons, aux insultes des routiers, quelquefois affranchis par charte de -priviléges de toutes ces vexations , ils venaient étaler dans les foires publiques les merveilles des pays lointains.

.… Les arts eux-mêmes, qui marchent toujours avec la civilisation, avaient fait quelques pro-

grès. Ces magnifiques cathédrales, avec leur style si hardi, datent presque toutes de cette époque. Notre - Dame de Paris, l’église de Bourges, de Caen, de Bayeux, de Strasbourg, les plus beaux monumens de l'architecture gothique, sont des ouvrages du douzième et du commencement du treizième siècle, entreprise gigantesque, mais que favorisa l'esprit et le dévouement religieux des compagnies secrètes de maçonnerie, qui, S’associant pour la coustruction des ouvrages publics, avaient leur chef, leur doctrine et leurs mystères.

Toutes ces images roides, ces figures froides et grossières, quelquefois plus légères et plus hardiment contournées lorsqu'elles représentent des fleurs, des animaux, autre chose enfin que la nature morale; ces ornemens enfin qui décorent les édifices religieux, prouventcependant quelasculptureétaitencore dans l'enfance; car Les progrès des arts se calculent d’après l’expression plus ou moins vraie des sentimens de lame, que l'artiste sait imprimer à son ouvrage. Les peintures et les desseins ont les mémes défauts. Tous les personnages sont dans des situations matériellement indiquées par les lignes courbes ou droites; l'attention, l’a-

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