‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 2)Chapitre 38 sur 336 · MOQUERIES SUR PHILIPPE-AUGUSTE · texte numérisé non relu

MOQUERIES SUR PHILIPPE-AUGUSTE

Le roi Philippe assiégeait le château de Verneuil lorsqu'il apprit le massacre des chevaliers de France : «Aux armes, aux armes, s'écriat-il; que le gonfanon de deuil soit arboré sur ma tente. » Un sentiment d'honneur et de vengeance retenait les Français devant Verneuil, car les habitans', race infiniment méchante et accoutumée à aiguiser la méchanceté de leur langue brutale, avaient peint sur le pont même du château, la figure de Philippe, affublé d’un bonnet, une massue en main, Le tout en signe de mépris. Cependant le roi quitta le siége, et, à la tête d’un petit nombre de chevaliers, se précipita sur Evreux; les citoyens qui n'étaient pas soutenus encore par la présence des Anglais, prirent la fuite, et le roi ordonna de livrer leurs maisons aux flammes et au pillage des ribauds.» Après cette expédition les troupes de France revinrent à Verneuil pour en continuer le siége; mais la plupart des barons que le roi y avait laissés lors de son départ, s’étaient retirés; ils prétendaient que le temps de leur service était fini et qu’ils ne devaient

: Philippéide de Guillaume-le-Breton, ch. v.

Page 1