‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 2)Chapitre 48 sur 336 · CONDITIONS DE LA TRÈVE · texte numérisé non relu

CONDITIONS DE LA TRÈVE

prend dans la trève les hommes et les chàteaux qui sont plus à lui qu’à Richard; tels sont Arques, Driancourt, le comté d’Auge, Mortemar, la terre de Guillaume Chabou, le comté d’Aumale, Gisors, le Vexin, Vernon, Gaillon, Pacy-sur-Eure, etc. Ces fiefs jouiront de la trève, comme étant du domaine du roi. A son tour, Richard devra déclarer dans les quinze jours quels sont les terres et les hommes qu'il veut comprendre dans la trève. Les rois doivent désigner deux conservateurs des trèves, chargés de veiller aux infractions, et. de les faire réparer dans les quarante jours. S'il y a dissentiment entre eux, le légat en décidera. Si le roi d'Angleterre manque à sa foi envers le roi de France , et le roi de France envers le roi d'Angleterre, leurs terres seront mises à linterdit, à moins qu'ils ne satisfassent à la sentence des conservateurs. Quant aux prisonniers , VOICI ce qu'il en sera : ils demeureront libres, moyennant qu'ils donnent sûreté, ou qu'ils s'engagent par serment à revenir de leur plein gré se remettre en captivité quinze jours avant la fin de la trève. Vous saurez que nous avons reçu de pleins pouvoirs pour conclure ainsi, et

PRÉPARATIFS DE CUERRE. Gt

que le roi de France s’est engagé à ratifier nos chartes, de la maniere dont elles seraient rédigées. Ces trèves ne sont point marchandes, c’est-à-dire que les marchands anglais ou français ne peuvent commercer, ni voyager dans les domaines des deux rois !.»

Cette suspension d’hostilités fut moins un prélude de la paix qu’une préparation pour une nouvelle guerre: le roi Richard passait sans cesse de l'Angleterre en Normandie, levant des aides, vendant les charges de baïllis et justiciers, recevant des hommages et donnant des fiefs pour s’attirer les services des barons et des chevaliers. En même temps, il envoyait l'évêque d'Ély, son chancelier, à l’empereur Henri VI, pour lui offrir la pleine exécution du traité conclu à l’occasion de sa captivité, c’est-à-dire le mariage de l’héritière de Bretagne et du duc d'Autriche 2. L’évêque d'Ély fut saisi sur les terres du roi de France, et l’on découvrit dans le bâton de sa crosse épiscopale la correspon-

: Ces lettres sont datées de Verneuil, 22 juillet 1194. — Roger de Hoved., ad. ann. 1194. — Comparez avec Mathieu Paris, ad ann. 1194, et avec Raoul de Dicet, p. 695.

: Roger de Hoved., ad ann. 1194.

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