SA LETTRE AU PAPE
qui le renferma dans une tour fortifiée. C'est de là que le prélat guerroyant écrivit la lettre suivante au pape : Philippe, évêque de Beauvais, salut et obéissance canonique à notre père Célestin : « Toute l'Église sait avec quelle irrévérence le roi des Anglais s’est révolté contre son seigneur Philippe de France, semblable à ce paysan qui cherchait à ébranler une montagne en la tirant avec une corde. Tu as appris aussi qu'il a envahi nos terres avec la tourbe des apostats brabançonnais, et qu'il les a, de toutes parts, dévastées avec le glaive et le feu. Comme j'ai vu un tel désordre, je me suis souvenu qu’il était permis de repousser la force par la force, et de combattre pour la patrie : c'est pourquoi je me suis armé; et me mêlant à la troupe des barons, j’ai marché contre lennemi; mais la fortune ne répond pas toujours à nos desseins : j'ai été pris et chargé de chaines pesantes. N1 la dignité de mon ordre, m1 le respect envers Dieu, n’ont pu me sauver; il a dü parvenir à vos oreilles de quelle manière le roi d'Angleterre m'a traité. Jai péché, il est vrai, contre les canons de l'Église en prenant les armes; mais ce crime est-il irrémissible dans