RICHARD BLESSÉ À MORT
dans la plaie. Quand Pheure de la mort s'approcha, Richard fit venir l’arbalétrier qui Favait blessé, et qui se trouvait parmi les prisonniers, et lui dit : « Quel mal vai-je fait? Pourquoi nv'as-tu blessé à mort 1?—Tu as tué, répondit le jeune homme, de ta propre main, .mon père et deux de mes fréres, et je me venge. À présent que je suis dans tes mains, fais ce que tu voudras : livre - moi aux plus affreux tourmens, que m'importe, puisque Jai délivré le monde d’un prince qui lui a fait tant de mal. — Eh bien, qu'on le délie, dit Richard, d’une voix affaiblie : pendez tous les hommes d'armes de Chaluz, mais sauvez celui-là; qu'on Ini donne même cent sous en monnaie anglaise.» Marcader promit qu'il ferait la volonté de son maître; mais larbalétrier était à peine sorti de la tente de Richard, que le chef des Brabançonnais attacha à son cou une courroie de cuir, et le suspendit à un arbre,
Tous les barons d'Angleterre entouraient
: Quod mali tibi feci ? Quare me interemisu ? — Cui ille respondit : Tu interemisti patrem meum et duos fratres meos manu tua et me nunc interimere voluisti. Roger de Hoved. ad ann, 1199.
TESTAMENT ET MORT DE RICHARD, 123 Richard, qui, d’une voix mourante, dictait à son clerc ses dernières volontés. Il exigea que tous les vassaux présens jurassent sous serment qu'ils reconnaitraient comme roi son frère Jean, alors condamné pour haute tra-
: nie # hison ; qu'ils le feraient jouir de tous les
fiefs de la couronne. Il fit trois paris de 7.
son trésor : il laissa la première au roi Jean, pour les frais de son couronnement et les présens à faire aux barons en cette circonstance. Il fit une seconde part à son neveu Othon, élu empereur d'Allemagne, pour laider à se maintenir par des sterlings dans les bonnes graces du pape, des cardinaux et des électeurs
de l'Empire : la troisième, enfin, il la laissa aux
pauyres chevaliers et à ses hommes d'armes.
Il demanda que son cerveau, son sang et ses entrailles fussent ensevelis à Chartres, son cœur a Rouen, et son corps dans l’abbaye de Fontreveau, aux pieds de son père, comme pour lui demander merci de ses outrages.
Richard mourut dans le mois d'avril 1199, la troisième fête avant les Rameaux. On fit beaucoup de vers, en forme d’épitaphe, sur sa mort. Les uns disaient: « Une fourmie à tué
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