ÉPOPÉE PAR GUILLAUME LE BRETON
sance de rompre quand je le voudrais ce fil que tu tresses, lui qui, entrainé par son excessive avidité, ose mépriser les jours très saints et le temps bienheureux' qu’a consacrés par le sang de son propre fils le père qui tonne dans les cieux, et qui nous a donné d'être ses ministres ; lui qui a si souvent violé les traités qu'il a conclus avec son seigneur, et qui naguère encore a voulu se saisir de sa personne. Je passe sous silence les fraudes par lui commises dans le pays de Syrie et dans son séjour à Palerme. Que veulent dire, Clotho, ces murmures qui répondent à ma voix? Toi qui n'es autre chose que la force par laquelle le père souverain appelle chaque être à l'existence en son temps et comme il lui plait, en sorte que tu n’as que le pouvoir de tenir la quenouille, et rien au-delà ; et toi, Lachésis, qu’es-tu autre chose, si ce n’est la fatalité par laquelle ce même créateur conduit ce qui est déjà produit, le fait végéter et le dirige à travers l'existence? Mais en moi qui domine sur toute chose, il n’y a aucun chan-
gement; rien ne me peut faire obstacle : ma
: La semaine de Pâques.