SCULPTURE
de cea mëchans châtelains , que l'ima^uation transformait en géant ou en nécroman-' cier; le mobilier était peu somptueux; sur un sol de natte «e Irouvaieut dispersées des chaises de jonc et v de bois façonnées en ogives; plus loin le siège à bras qm servait au s^gneur pour rendre sa justice et' recevoir les hommages; quelques armoires (ou huches ) dessinées en forme de cités féodales avec leurs toits puintus, leur» tours étroites et élancées; la table du festin en noyer, une petite viei^e dans une niche, et au-dessus des portes les armoiries du seigneur avec leur cimier et leurs émaux.
Dans les constructions comme dans l'embellissement des monumens d'architecture , on &isait entrer pour beaucoup la sculpture ; les églises de cet âge brillent des ornemens les plus nombreux; ici desgroupes de personnages représentant les douze apôtres ou les douze signes duzodiaque;plus loin les imagesdu paradis
1 V07GE le Becuclt des monamcDa du mojen tge, meubles ^ orKTreriei, etc. , reproduira avec uo bonheur de crayon et de couleifr pat M. VilIemBiD- cette production miodenie rend dé? fotniîds inutile le lieil ooTrage du père Montraucou.
SCULPTURES DES CATHÉDRALES. ^6j
avec ses délices , les anges jouant du violon, la Vierge de la dthare ; puis le tableau de Tenfer avec ses démons à figures monstrueuses ou bizarres, quelquefois mitres et armés de la crosse pastorale ; ici des animaux se mordant la queue ou dans des postures indécentes, là un bon saint à figure bénigne, les deux doigts levés et jetant sa bénédiction sur un groupe d'en&ns agenouillés, puis encore des statues de rois chevelus et couronnés, une scène de chasse où le cerf s'élance poursuivi par la meute agile et le son du cor; plus loin quelques nobles dames montées sui* leurs haquenées , le faucon sur le poing; là des fleurs, des moissons et des fruits. Mais ce qui manque à ces groupes nombreux , c'est le mouvement ; aucune des figures n'est animée; unesorte d'inunol>ilité plus &oide encore que la pierre est partout répandue; les traits sont parfaits et réguliers, mais «ans âme ; c'est le silence au milieu de la foule, c'est la monotonie dans une variété stérile d'objets, c'est la mort enfin, dans des sujets où l'artiste s'est proposé la vie* Plus il s'attache À donner de l'action à ses personnages , plus îIb deviennent gauche» et compassés , leurs
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traits roides et tirée prénneïit alors des poses matérielles; ils sont penchés, courbés, leur regard a quelque chose de &%e et d'éteint , on dirait des cadavres que le galTanisme ra* nime, de quelques secousses convulsiyes» ou de ces figures de cire qui ressemblent d'antant plus au tombeau que Tartiste a*est appliqué à imiter/la vie*
Cette insufEsance de l'art ne . se montre pat dans les omemens de détails; on y trouve des arabesques ingénieusement dessinée», des fleurs, des fruits parfiadtement imités; ce fini se produit surtout kvtv le bois , et dans les objets d'orfèvrerie. On ne peut assez contempler les manuscrits du lÂoyen âge où se réunissent presque toutes les merveilles du dessin ; la couverture est en bois surmonté de quelques figures en argent parsemées çà et là de pierreries, de la brillante escarbouiile , de la topaze et de l'émeraude; un double fermoir à clef empêche qu'on n'ouvre le livre ^ et une chaîne de sûreté est destinée à le rattacher à une bibliothèque ou à un mur, afin qu'on ne puisse le dérober ; lorsqu'on en parcourt les pages , il n'en est aucune qui n'offre un orne*
HINIATUBBS. SÔg
ateat; chaque chapitre est précédé d'une miniature k brillantes couleurs , où domine le bleu céleste , le plus vif carmiu et une sorte de couche dorée qu'il serait difficile d'imiter, : ces miuiatures représentent des scènes de la vie publique ou privée) des sujets du vieux et du nonTeau testament; ici c'est la publîcabon d'un tournoi : des messagers , ta toque de velours en tête,unbAtODà]ani3În, portant sur leur |>oitrine les armes de leur seigneur remettent, un genou à terre, les chartes de convocation aux prud'honlmes et experte revêtus de la longue robe d'hermine; plus loin c'est l'entrée des chevaliers dans le lieu choisi ^puur la lice ; ou voit cette espèce de procession des tournois précédée de bannières , la Toute se pressant dans les avenues, les dames avec leurs coiffures relevées, leurs robes traînantes, a'agitantanxétroitesiienètrespour reconnaître ' et applaudir leurs servaos d'amour; entin vient la représentation de la joute : le« échafaudages sont dressés ; mille bannières avec blUbOna diflércns d'azur, siuople ou sable, pendent sur la ibuledechevalieraqui se précipitentdaus les barrières ouvertes ; quelquefois c'est une bataille I. IV. 34
SyO VITRAUX.
réelle que Fartistie a voulu retracer; alors s'offre une forêt de lances et de casques rapprochés 5 au-devant , quelques chevaliers isolés se détachent et combattent corps à corps; lorsque l'un d'eux succombe, un sang noir et épais sort de sa blessure ; l'imitation est tellement identique , qu'on dirait que le peintre a trempé le pinceau dans le sang même ; mais toutes ces miniatures où tant de personnages sont grou* pés ets'agilent^ manquent également de vie; ce sont toujours des figures immobiles dont l'action s'arrête là où commence le jeu des passions et de l'àme.
L'art du peintre se faisait surtout remarquer dans les vitraux. Ces couleurs inaltérables , ce mélange de nuances, bleu , rouge et or qui représentent comme l'arc-en-ciel , image du séjour bienheureux , servaient à reproduire lés symboles pieux du christianisme , la naissance de Jésus enfant» la vierge Marie avec son long vêtevient bleuâtre , Joseph la tête environnée de rayons célestes, saint Pierre domptant les flots étonnés, Jean prêchant au désert, Jésus sur le Calvaire, la tête âfanglante et couronnée d'épines , le sein dé-