TAPISSERIES
ubirë; un départie croisé, les barons, les chevaliers la croix attachée sur la poitrine , suivis d'une nombreuse troupe de vassaux avec leurs chiens eniaisse, leur faucon sur le poing; quelquefois encore le portrait des pieux abbés du monastère ou du suzerain qui l'avait doté de quelque bonne rente en sous d'or, en blé ou en vin; tous ces tableaux brillent surle verre et présentent une vivacité de coideurs , une variété de tons capable d'éionoer les artistes luodemes.
Au fond des manoirs se tissait la tapisserie ; c'était une vieille habitude de casiel. Dans les longues soirées d'hiver , les nobles dames eL le* damoiselles brodaient les gestes glorieux des chevaliers ; la laine et quelquefois la soie reproduisaient les grandes conquêtes de la Palestine , la prise de Jérusalem sous Godet'roy de Bouillon ; une chasse au sanglier ou au cerf agile franchissant les haies poursuivi par les chiens baletang. ' La reine Matilde n'avait pas dédaigné de mettre enbean tapis de pourpre etsinople, les hauts faits de chevalerie
I Monfaucuni mumiment de U monarchie française, t. i , pag.
^J2 OUYRAGK d'oRPÈVKERIB.
de cette bataille de Hasting , qui assura TÀn* gleterre à la race normande ' ; le tissu de ces tapisseries était grossier; le relief souvent informe et mal dessiné; les couleurs sont Tires, tenaces, mais disparates et peu nuancées; cependant depuis les croisades en Orient , quelques écharpes^ de chevaliers, Fescarcelle ou bourse des pèlerios, les ornemens d'autel offrent un mébngè de couleurs, de fleurs et de fruits remarquable et qui tient ad goût des Orientaux *.
Ce même fini, cette perfection de travail, se fait remarquer dans les petits ouvrages d'orfèvrerie, ou dans Fart de façonner le bois, Fivoire et Fébène. On destinait ces oeuvres de patience aux châsses de saint, ou bien on les consacrait comme des ex nota sur Fautel.
Lorsqu^on entrait dans quelques églises où de
1 Cette grande tapisserie, Fun des mODumensles plus compliqués de l'art du dessin , a -^té décrite dans tous les ouYrages sur les aotiquilés de la Normandie*
a M. Villemain^ recueil de monnmens(pIancbes]. Les saints personnages s'étaient violemment élevés contre l'usage de ces tapisseries et en général de la peinture. Le luxe est le sujet fréquent des sermons de François d'Assise et de Dominique. ( Fleury, hist. '«cclésiast, liv. 79, n. a5. .)
CHASSES DE RELIQUES ET EX VOTO. SyS
grandes reliquei avaient été rapportées de la croisade, ce qui frappait d'abord c'était l'autel , dans lequel se trouvait déposée la pieuse dépouille. Quelquefois un Terre transparent laissait voir la cbâsse brillante de picFrcries. d'or, d'escarboucles et d'émeraudee, enveloppée d'ëbène et d'un drap de pourpre, richement brodé. Souvent cette ch&stetenaitlteo de tabernacle; tout autour pendaient les ex vota, que la piété T consacrait. Si une cité avait échappé à quelques grandes calamités, un. horreurs d'uD siège ou d'une éfudémie , les boui^eois lalsalent reproduire en or et en argent leurs maisons à tourelles et à pavillons élancés^ si un châtelain s'était sanvé d'un péril à la poursuite du sanglier terrible , ou dans la Palestine s'ilavait été racheté d'une lon<<ue captivité , i( suspendait près de l'autel quelque symbole .
qui rappelait ses dangers ou son infortune'.
Ces offrandes de la piété présentent un heureux mélange de l'or, de l'ivoire, de l'ébènc, travaillé avec tout ce que peut prodtiire l'in-
1 Voyei la descrîptioD de ta chliie de Sie. GeneviËve, Lebi» bbt. de Par», 1. 1, p. 3S6.