‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 3)Chapitre 112 sur 124 · CORPORATIONS MARCHANDES · texte numérisé non relu

CORPORATIONS MARCHANDES

Dë)à, aux X' et XI' siècles, s'étaient formée*, daaa les cités, quelqnes corporations marchandes; les babitans se composaient de vieux mnDttnpes romains , de sei^s émancipés, et de quelques étrangers auxquels rhospitalité avait été accordée; leurs occupations industrielles n'étaient pas très-actives, lorsque le luxe des châtelains se bornait è la large cuirasse, à lacotlemaillcd£fer,à une lance de fresne, à la longue épée, dont la garde pesante et informe ne demandait que le lourd marteau du forgeron . Mais à mesure que les cours pléoières de- Tinrent fréquentes » les corporations de marchands servirentleluxe nouveau deschAtelains; les uns façonnèrent les capelsdc rose, les toques brillantes, le voile de lin . le* longs corsets, la guimpe de la noble dame ; les autres le maD> teau d'hermine , la rohe fourrée, le vêtement de camelot , le casque k cimier élevé , la riche armure des barons. Ils prirent bîeutàt une haute importance dans la cité; cbactme de ces

toutes le* magoiGcences des panirra en France et que ■'■ccrul de beaucoup le lu<e domeslîqiic. Il est le sujei de diveriv?! pUùiirii de morillïtei du temps.

CORPORATIONS MAnCHAKDEB. 585

corporations obtint des privilèges, des droits particuliers; ils contribuèrent à ce baut raon- Temenl de liberté qui se manifesta par les commnnes. Rien n'égalait l'opulence des Tilles de Flandre çt d'Angleterre , l'activité de leur industrie ; Gand> Lille, Toumaj, foamissaient la cbrétientë de leurs tissus de laine ' : elles étaient comme le centre du commerce du Nord, et chacune d'elles semblait, nouvelle Venise, devenir l'aitrepôt de l'Europe septentrionale, comme la fille delà mer, l'était alors du riche Orient.

Les corporations des villes ne pouvaient fournir tout ce que le luxe varié et capricieux demandait déjàdans cette jeunecivilisation. Les &éqnens voyages des barons dans la Palestine les avaient accoutumés aux voluptueuses productions de l'Egy^rte, de l'Inde etdel'Arabie; le» parfums , les pierres prérieuses , les aromates , étaient d'un usage firëquent dans les églises et les castels. On recherchait la soie, les riches

■ Vae cbrodique dn XIII* liËcle dit que le monde entier se foorniMait de TêlemeDS tiisuB dans la Flaudre et dont l'Angleterre roDraÎHsail U Uîne : voy. Malh. WeilmoDaat apad Macphenon. Aaa. du commetce, I. i, p. 4^'

Page 1