FOIRES £T MARCHÉS
leurs Statuts de privilèges; et parce moyen , leurs marchandises purent parcourir tout le territoire féodal, sans êtr€ soumises à ces pilleries et à ces redevances si multipliées^ qui rendaient le commerce impossible. Les ordonnances allèrent plus loin dans leurs concessions aux marchands voyageurs ; efFaçant tous les caractères qui les séparaient de la cité, elles déclarèrent qu'ils étaient afFrapchls de l'aubaine, c'est-àdire du droit qu'avait le seigneur de succéder à l'étranger, même au préjudice de ses enfails \ Comme il arrive toujours lorsque les communications ne sont pas faciles^ toutes les transactions cotnmerciales se faisaient dans les foires. Chaque cité , chaque village , les monastères mêmes sollicitaient comme une conces^sion royale ou seigneuriale , le droit de tenir à un jour déterminé un marché où se rendaient de tous les pcdnts du royaume des ' marchands et des acheteurs; chaque état avait sa place marquée ; les marchandises ne payaient pas de droits , moyennant la légère redevance que l'on acquittait pour habiter sa
1 Ordonnance du Louvre , à la table des matière» aui inot» LiH^bardt, Juifs, Itatifns,
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petite ca»e. Quelques - uuea de ces foires avaient uue loiutaiue célébrité, et attiraient, à raison de leur importance, un plus grand concours d'étrangers ' : dans celle du Landitj k Saint-Denis, on voyait même des Arméniens; «t les chroniqueurs paraissent tout ébahis en ênumérant la quantité d'achats et de veetes qui s'opéraient durant le court espace que les chartes concédaient à ces (ranchises.
Ce qui gênait les transactions du commerce et de l'industrie , c'était la multiplicité de» monnaies et leur incessante variation. Chaque seigneur possédant la haute justice, ( c'est à* dire dont le fief ressortissait de la couronne), battait écud'or et d'argent, sols et deniers; en altérait la valeur, comme ressource fiiiaiicière, de sorte qu'on n'en savait jamais précisément le taux actuel *. Les juifs profitaient de cet
1 Sar les Toires et marché», ïoy. Ducinge, t» Meicala. La collection du ordonnances do Louvre est remplie de privilèges concédé! aai foires, t. 1, 1, 3.
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1 Le Blanc , Traité des m< misérable moyen de se procui rer arec la préface de M. de Fasloret. Le savant acadétnii li'aite ce sujet dans les préfaces dc> oi'donnanccs du Loui re , parlant des Impdls pendant la 3' race, t. ivn et xtin.
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embarraa; leur imtïnct délié, leurs habituder mercaotiles leur {àisaîent deviner la valeur des' monnaies, du denier, dusoumelgorien, del'écu ou du besau't et ils troublaient le pauvre peuple avec une dilectîon m^^eilleuse. On ne connaissait alors aucune valeur de crédit ; tout se traitait par des gages réels ou du numéraire ; cependant ces grandes compagnies de Lombards et de marchands juifà, ne fiireut pas étrangères à l'invention de la leltre-de-cbange qm a si admirablement agrandi les transactions commerciales' .
Parmi les monumens de la juridiction et de la police qiù intéressent le commerce et les corporations marchandes, il &ut ranger les établissem^DS ou livre des métiers rédigé par le prévôt Boilcau ou Boisiève, vers le milieu du Xlll* siècle ; Etienne Boileau , garde de la prévôté de Paris, expose à tous les bourgeois résidans que par déloyale envie et m<échant intérêt, les marchands ont vendu aux étrangers qui fréquentent la ville, aucunes choses de leurs
t La première banque iutienoe, et I'od pourmt dire da monde, fut établie à Veoike ta 1171. Haopberaon ,- Ann. du comm.,
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LE PREVOT BUILKAU. Sgi
métiers qui n'étaient pas aussi bonnet qu'elles dussent étrei et que le négoce de Paris poiu-rait en éprouver doBunage : c'est pourquoi le prévôt a résolu de régler dans une prenuère obarte tous lés métiers , leur ordonnance et leurs amendes^ et de traiter dans une seconde partie, des conlduits, des rivages, etce,pourlepro6tdetoni,et mêmementpour les pauvres et les étrangers qqi dans la cité viennent acheter aucunes marchandises. Le prévôt déclare qu'il a fait assembler un grand nombre de» plus sages, dés plus loyaus', et des plus ancieps hommbs de Paris ', et tous ont loué son projet ; en conséquence il règle leb métiersà bannières, les taméliers ( ou boulangers), meuniers du grand pont , les tavérqibrs , crieurs de vinsses coutelier8ihêaumîers(làisèura de heaumes), k» aubergers, les patenôtriCT» de corail et de coquilles^ d'ambre et de ^i3;.les cristalliers , batteurs d'or et d'argent, les.tileresses de soie à graud fuseau, puis lesiniàg^rsj tailleurs de crucifis , les chapeliers de fleurs ;
• ÉlabUasciuPtit du prérât Uoileau (Arcbiiet de la pn^fccliirc de police. 1 Voyei IT. Peuchet , . rrcueil des ordonnances de pcilFcf,