‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 3)Chapitre 116 sur 124 · NAVIGATION · texte numérisé non relu

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de fetKtre , de coton et de paon ; les pécheurs à yerge, poissonniers de mer, etc. ; puis encore le prërôt s'occupe des chaussées , du pëage du petit pont , des riyages de la Seine , et de l'impôt du tonlieu sur les marchandises ; enfin il termine par une eiihortation aux bons hommes sur l'obéissance à son règlement de police.

Tel était l'état des relations à l'intérieur , il n'était absolument destiné qu'à alimenter le luxe naissant de la société féodale ; mais quels étaient les progrès de la navigation , cet auxiliaire indispensable de tout commerce qui tend à s'élever sur de larges proportions?

Après la disparition du gouvernement romain dans les Gaules, toute navigation avait cessé. Des vies de saints, sous la première race, nous ofirent le récit demi-fabuleux de navigation périlleuse en Angleterre ou aux iles Hébrides. On dirait quelques-unes des poétiques et vagues traditions du vojrage des Argonautes '• Les phénomènes , les miracles.

1 II existe^ uoe courte, mais très-savante dissertation sur le commerce de la première et de la deuxième race , d'un modeste auteur qui remporta le prix à Tacadémie des inscriptions dans fe

PROGRÈS DE Li. NAYlGATlOir. . Sq

les merveilles » sont décrits par les biographe légendaires. STec une abondance de couleu qui fait croire que le peuple né contemplai qu'avec effroi les hasards de ces navigations c( pendant bien rapprochées. Dans tout le ooui de la seconde race , aucun effort ne fut tente et Charlemagne lui'-méme , malgré les sombn pressentimens des maux que feraient les Seat dinavesà ses successeurs, put à peine réun quelques barques dans Ie& rivières. Il faut ai tendre moins encore , lors du niorcellemei féodal y dans cette vie isolée de châteaux < 4e fiefs ; on ne voit aucun essai de navig^ tion un. peu complet en France jusqu'à la coi quête de l'Angleterre par les Normands : d( navii*es légers et informes transportèrent si ces rivages Guillaume et ses courageux con pagnous. Depuis ce moment, les Anglais sen blent braver les périls de la mer avec un hardiesse qui bous étonne ; lors des orc sades des leurs flottes partent de Londres louchent à Lisbonne et vont débarquer dai

siècle dernier. !Çlle a beaucoup servi aux Mémoires ,dc M. Guignes, sur le commerce pendant les Croisades, et aux trava deiM. Pardessus.

594 NAVIGATION DU ItA MÉDITBRRANÊE.

la Syrie ; en Francecea esiaU sont moinft hardis ; le$ croisés trayersent Thalle , louent des navires à Marseille et h Vqnîse. Plus tard Philippe- Auguste tente une -expédition pour secourir son fils Louis contre le ^une roi Henri III et.«es barques nombreuàes parties de France sont dispersées par les habiles marins des cinq ports d'AngleÉerre.

La navigation commerciale fut donc sans importance dans la France pt>prement dite ; tout le commerce se faisait par VenîsefMarséiUe, Gênes et Pîse : AïkiaKi ' ^ brillante cité où la boussoledéjàconnueagrandissaitledomainede la m^; ces villes étaienfcdesentreportsdan^lesqpels venaient sepourvpir.les compagnies marchandes et voyagfeuses t comme les cités de la Baltique et de la Flandre, leur servaient d'intermédiaire pour le commca'ce du Nord. La navigation s'opérait aiusipar desétràngers, coteme dans le temps de guerre entre les gi*andes puissances elle se fait par des neutres ; les consommateurs n'avaient les noiarcbandises que de troisième et quatrième main ; les marins de la Më-

Guillaume de la Fouille décrit aiosi la splendeur d'Amalfi :

GODES MARITIMBS. SgS

^iterranée, de Marseille , Venise , Pise, se rendaient dans la Syrie « l'Egypte, à Constantinople où presque toutes ces nations s'étaient fait assurer des comptoirs'; là, ils achetaient aux caraTanes de TAûe ou à des marchands de Pebse les objet» dont ils voulaient pourvoir l'Europe ; puis ils s'en revenaient les revendre aux Lombards qui les cédaient eux - mêmes aux corporations locales ; aussi le prix en étaitil habituellement très-cher quoique la consommation devint de jour tn jour plus usuelle.

Ce qui signale les grands progrès de la navigation à l'époque dont nous écrivons l'his* toire, c'est que presque toutes les lois maritimes

Urbs haec dives opum> populoque referta videtur, Nulla magis loçaples argento vestibus auro ,

Hic Arabe« indè, siouli, ooicuntur, et afri , Hxc gens est totum prope Dobilitate per orbem, Et xnetcandafereos, et amans mercata referre.

Voy. Muratori, diwertatioD 3o sur les aotiquîtés d'Italie ; ia splendeur d'Amalfi s'est éclipsée de bonne heure.

1 Gapmani , meniorias historiscas de Barcelones , t. 3 , p. ii, et M. de Guignes , sur les rapports commerciaux de la France avec le Levant avant'et après les Croisades , dans la collection des mémoires de l'académie des inscriptions.

^96 LES JU0BMBN S d'oLÉRON .

se régularisent dans des codes spéciaux : ce ne sont passeulement quelques-unes de ces dispositions générales , fondement de toutes les législations qui se retrouvent partout où naissent quelques idées de justice ,^ mais des articles de longue expérience et d'une appréciation complète des &its ; c'est ainsi que le Consulat de la mer qui règle la navigation dans la Méditerranée prévoit tous les cas d'avarie éprouvée par le navire , la répartition cpii doit en être faite entre le capitaine et les marchands, lors du jet pour le salut commun , et que les bv^ d*Oteron^ ouvrage de la reine Éléonore, règlent les droits de naufi:*age , nolissement ' ( location du navire J et les hasards les plus fréquens de la navigation.

«Cy commencent, y est-il dit, les jugemens de la mer , des nefs , des maîtres , des mariniers et aussi des marchands et de tous leurs estats; une nef est au havre , et demeure pour attendre son fret et son temps; quand le niaUre veut partir, il doit prendre conseil de ses coni-

1 Boucher , préface à la traduction du consulat de la mer. M. Pardessus, discours préliminaire à son recueil desanciennes loi^ maritimes , et Gapmani ,, codigo de lascostumbres maritimas , d^ Barcelona, Madrid^ >79t*

LES JUGEMBNS d'olÉRON. 697

pagnons et leur dire : a Seigneurs , vous plalt-ll ce temps? » si quelqu'un dit : Le tetnpg n'est pas bon, car il est nouvel-venu, et devons laisier l'asseoir; et les autres diront : Le temps est bel et bon ; le mattre doit s'eutendre avec ses compagnons ; s'il ne le faisait , ses nefs se perdaient : il est tenu de les payer, s'il a de quoi. Tel est le jugement. » Puis viennent d'autres jugemens pour que le maître ne puisse mettre le navire on ses agrès en gage; pour que le» mariniers sauvent le plus qu'ils peuvent de la tempête; qu'ils ne puissent issir bon (sortir) delà nef sans le consentemept du patron; s'ils s'enivrent et sont blessés, la maladie n'est plus à la charge du maître ; maïs s'ils la contractent au service, ils sont guéris à ses dépens. Si^ dans le cours d'une tempête, le maître dit : « Seigneurs , il convient de jeter hors ces denrées pour sauver la nef, n et qu'on refuse , il pourra néanmoins les jeter en jurant ■ur l'Évan^le , que la nécessité Vj a contraint ; et tous les marchands supportèrent la valeur - de la chose sacrifiée. a

Lorsque lalégislation s'occupe ainsi dérégler par écrit les coutumes, c'est que l'application

SgS RIÉSULTAT,

en est fréquente et qu'il devient essentiel de fixer ce qu'il n'est plus possible de confier sans danger à la mémoire des hommes. Cet agrandissement du système maritime fit naltt'e un senti* ment général d'humanité pour les navigateurs; les barons fi ancsavaientlong-tempsété comme ces peuplades barbares , qui des côtes applaudissent à la tempêté , afin de profiter des dépouilles des malheureux naufi^agés : la féodalité avait hérité de ces traditions druidiques, et le droit inhumain de bris et uaufii^ges donnait tout ce qui était jeté sur le rivage au seigneur territorial; la reine Eléonore et son fils Richard abolirent de concert cette coutume inique dans tous leurs domaines : les naufi*agés ne subirent que le malheur; ils n'éprouvèrent pas du moins l'injustice des hommes ' .

Le commerce au moyen âge i comme toute chose, manquait d'un élément pour prospérer, la liberté ; encadré pour ainsi dirç dans des privilèges , il ne put prendre ce puissant essor qu'il tire de la concurrence , et cette activité qu'elle seule peut lui imprimer. Sans doute le système de corporation lui fut alors utile , fcar

1 Rimer, t. i.

biésultat. 5g9

eo l'absence d'un pouvoir central et protecteur, il fallattbieo se défendre par l'aggrégation, contre les Tiolences de la féodalité ; mais par la suite ce système renferma l'industrie dans une sorte d'action compassée dont elle n'a pu s'affranchir jusqu'au temps où les études modernes ont révélé les véritables principes d'économie politique.

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CONCLUSIOir.

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