JEAN PBRD SON TRÉSOR
Ti^ngleterre , reparaître legonfanon de Jean, et surtout, celui du terrible Savari de Mauleon, l'un des fidèles de . race poitevine ; ils remplissaient de terreur les châteaux , et dévastaient toutes les campagnes. Après avoir soumis les provinces de Sufifolk et de Norfolk , Jean entra dans la ville de Lynn, où il fut accueilli par les habitans avec joie'; c'était une de ses cités fidèles. Le lendemain, il marcha surWisbeach, résolu de se rendre à Fossdike, en traversant le Wash de Cross-Keys ; l'armée avait déjà passé la petite rivière , lorsque Jean remarqua qu'une partie de ses chars, de ses bétes de somme avec son trésor et les précieux joyaux de sa couronne , dont il était infiniment avare, venaient d'être engloutis dans un gou&e formé par le flux de la marée , et du courant de la Weland' . Le roi en éprouva une profonde douleur ; il partit néanmoins le même jour pour poursuivre ses guerres , mais
l Voyez d'aillears les graad^ promesses de liberté , que faisait le roi Jean aux villes qni se soumettaient. Rimer, 1. 1, p. ai4*
a II y a un peu de confnnon dans Pitinéraire donné par Mathieu Paris. 11 faut le rectifier, par le recueil de Bradi, t. i , p. 5i5.
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le chagrin que lui causait la peite qu'il Tenait d'éprouver, ne lui permit pas d'aller plus loin ; il s'arrêta dans le couvent des reli^eux de St. Benoit « fondé à Swineshade. Le soir , il se reput largement de pois nouveaux ' , se* livra à quelques excès de femme et de vin y.
et le lendemain , la fièvre redoubla ; il voulut néanmoins se mettre en route. Mais, trans^ porté sur une litière , on fut obligé de le déposer au château de Sleaford. Coihme Jean sentit sa mort approcher , il se disposa à dicter ses dernières volontés. 11 écrivit des chartes , revêtues de son scel, à tous les vicomtes et châtelains de son ro jaume , leur prescrivant des ordres particuliers sur sa succession déférée à l'alné de ses fils , le jeune Henri. Alors ^ un religieux lui dit : <'Si tu viens à mourir, quel lieu désignestu pour ta sépulture ? » Le roi répondit , d'une voix éteinte : « Je me recommande à Dieu et au corps de saint Wlstan. » Et il expira. Un abbé, fort savant dans l'art de la médecine , fit l'autopsie du cadavre , et les^ nioines écrivirent des épitaphes pleines de violentes invectives ou de louanges, selon Fusage»
1^ «No¥i ckeris potatione nimis leplctus.» IbitL